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Une justice ferme face à un acte de cruauté envers un animal

Un jeune homme avait à répondre, devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis ce mercredi 18 septembre, de faits particulièrement inquiétants. Il lui est reproché des actes de cruauté et des atteintes sexuelles sur un animal domestique.
Ecrit par Régis Labrousse – le vendredi 20 septembre 2024 à 07H47

Que s'est-il passé dans la tête de Willy H. dans la nuit du 29 au 30 juillet dernier ? Les gendarmes sont alertés le 30 juillet par le propriétaire d'une jument de sévices subies par l'animal. Preuve à l'appui, il fournit une vidéosurveillance de cinq heures dans laquelle les faits sont immortalisés. Ils constatent, dans un premier temps, qu'un individu attache une corde avec un nœud coulissant au cou de la jument. L'animal ne se laissant pas faire, il lui serre le coup violemment avec la corde pour l'attacher à un poteau. Ensuite, il prend une barre de fer avec laquelle il lui assène sept coups sur l'arrière-train, puis fait de même ensuite avec un manche à balai. Il pousse le vice à introduire à plusieurs reprises les deux objets dans les parties intimes de l'animal.

Quelques instants plus tard, il installe une chaise et une caisse à l'arrière de la jument puis la pénètre pendant près de trois heures. Il finit en se masturbant devant l'animal avant de s'enfuir. Les gendarmes identifient rapidement l'auteur qui se retrouve en garde à vue le 1ᵉʳ aout. Il apparait qu'il est sous tutelle avec une prise en charge par l'UDAF (Union départementale des associations familiales). Le parquet décide de le juger dans le cadre d'une comparution différée le 19 septembre et ordonne une expertise psychiatrique. De son côté, l'expert conclut que le prévenu n'a pas de troubles entrainant une altération du discernement, mais montre une faible tolérance à la frustration et une déficience intellectuelle entrainant des difficultés à dire les choses et à les comprendre.

 

"Je n'ai rien à dire et j'assume. Je ne veux pas parler de ça, je veux oublier"

 

À la barre, malgré la patience et la pédagogie de la présidente, le prévenu, tête baissée en permanence, s'enferme dans le silence. "Je n'ai rien à dire et j'assume. Je ne veux pas parler de ça, je veux oublier", seront ses rares paroles en plus de reconnaitre que ce qu'il a fait n'est pas bien. Pour autant, il indique qu'il ne pense pas avoir besoin d'aide et s'agace lorsque la magistrate lui parle de l'acte sexuel. Présente, la personne qui le suit à l'UDAF parle de troubles psychologiques évidents ainsi que d'un climat de violence à son domicile. De son côté, le propriétaire de la jument explique que l'animal présente un eczéma dû au stress et insiste sur le fait que cet acte est dangereux pour la jument, mais aussi pour le prévenu qui "aurait pu se faire très mal".

"Il est important de rappeler que depuis 2015, il existe une reconnaissance du statut de l'animal qui le hisse au rang d'être vivant doté de sensibilité", rappelle la partie civile. Très investies dans ces dossiers, les associations de défenses des animaux, APEBA, la fondation Brigitte Bardot et 30 millions d'amis, se sont également constituées partie civile : "Ces animaux n'ont pas la parole, d'où l'importance d'être devant vous aujourd'hui. Au-delà de leur gravité, ces faits interrogent sur la nature humaine", tance la défense de 30 millions d'amis. "Il doit y avoir une sanction pour ces faits car il est important d'intensifier la réponse pénale sur l'île de La Réunion vu l'importance que les Réunionnais attachent à la cause animale", indique le parquet qui fustige "un acharnement" sur l'animal pendant près de trois heures et requiert 18 mois de prison dont 6 avec sursis, le maintien en détention et une interdiction à vie de détenir un animal et d'exercer une activité en lien.

 

"Il est dans le regret et dans la honte"

 

"Je ne sais que dire sur ce jeune homme qui est en détresse et qui ne peut s'exprimer", répond la défense. "Il reconnait les faits et, de plus, a été filmé. En revanche, j'ai beaucoup d'états d'âme sur son état psychologique au regard de cette expertise qui le dit sans discernement. Il est dans le regret et dans la honte. C'est arrivé, mais il ne peut l'expliquer. Il est victime de lui-même avec ses carences affectives et intellectuelles. Il faut lui venir en aide", plaide la robe noire.

Le prévenu est finalement condamné à 2 ans de prison dont 1 an sursis probatoire pendant 3 ans avec obligation de soins, interdiction de paraitre sur les lieux de l'infraction, obligation d'indemniser les parties civiles. En peine complémentaire, il lui est fait  interdiction définitive de détenir un animal et d'exercer une profession en lien avec les animaux. Les parties civiles sont déclarées recevables.  Le propriétaire de la jument obtient 1500 euros de dommages et les associations 500 euros chacune.

"C'est une décision satisfaisante qui tient compte de la gravité des faits et de la personnalité du prévenu. C'est un signal important et fort en matière de protection animale", Indique Me Catherine Moissonnier à la sortie de l'audience pour l'association APEBA,

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