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Profession : écrivain public

Répondre efficacement aux attentes et besoins des personnes ayant des difficultés face à l'écrit. Voici, la mission confiée il y a un an par la mairie de Saint-Paul à Paul Rivière, écrivain public de son état. Les demandes pour la rédaction d'une lettre de motivation, d'une attestation sur l'honneur pour un hébergement ou encore du remplissage de la déclaration des revenus (actualité oblige) n'arrêtent pas. En moyenne, c'est cinq personnes qui franchissent à chaque permanence les locaux des mairies annexes de la commune.
Ecrit par Ludovic Grondin – le jeudi 19 mai 2011 à 15H59


C'est Adrienne (prénom d'emprunt) qui est la quatrième personne a avoir franchi les portes du pôle vie locale de l'Etang, en ce jeudi matin, pour demander conseil à Paul Rivière, écrivain public depuis le 1er mars 2010. La formalité à exécuter : écrire une demande d'échelonnement auprès du Trésor pour payer une amende de la circulation. Le tour est joué en 20 minutes, Paul Rivière est désormais rôdé.

Trois ans de chômage n'auront pas eu raison de sa détermination. C'est à la suite d'un succès au concours d'agent administratif qu'il a sollicité ses compétences auprès des collectivités de l'île. "J'ai envoyé une bonne trentaine de lettres de motivation, ce qui m'a peut-être aidé à devenir écrivain public", rigole-t-il.

Depuis le 1er mars 2010 et la mise en place des écrivains publics à Saint-Paul, il a eu la charge de coordonner le roulement de l'équipe "resserrée" des écrivains dans les 17 mairies annexes du territoire. En tout, ils sont six dont quatre sont des employés communaux permanents. Le dispositif est complété par des écrivains bénévoles, le plus souvent issus d'associations qui existaient déjà bien avant la mise en place du dispositif par la mairie l'année dernière. Quatre autres "réservistes" pallient les prises de congés des permanents.

Ce jeudi matin, Paul Rivière est de permanence au Pôle vie sociale de l'Etang. Demain d'autres, accueils auront lieu pêle-mêle à Saint-Gilles les Bains ou à Bellemène.

Un faible niveau scolaire

"On ne fait pas que des lettres. On peut être amené à remplir un formulaire d'allocation chômage, une déclaration de revenus (c'est la période), des dossiers concernant la retraite, mais on n'a pas l'ambition de remplacer un agent des impôts", sourit-il avant d'avouer qu'il lui est arrivé de se tromper dans les chiffres d'une déclaration aux Finances publiques. Une anecdote sans conséquence, le retour des usagers de ce service public un peu particulier est excellent, "des personnes viennent régulièrement". Le panel d'intervention des écrivains publics est en effet très large. Depuis 8h ce matin, ce sont deux personnes réclamant une aide à remplir leur déclaration qui sont passées, une autre pour écrire une lettre qu'elle devait adresser à la CGSS.

 

Malgré la discrétion dont voudra se prémunir Adrienne - le sujet est forcément délicat puisque faire cette démarche révèle chez ces personnes des difficultés à écrire - les statistiques entassées depuis un an dessinent les contours du profil de la personne qui a besoin d'assistance.

Les chiffres sont précis. A chaque rendez-vous, un questionnaire est soumis. 35% des personnes ont entre 25 et 45 ans, idem pour la tranche 45-60 ans. Les jeunes en dessous de 25 ans ne représentent que 5%. Enfin, les seniors (+ de 60 ans) représentent 25%.

Autre lecture qui ressort des données compilées : 45% des personnes qui demandent de l'aide dans la rédaction d'une réponse administrative ou autre n'ont pas franchi le niveau scolaire de la primaire (c'est-à-dire le CM2). "40% ont le niveau du brevet des collèges, 12% ont le bac et seuls 3% ont fait des études supérieures", précise le coordonateur. Enfin, réalité sociale oblige, un tiers des personnes sont des demandeurs d'emplois/Rmistes.

Un manque de confiance en soi

"A l'Etang, le local est en retrait par rapport à la rue principale, ce qui fait qu'on est mal connu, par contre lors de mes permanences au CCAS situé en plein centre ville, je peux recevoir jusqu'à 10 personnes dans le créneau de 8h-12h". Mais en moyenne, sur les 19 sites de mise à disposition des écrivains publics, "ce sont en moyenne cinq personnes que l'on reçoit chaque jour".

"Au début, par manque de communication et du fait du caractère nouveau du dispositif d'aide aux démarches administratives, il nous arrivait de ne voir venir personne de toute la matinée", confie Paul Rivière. Cette époque est révolue. Aujourd'hui le dispositif séduit. L'attente était là. "Il est dommage que certains usagers qui savent lire et qui savent écrire viennent malgré tout nous voir car ils ont peur de faire des fautes d'orthographes. Or, il faut que ces personnes prennent confiance en elles, l'administration ne recale pas un courrier parce qu'il y a quelques fautes dedans".

En une année d'exercice (1er mars 2010-28 février 2011), ce sont 1.200 administrés saint-paulois qui ont demandé l'appui d'un écrivain public. Un bilan sera présenté en juin prochain au sein d'un conseil municipal.

 

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