Revenir à la rubrique : Politique

Région : Un suivi interne et des audits pour éviter une SR21 bis

L’intention de la Région de porter plainte contre Pierre Vergès et sa gestion de la SR21, aura eu le mérite d’ouvrir le débat sur la multiplication des sociétés d’économie mixte créées par les collectivités territoriales mais aussi de leur contrôle. Prenant acte des perles dénichées par la Chambre régionale des comptes, la Région a décidé de limiter les risques de sa propre gestion actuelle en multipliant les audits sur ses "satellites".
Ecrit par zinfos974 – le vendredi 1 juillet 2011 à 09H00

"Une cellule de suivi et d'évaluation en interne des structures satellites de la Région sera mise en place, dans le cadre de ce que la loi nous autorise bien évidemment", a précisé hier Didier Robert, président de Région, au cours de la séance plénière de la Région.
 
Si le débat en séance publique était très attendu, depuis l’annonce, la veille, de l’intention d’ester en justice de la part de la Région car  "sur le plan juridique, j'ai intérêt à agir " affirme Didier Didier Robert, le débat s’est avéré finalement plus constructif que polémique.
 
La SR21 : "Un cas d’école"
 
Le centriste Michel Lagourgue, qui fait partie du groupe Alliance à la Région, a tenté d’éteindre d’entrée de jeu la première salve de remarques sur le sujet de la SR21 entamée par Louis Bertrand Grondin de la majorité : "On assiste là (en parlant du rapport concernant la SR21, ndlr) à un cas d'école de ce que l'on ne doit pas faire. Ce rapport de la Chambre régionale des comptes nous fait ainsi part d'éléments délictueux qui ont été réalisés" a lancé l’élu de la majorité, sûr de son fait.
 
Michel Lagourgue se charge de prendre la défense des Vergès qui, père et fils, avaient dirigé, concomitamment, à la fois la structure aujourd’hui incriminée, et la maison mère censée la contrôler, c’est-à-dire la Région Réunion.

"N'allez pas aussi vite Monsieur Grondin en utilisant des termes comme "délit". Il appartiendra à la justice de se prononcer" a ainsi lancé l’avocat, bien rôdé à ce genre d’exercice. Du côté de l’Alliance, la seule réponse viendra plus tard, au cours de l’examen du rapport de la politique énergétique de la Région. Paul Vergès aura, dans un discours toujours aussi prospectif, immiscé un début de contre-attaque par une dérobade. "(…) S’il fallait fouiller dans tous les comptes des SEM de l’île..." a-t-il lancé comme une menace.   

Un peu plus tôt, au nom de la majorité, Fabienne Couapel-Sauret avait pour sa part rappelé qu’au-delà de la sacro-sainte préservation des deniers publics et des règles qui tentent, à juste titre, de les préserver, "il est surtout question ici d'éthique. Nous sommes là pour servir la population et non nous servir", a-t-elle ajouté.
 
La chasse aux gaspillages

 
Michel Vergoz (PS) n’a eu de cesse de marteler, qu’à ses yeux, la mise en lumière de la gestion passée de la SR21 ne doit pas faire oublier un objectif plus global de "mise en place de réels gardes-fous" dans le contrôle de toutes les SEM de l'île. Et au conseiller socialiste d’évoquer, parmi tant d’autres pistes, de plus grands moyens "pour un meilleur contrôle de la légalité".
 
La conclusion de ce chapitre pour le moins inhabituel dans un ordre du jour d’une assemblée plénière est revenue à la présidence. Didier Robert a réitéré, cette fois devant tous les élus, son souhait de multiplier les audits "sur les structures satellites de la Région le temps de notre mandature". Un discours d’intentions de "plus de transparence" qu’a pris à la lettre André Thien Ah Koon. L’ancien maire du Tampon  n’a pas manqué de chatouiller Didier Robert sur la présidence d’une certaine société publique locale d’aménagement à 8.000 euros de salaire par mois selon ses dires.

La chasse aux gaspillages est résolument ouverte. Pas même l'économiste Phlippe Jean-Pierre (groupe Alliance) n'échappera aux piques de Fabienne Couapel-Sauret sur l'audit tout récent de l'Agorah (l'agence pour l'observation de la Réunion, l'aménagement et l'habitat) qu'il aura présidée jusqu'en début d'année. Un audit qui aura mis au jour une implication "prudente voire boutiquière" d'une structure laissée au point mort par faute d'implication.

Il ne fait décidemment pas bon travailler dans le cadre d'une SEM ou d'un agence régionale par les temps qui courent.

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :