Convention collective du BTP et licenciement : des salariés d'Eurobéton en grève

Ils sont une poignée sous le soleil de Sainte-Marie à s'être installés devant la centrale à béton de la société Eurobéton. À l'appel de la CFDT BTP, ils sont en débrayage pour dénoncer la non-application de la convention collective du BTP au sein de l'entreprise et la demande de licenciement d'un élu du CSE.
« En 2023, il y a eu une élection du CSE. Nous avons fait un état des lieux avec les salariés. Nous avons constaté que l'entreprise ne respectait pas la convention collective du BTP », explique Johnny Lagarrigue, secrétaire général de la CFDT BTP. À l'écouter, l'entreprise ne la respecterait pas, se contentant d'appliquer uniquement le Code du travail. « Ce qui pose un problème en termes de congés payés du BTP et de gratifications que les salariés ne touchent pas », poursuit-il.
Menace de licenciement d'un salarié protégé pour la deuxième fois
Ce débrayage porte aussi sur la menace de licenciement qui plane au-dessus d'un élu du CSE affilié à la CFDT. « C'est la deuxième fois », lâche Johnny Lagarrigue. « En juillet dernier, la première demande a été refusée par l'inspection du travail. La semaine dernière, il a de nouveau été convoqué. On l'accuse de vol. »
Du côté de la direction d'Eurobéton, on s'explique. « Nous ne dépendons pas de la convention collective du BTP. Notre code NAF est un code industriel. Nous mettons à disposition du béton pour les entreprises et les particuliers. Nous avons déjà répondu par écrit sur ce point à la DEETS qui n'a pas trouvé à redire sur nos arguments. Nous avons raison et la seule solution qu'ils ont trouvée est de faire grève », déplore Narbene Samourgompoullé, directeur général d'Eurobéton.
Quant à la procédure de licenciement, elle est justifiée à ses yeux en raison des différents manquements constatés chez le salarié, notamment sur des livraisons de béton effectuées hors du cadre réglementaire et qui auraient pu avoir des conséquences directes pour l'entreprise. « Il a vendu des restes de béton à un particulier, c'est pour cela qu'il a été mis à pied. Il a engagé notre responsabilité civile », ajoute-t-il.
Devant la centrale, les salariés et le syndicat ne désarment pas. « Les salariés devraient toucher plus avec la convention collective, il ne faut pas oublier que ce sont eux qui créent de la valeur », conclut Johnny Lagarrigue.


