Violente agression d'un homme qui reçoit 3 mois d'ITT

Les faits remontent au 16 décembre dernier sur la chaussée royale de Saint-Paul devant un restaurant. Un homme d'une cinquantaine d'années a été pris à partie par deux individus. Tout débute suite à une altercation entre la victime, très alcoolisée, et Julio T., 34 ans, qui en viennent aux mains. Voulant aider son camarade, Jean-Daniel N., 28 ans, intervient et s'en prend violemment à la victime, la rouant de coups. Le quinquagénaire finit pas tomber au sol et Julio T. en profite pour lui asséner un violent coup de pied dans la jambe qui lui brise le tibia. L'homme hurle de douleur au sol avant de perdre connaissance. Il est conduit au CHOR en urgence où il restera un long moment. Il lui faut plus de quatre mois pour recommencer à marcher. Il indiquera aux enquêteurs qu'il ne se souvient plus avec exactitude de la scène.
Pendant ces longs mois, les enquêteurs de la compagnie de gendarmerie de Saint-Paul poursuivent les investigations qui s'avèrent payantes puisqu'ils parviennent à identifier les deux auteurs grâce à des témoignages. Les deux auteurs sont interpellés puis placés en garde à vue. Si Julio T. reconnaît les faits, son comparse les nie dans un premier temps. À la barre, Jean-Daniel N. finit par reconnaitre deux coups de pieds à la tête et au torse. Ses déclarations sont contredites par plusieurs témoins qui décrivent un acharnement du prévenu sur la victime. "J'ai donné un coup à la tête et au torse, c'est tout. Quand il était par terre, on n'a plus donné de coups. C'est Julio qui a donné le coup derrière le tibia", explique-t-il pour se dédouaner, ajoutant "ils ont mal vu", en parlant des témoins cités par le président.
"Quand mon tibia a cassé, j'ai perdu connaissance"
"Je n'ai pas de souvenirs précis. Quand mon tibia a cassé, j'ai perdu connaissance", indique la victime à la barre. Pour la partie civile, "cette scène de violence est totalement minimisée par les deux prévenus", insistant sur le "véritable acharnement" subi par la victime dont la vie a été "fortement impactée par une lourde opération". De son côté, le parquet estime que cette affaire est "l'essence de la problématique du comportement violent, car les auteurs ne pensent jamais que ces comportements puissent entrainer de telles conséquences". La magistrate estime que "les faits sont avérés et caractérisés", n'hésitant pas à fustiger "un déchainement de violence gratuite". Le parquet requiert des peines de 18 mois de prison dont 8 de sursis pour Jean-Daniel N. et 24 mois dont 12 avec sursis avec maintien en détention pour les deux.
"Il reconnait les faits et les assume, mais il vous les explique avec ses mots", répond la défense de Jean-Daniel N., ajoutant qu'il se rend compte de la "gravité de ses actes". La robe noire demande une sanction juste et proportionnée. De son côté, la défense de Julio T. rappelle qu'il s'agit d'une "scène avec un groupe de personnes très alcoolisées avec des violences réciproques". Selon elle, "les témoins permettent d'expliquer cette altercation et cette agression sur la victime". Elle demande au tribunal de "prendre en compte des implications et réactions différentes", plaidant une peine aménageable sous bracelet électronique. Au final, le tribunal condamne les deux prévenus à la même peine de 18 mois de prison dont 9 mois de sursis. Contre toute attente, le tribunal ne prononce pas de maintien en détention. Les deux prévenus sortent libres du tribunal et seront convoqués devant le juge de l'application des peines.


