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Violences conjugales : "Un homme violent reste souvent violent"

Un homme de 28 ans comparaissait ce mercredi 4 septembre devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis pour des faits de violences sur conjoint. Une fois n'est pas coutume, le mis en cause conteste les faits en bloc, n'hésitant pas à parler de mensonges de la victime et de son propre entourage.
Ecrit par Régis Labrousse – le dimanche 15 septembre 2024 à 09H04

Chris L. avait à répondre de menaces de mort et de violences sur sa compagne. Lors de la première audience en juillet dernier, il avait demandé un renvoi afin de pouvoir récupérer les preuves indéniables de sa bonne foi. Au final, ce mercredi 4 septembre, en plus de n'avoir aucun élément à fournir au tribunal, il se présente sans avocat pour le défendre. À la barre, le prévenu accepte de comparaître sans conseil. Les faits qui lui sont reprochés se sont déroulés les 17 et le 23 juillet à la Plaine des Palmistes. Sa compagne a déposé plainte le 28 juillet à la gendarmerie, expliquant qu'elle a reçu des coups de barre de fer à deux reprises et des gifles, occasionnant des saignements de nez. Les coups de barre ont été portés au bras et la cuisse dans leur salon. Les gifles ont été reçues devant le domicile de la mère du prévenu qui témoignera qu'elle a bien vu sa belle-fille en sang ce jour-là. Le 23 juillet, il la menace de brûler la case avec elle à l'intérieur si elle refuse de partir.

La raison de ces violences vient du fait qu'il ne la supporte plus et qu'elle ne veut pas partir de chez lui. Restant sur sa ligne de défense, il conteste tout en bloc : "Avec ma corpulence, si je lui avais mis des coups de barre de fer, elle ne serait pas dans cet état-là", lance-t-il au tribunal. Présente à l'audience, la victime maintient sa version, attestant avoir subi ces violences. Sur son refus de partir, elle indique au président, "pourquoi vouloir que je parte si c'est pour revenir me chercher après. À chaque fois, il veut que je parte et il revient après". En réponse, le prévenu reste droit dans ses bottes : "C'est une menteuse, il faut vraiment dire la vérité comme elle est : je ne l'ai pas touchée. Ma mère aussi a menti parce qu'elle m'en veut". Pour la partie civile, "c'est là l'apothéose d'une relation toxique et violente. Ces actes sont courants dans leur relation, mais pour autant sont inacceptables", fustige la robe noire.

"C'est un nouveau dossier de VIF où la victime est présente et confirme ses déclarations", indique la procureure de la République. "Il y a un certificat médical qui confirme les violences malgré les contestations du prévenu. Selon lui, tout le monde ment, même sa propre mère. Aujourd'hui, elle confirme et pour autant ne l'enfonce pas. Un homme violent reste souvent violent", indique le parquet qui requiert 2 ans de prison dont 6 mois de sursis avec maintien en détention et des interdictions de contact et de paraitre au domicile de la victime. Faute d'éléments suffisants, le tribunal relaxe le prévenu des faits de menaces de mort. Il est reconnu coupable des violences et condamné à la peine de 2 ans de prison dont 1 an de sursis probatoire avec maintien en détention.

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