Gomme-cogne contre jets de pierres, une rixe qui se termine au tribunal

Le 1er novembre dernier, les gendarmes de Saint-Paul sont intervenus pour une rixe entre deux familles. À leur arrivée, de nombreuses personnes étaient présentes, et un coup de feu avait été tiré. Très vite, l'auteur a été interpellé et a coopéré pleinement avec les forces de l'ordre. Un pistolet de type gomme-cogne a été retrouvé à son domicile, avec quatre cartouches dont une utilisée. L’auteur du tir, Julien V., 32 ans, a reconnu avoir tiré en l'air pour disperser la foule. Il a expliqué qu'il était intervenu après avoir appris que sa sœur avait reçu une pierre au visage. En réalité, cet épisode violent fait suite à un conflit qui a éclaté plus tôt avec Benjy V., 20 ans, le neveu du tireur.
Les insultes ont rapidement laissé place à des jets de pierres de part et d'autre
L’origine de cette affaire remonte à une dispute entre Benjy V. et un homme, compagnon de la petite amie de Benjy. L'homme, suspectant une relation entre Benjy V. et sa compagne, avait envoyé des messages menaçants et souhaitait "lui casser la figure". De fil en aiguille, les deux hommes se sont retrouvés, échangeant des insultes et provoquant un attroupement dans le quartier. Les insultes ont dégénéré en jets de pierres de part et d'autre, jusqu'à ce que la mère de Benjy soit blessée par un galet. C’est alors que Julien V. est intervenu avec son gomme-cogne, tirant en l'air pour mettre fin au différend. Au final, l'oncle et le neveu ont été placés en garde à vue, puis jugés ce lundi en comparution immédiate.
À la barre, les deux prévenus ont reconnu les faits, tout en expliquant qu'ils avaient subi des jets de pierres. Benjy V. a reconnu avoir lancé un galet pour se défendre, car le compagnon de sa copine menaçait de lui jeter une enceinte portable. "C'est sa faute tout ça", a-t-il affirmé à la barre, précisant qu'il est actuellement inscrit aux Assedic (France Travail) "pour se reposer". Bien qu’il n’ait pas de casier judiciaire, Benjy V. est sous contrôle judiciaire pour une affaire de violences datant d'octobre. Julien V., dont le casier comporte sept mentions, a maintenu sa défense en expliquant avoir "tiré en l'air pour disperser la foule", ajoutant : "Je n'ai pas réfléchi quand on m'a dit que ma sœur avait été blessée".
"Il voulait régler les choses à sa manière"
Pour le parquet, "la thèse de la légitime défense de Benjy V. ne tient pas". Le procureur a évoqué une scène de violences entre deux familles, dont "Benjy V. est à l'origine", en ajoutant : "Il voulait régler les choses à sa manière". Le magistrat a également noté "la participation de Julien V. aux violences avec une arme", déplorant qu'il "ait participé aux violences alors qu'il n'était pas directement impliqué". Il a dénoncé "un trouble à l'ordre public important en raison de l'utilisation de l'arme". Le parquet a requis 6 mois de prison avec sursis probatoire et 70 heures de travaux d'intérêt général pour Benjy V., et 6 mois de prison ferme pour Julien V., avec un aménagement sous forme de détention à domicile.
Les avocats des deux prévenus se sont dits choqués par une procédure "menée à charge contre leurs clients", critiquant un dossier "émaillé de lacunes, sans photo ni analyse des échanges de textos, ni témoignages de voisins". Pour les robes noires, "c’est une procédure qui aurait pu aller plus loin, laissant un arrière-goût d'injustice". La défense de Benjy V. a souligné que "ce sont eux qui ont subi des jets de pierres", affirmant que son client "a riposté par peur". Elle a plaidé la relaxe. L’avocate de Julien V. a regretté que "la seule victime de cette affaire voie aujourd'hui son fils et son frère à la barre", demandant la clémence du tribunal.
Les deux prévenus ont été reconnus coupables de l’ensemble des faits. Julien V. a été condamné à 4 mois de sursis simple, et son neveu à 105 heures de travaux d’intérêt général. Il leur est interdit d'entrer en contact avec le protagoniste de cette affaire.


