Madagascar : Suspense sur les élections malgaches en 2011
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Pour le président de la transition malgache Andry Rajoelina, le sommet de Gaborone reste un passage obligé vers la sortie de crise, alors que ses homologues ivoirien, nigérien et guinéen ont reçu les honneurs du sommet du G8 à Deauville …
Déclaration du G8
La Déclaration conjointe du sommet G8 / Afrique tenu à Deauville les 26-27 Mai derniers fait état des situations critiques en Côte d’Ivoire, au Soudan et en Somalie, mais pas une ligne sur le dossier Madagascar toujours en suspens dans la "zone grise" - ni conflit armé ouvert, ni reconnaissance internationale - au menu du Conseil de la Paix et de la Sécurité de l’Union Africaine.
Ce qui provoque la colère du Président de la HAT (Haute Autorité de Transition) Andry Rajoelina, qui espérait une avancée diplomatique, après s’être vu dérouler le tapis rouge à Istanbul et lors sa récente tournée auprès des présidents namibien, mozambicain et sud-africain.
De son côté l’Union Européenne persiste et signe par la voix de son co-président Louis Michel, qui n’a pas mâché ses mots dans son allocution d’ouverture de la 21e session de l’Assemblée parlementaire ACP-UE à Budapest-Hongrie le 16 Mai dernier : […] "J’attends encore toujours que la communauté internationale mettre une pression maximale sur ceux qui, par exemple, ont pris le pouvoir par un coup d’Etat à Madagascar. A cet égard, j’ai été surpris, à Istanbul, de trouver M.Rajoelina à la table d’honneur de la Conférence sur les Pays Moins Avancés. Par ce genre d’attitude, on ne fait que créer un précédent non convenable sur le plan éthique". […] (source : europarl.europa.eu) No comment !
Dans ce contexte, le sommet de Gaborone annoncé pour les 05-06 Juin 2011 risque encore d’accoucher d’une souris, faute de dialogue préalable sur le sol malgache ("ady gasy") entre les représentants des "3 mouvances" -Ratsiraka- Zafy- Ravalomanana- et les autorités de la HAT, mis à part les échanges de jets de pierres et de gaz lacrymogènes lors des brèves descentes dans la rue du "Rodobe" ("rassemblement") menées par l’intrépide Pr Zafy …
Suspense électoral ?
Interrogés par les journalistes sur le calendrier électoral, tous les responsables politiques affirment vouloir aller aux élections en 2011, sans qu’on puisse savoir lesquelles précisément :
- Lors de la visite d’Andry Rajoelina au président namibien le 19 Avril 2011, il a été question de législatives et présidentielle couplées pour le 14 Septembre prochain, échéance encore incertaine car conditionnée aux conclusions du sommet « malgacho-malgache » de Gaborone;
- Dans le camp de la HAT elle-même, les avis divergent : si les "TGVistes" inconditionnels rêvent déjà d’une victoire d’Andry Rajoelina au premier tour de la présidentielle en Septembre 2011, la Plateforme Nationale des Jeunes (PNJ) propose en alternative d’organiser les élections communales cette année, le mandat actuel des Maires expirant fin décembre 2011 : il s’agit d’éviter le "vide démocratique" (en cas d’impossibilité ou de non- opportunité du scrutin présidentiel avant la fin de l’année) et rester dans la ligne des premières assises des 02-03 Avril 2009 en faveur d’une reconstruction démocratique par la base - élections communales, puis législatives et enfin présidentielle - pour assurer les bases de la 4e République malgache… avec ou sans accord à Gaborone !
De son côté et indépendamment des tergiversations au sein de la classe politique et de la société civile, la CENI continue la préparation du dispositif électoral avec les moyens du bord -en attendant une aide internationale au processus électoral toujours hypothétique- jusqu’à la convocation officielle des électeurs, à proclamer trois mois avant tout scrutin.
Volonté politique ?
Tous les acteurs et observateurs constatent la dégradation de l’économie malgache qui est passée entre 2008 et 2010 de +7% à une croissance négative, parallèlement à la prolifération de trafics en tous genres (exportation illicites de bois précieux notamment du bois de rose, d’espèces animales protégées, trafics d’or et pierres semi-précieuses comme le saphir, pillage des ressources halieutiques, etc).
Même si les autorités de transition imputent ces trafics aux "manœuvres de déstabilisation des ennemis du changement démocratique", un récent rapport du BIANCO (Bureau Indépendant contre la Corruption) publié le 20 Mai 2011 (source : orange.mg) donne une idée de la volonté de la classe politique en place (toutes tendances confondues, puisque les tombeurs du régime Ravalomanana et ses anciens partisans ralliés à la transition se côtoient dans les allées du pouvoir au nom de l’union nationale).
Il s’agit du nombre de déclarations de patrimoine enregistrées concernant les hauts responsables et élus malgaches actuels:
- Premier Ministre = en instance de déclaration;
- Gouvernement = 29 déclarations pour 32 ministres (sur injonction du Président de la HAT, à l’occasion du dernier remaniement de « consensus national »);
- Congrès de la Transition (CT) = aucune déclaration sur les 250 membres ;
- Conseil Supérieur de la Transition (CST) = une déclaration sur les 90 membres ;
- Chefs de région = une déclaration sur les 22 chefs de régions dans tout Madagascar;
- Maires = 53 déclarations sur 1500 maires élus en 2007.
Conclusion : Quelque soit le schéma électoral choisi (présidentielle d’abord ; législatives et/ou communales en priorité en 2011), le président de la HAT aura du pain sur la planche pour démontrer sa volonté de bonne gouvernance et oser faire le ménage à bord de l’arche de la Transition … en attendant la fin du déluge françafricain en 2012 !
1er Juin 2011 par AdyGasy-SystemD


