« Le modèle répressif est un échec » : le plaidoyer de deux députés pour la légalisation du cannabis

Dans un rapport de mission d'information sur le trafic de stupéfiants, présenté par le député LFI Antoine Léaument et Ludovic Mendes (EPR), le sujet de la légalisation est relancé. Dévoilé lundi par les deux députés, 63 mesures sont proposées, dont la création "d'une autorité de régulation du cannabis".
C'est un débat vieux comme le monde. Après plus d'un an et demi de travail, le député macroniste Ludovic Mendes et son confrère Antoine Léaument (LFI) ont présenté ce lundi un rapport de mission, préconisant la légalisation du cannabis. Sur X, Antoine Léaument défend cette idée : "[…] Le modèle répressif utilisé depuis des années est en échec". Expliquant que plus de la moitié des Français est ouverte à cette légalisation, il rajoute : "L'une de nos recommandations est la légalisation du cannabis sous le contrôle de l'État. Cela vise à réduire les risques pour les consommateurs et à assécher le marché noir".
Les deux députés soutiennent que cette mesure pourrait permettre "un accompagnement médicalisé pour les personnes victimes de leur consommation" et que "le but n'est pas de banaliser l'usage du cannabis". Parmi les mesures proposées, les deux députés avancent que la production pourrait être confiée à des exploitants agricoles certifiés "pour créer une filière française d'excellence", afin de maintenir le contrôle de l'offre. Cela passe par la création d'une autorité de régulation du cannabis, qui pourrait ainsi "planifier la production et fixer les prix".
Gérald Darmanin indigné, Bruno Retailleau reste fermement opposé
Ex-ministre de l'Intérieur et actuel Garde des Sceaux, Gérald Darmanin n'a pas manqué de fustiger ce rapport. "C'est un discours de défaite", a-t-il réagi. Alors que la politique contre les trafics de stupéfiants se renforce en France et à La Réunion, le ministre ponctue : "La drogue, c'est extrêmement mauvais pour la santé, mais c’est aussi un coup de poignard donné à la société".
Son collègue de la place Beauvau n'a pas tardé, lui non plus, à réagir chez nos confrères nationaux : "Je suis totalement contre". Bruno Retailleau argue que la légalisation "ne va pas stopper le trafic". Prenant exemple sur la Hollande, où le cannabis est légal, le ministre affirme que "la lutte contre le narcotrafic s'est poursuivie" suite à la légalisation.


