La courtoisie en option chez les forces de l'ordre

Nous entendons tous à la radio, dans les chansons, ou dans la bouche des jeunes des insultes ou des réflexions allant à l'encontre des forces de l'ordre. J'ai toujours été contre de telles choses, mais aujourd'hui, je commence un peu à comprendre…
Samedi 4 juin, aux environs de 19h30, un automobiliste rentre chez lui, feux de brouillard avant allumés par mégarde. Le voyant du tableau de bord semble être hors service. Sur une route à virages, plusieurs véhicules se suivent. Au niveau d'un virage, un véhicule ralentit et se met en feux de détresse. Par la fenêtre, on voit un signe de la main. Le conducteur de derrière pense qu'il s'agit de personnes qui se suivent et qui se font passer un message pendant le virage qui leur permet de se voir face à face.
Arrivé à la ville voisine, le véhicule de tête s'arrête. Un homme sort et interpelle le conducteur de derrière de façon agressive : "tu va les éteindre tes feux ?" Instinctivement, le conducteur regarde son tableau de bord, et signale à l'homme dehors qu'il ne sont pas allumés, pensant que ce dernier parlait des feux de routes. L'homme répond : "tes faux de brouillard avant, tu va les éteindre ? Si t'es pas content, je peux mettre mon habit et te la coller, moi, l'amende !" Regardant les boutons des phares avec attention, l'automobiliste constate qu'effectivement, ses feux de brouillard avant sont allumés. Il s'excuse poliment auprès de ce "charmant" monsieur qui n'a cessé de le tutoyer et de lui parler avec manque de respect. Puis, chacun repart de son côté.
Surpris de la façon dont ce policier (ou gendarme ?) habillé en civil l'a interpellé, notre automobiliste note le numéro d'immatriculation et appelle la gendarmerie afin de faire part de cette mésaventure. On s'attendrait à ce que sa remarque soient prise en compte et que le fameux policier (gendarme) soit informé de l'importance de la politesse et de la courtoisie. A l'autre bout du fil, le gendarme, après avoir entendu l'histoire, explique qu'il ne comprend pas pourquoi on appelle. Après lui avoir entendu que le but est que la remarque soit répétée à qui de droit, notre gendarme s'énerve un peu et finit par dire qu'il n'y a pas sujet à se plaindre car ce policier (gendarme ?) en civil a évité au conducteur derrière lui une amende de 90 euros.
Cet épisode rapporté nous amène à nous poser des questions sur les droits, les libertés et les devoirs des citoyens. Si notre République veut perdurer, il y a certains points à respecter. En premier lieu le droit. Chaque citoyen a le droit au respect, tout comme il doit respecter l'autorité de son pays (cela est son devoir, afin de jouir de la liberté que lui procure la démocratie). Il s'agit d'une combinaison maintenant l'équilibre du pays. Si l'un de ces maillons se brise, alors l'équilibre n'est pas assuré. De façon exagérée, il est possible d'imaginer la suite dans le futur : si les services de maintient de l'ordre ne respectent pas les autres citoyens, alors il y a déséquilibre. Ce dernier génère un sentiment d'inégalité face au droit et à la justice. Alors règne un climat de tension. Les plus favorisés restent entre eux, les moins favorisés de même, et alors s'engage une lutte de catégorie : les représentants officiels du gouvernement contre les gouvernés.
Comprenons bien qu'un gouvernement dans une démocratie, c'est la représentation du peuple et de ses idées. La mésaventure citée plus haut nous montre qu'un représentant officiel des forces de l'ordre n'a pas respecté un de ses concitoyens. Et l'automobiliste dans tout ça ? Il était de bonne foi. En tort, mais de bonne foi et ne souhaitant pas manquer de respect envers son gouvernement. Ainsi donc, il se rend compte que son gouvernement ne le représente pas.
Il semblerait donc que les forces de l'ordre ne soient pas un service à la population. Elles jouissent de certains droits que nous n'avons pas : elles peuvent vous tutoyer, vous parler de façon agressive, jouer les "vaillants," et cela sans aucune limite. Soyez donc prudent sur la route, il se pourrait que l'un d'entre eux ait eu une journée difficile et finisse par vous frapper. Si ça se trouve, il y aura même quelqu'un au bout du téléphone pour les protéger et pour vous dire "il n'y a pas de quoi se plaindre, s'il ne vous avait pas frappé, vous auriez dû payer une amende de 300 euros !"
Pour terminer, l'automobiliste en question, c'était moi. Alors oui, je suis content de ne pas avoir eu à payer, mais bon, une personne qui me parle calmement en me signalant avec respect mon infraction au code de la route aurait mieux passé ! S'il vous plaît monsieur les gendarmes, on le sait bien que vous ne perdrez pas votre travail du jour au lendemain si vous n'êtes pas professionnels, mais mettez-vous à notre place. Si l'on se comporte comme vous, on perd notre emploi… Si vous souhaitez nous donner une bonne image des forces de l'ordre, soyez-donc courtois !


