José Apou dépose plainte contre les magouilles lors de l'élection à la Chambre de commerce

On reparle des dernières élections de la CCI et d'éventuelles fraudes dans ce scrutin. Bizarrement plus personne n'évoquait cela plus depuis l'élection du nouveau président, Ibrahim Patel . Une nouvelle fois, José Apou a dénoncé la stratégie frauduleuse dont il a été témoin, et a déposé une plainte contre X pour fraude, tricherie et menaces. Aujourd'hui, il organisait un conférence de presse au cabinet de son avocat, le Bâtonnier Georges-André Hoarau.
Vol du matériel de vote
Candidat sur la liste de la CGPME, conduite par Yvès Hoareau, José Apou se serait retrouvé en première ligne pour constater la fraude. C'est lors d'un déjeuner à Saint-André que l'équipe de campagne aurait présenté à José Apou la stratégie de récupération du matériel de vote destiné aux électeurs chefs d'entreprise. On lui avait également remis deux clés permettant d'ouvrir les boites aux lettres des entrepreneurs. Le lendemain, une autre réunion était organisée pour cibler et planifier les zones dans lesquelles ils allaient intervenir, notamment les zones industrielles.
Pour simplifier, l'équipe de campagne de la Cgpme aurait mis au point une magouille pour voler les bulletins de vote des entrepreneurs et voter à leur place. Ils se servaient pour cela de clés passes-partout réservées aux agents de la Poste. Cela explique pourquoi certains chefs d'entreprise n'ont jamais reçu leur matériel de vote. Toute cette partie du dossier est déjà connue publiquement puisqu'elle avait déjà été dénoncée par Ibrahim Patel et José Apou à la fin du mois de décembre, à la veille de l'élection de la présidence de la CCI.
Après avoir dénoncé les fraudes, il s'entend avec les fraudeurs
Ce qui est nouveau en revanche, c'est qu'il n'y a dorénavant plus qu'une seule personne qui semble s'intéresser à cette fraude : José Apou. Il accuse d'ailleurs le nouveau président de la CCI, qui représentait la Fedaction (les petits commerçants) lors des élections, de l'avoir utilisé et d'avoir ensuite comploté avec la Cgpme pour être élu président de la chambre.
En d'autres termes, après avoir révélé ces mêmes fraudes, il se serait entendu avec les fraudeurs pour être élu. José Apou accuse Ibrahim Patel qui avait à l'époque participé à une conférence de presse pour dénoncer ces magouilles et les "voyous" de la Cgpme. Selon lui, Ibrahim Patel l'aurait manipulé en se servant de "toutes les preuves qui étaient en sa possession".
Le nouveau président de la CCI a effectivement bénéficié du soutien des élus de la Cgpme lors de l'élection, notamment celui d'Yvès Hoarau, la tête de liste. Cette alliance semblait d'ailleurs contre-nature puisqu'on s'attendait davantage à une alliance Cgpme-Medef. On peut donc aussi s'étonner de ne pas voir le Medef réagir aux suspicions de fraudes électorales. Peut être est-ce parce que la Cgpme affirme détenir un film vidéo où l'on voit des patrons du Medef, et pas des moindres, ouvrir des enveloppes de vote, sortir les bulletins, les remplacer par d'autres, refermer l'enveloppe et la repasser avec un fer de façon à tout dissimuler...
Et la plainte de la Poste ?
Par ailleurs, on est toujours sans nouvelles de la Poste. Lors d'une conférence de presse le 22 novembre dernier, le directeur Thierry Crop avait réagi aux tentatives de corruption des agents de la Poste dénoncées par le Medef. Il avait annoncé avoir porté plainte contre "X" alors que des agents auraient été approchés pour qu'ils récupèrent directement du matériel de vote pour les fraudeurs.
Finalement José Apou a également porté plainte pour menace. Il avait déjà déposé une main courante à Saint-André car il recevait des menaces et des pressions, notamment du président de la CCI, qui le prévenait de ne pas porter plainte s'il ne voulait pas avoir d'ennuis. Il devrait y avoir de l'ambiance lundi lors de l'assemblée générale de la CCI...


