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Cantonales 2011 : Le bilan des écologistes

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 30 mars 2011 à 10H15

Pour Europe Ecologie, l’arbre Miranville ne doit pas cacher la forêt des médiocres résultats  obtenus aux cantonales 2011. Après  la bérézina des Régionales et sans en avoir tiré les leçons, les écologistes annonçaient pouvoir obtenir des élus au Conseil Général. Finalement, mise à part Vanessa Miranville,  ils ont tous été  éliminés sans gloire dès le premier tour.  Au soir du 20 mars, si on met de côté les 26 % exceptionnels de Mlle Miranville obtenus à La Possession, les écologistes réunionnais plafonnent à 5,9 % des suffrages alors que sur l’ensemble de la métropole les écolos dépassent les 12 %. Dans le détail, c’est encore  plus décevant puisque trois des candidats des Verts après avoir passé un accord individuel avec le PS, se présentaient officiellement comme candidats communs Verts/PS. Or, à Saint Paul 1, la candidate Verts/PS perd 1140 voix par rapport au résultat socialiste de 2004, à l’Etang Salé, Vincent Defaud, candidat unique Verts/PS, gagne péniblement 128 voix de plus que le socialiste en 2004. Enfin, à La Rivière, le candidat Verts/PS finit bon dernier avec 3 ,27 % des voix. Pour les autres résultats, à Saint Paul 3, le 3ème adjoint d’Huguette Bello, est éliminé avec 5,54 %. Au Tampon 2, le Vice Président d’Europe Ecologie faisant moins bien qu’en 2004 n’atteint pas les 3 %  et à Saint-Denis,  la nouvelle Présidente d’Europe Ecologie échoue à franchir la barre des 5 %. Seuls Saint Paul 5, le Port et La Bretagne peuvent constituer une satisfaction toute relative avec des scores allant de 6 à 9 %.

Vanessa Miranville qui obtient, elle, 48 % des suffrages au second tour contre l’inamovible Rolland Robert, est donc atypique chez les Verts. Quoiqu’en pensent ses détracteurs, elle n’est pas une simple "construction médiatique", elle possède une véritable personnalité et des qualités indéniables qui devraient lui permettre de jouer un rôle politique lors de futures échéances. Mais pour y parvenir elle doit d’abord résoudre  deux problèmes majeurs. Sur le fond, elle doit gagner en crédibilité, elle ne peut se contenter de répéter qu’elle est jeune, dynamique, sincère  et honnête, ce sont des arguments électoralement un peu courts. Son second problème est plus difficile à résoudre. Si elle veut  jouer un rôle aux municipales de 2014, il lui faudra un véritable parti politique et c’est là que le bât blesse. Car Europe Ecologie Les Verts a fait preuve pendant ces élections d’incohérence, voire de cacophonie et d’immaturité politique. Qu’on en juge. Alors que les seuls élus jamais obtenus par les Verts à La Réunion, l’ont été grâce à des listes d’union avec la gauche, la Présidente, Mme Duchemann,  déclare avant même le premier tour, qu’il n’y aura pas de désistement à gauche pendant que Vincent Defaud de son côté  affirme exactement le contraire. Puis entre les deux tours, les Verts présentent à la presse un "contrat écologiste" en cinq points  qu’ils veulent faire signer aux candidats restants en lice qui souhaiteraient le soutien d’Europe Ecologie. Personne n’ayant daigné leur répondre, le parti écologiste  se retrouve le seul  parti à ne pas avoir eu de stratégie politique de deuxième tour. Chaque candidat écolo a fait ce qu’il voulait. La plupart se sont tus, ne donnant aucune consigne de vote, à Saint Paul, le 3ème adjoint vert, déçu de son mauvais résultat, a laissé entendre à la presse qu’Huguette Bello portait une responsabilité dans son échec, à Saint André 1, le candidat vert a choisi, lui, de rejoindre  le camp de la droite, enfin celui  de Sainte Marie, arrivé bon dernier le 20 mars,  a appelé, au nom d’Europe Ecologie, les électeurs à ne pas aller voter au second tour alors qu’un duel décisif opposait la gauche et la droite ! Voilà qui est curieux pour un parti qui milite officiellement pour l’inscription sur les listes électorales et pour  la réconciliation de  la politique et des citoyens.

Vanessa Miranville apparaît bien comme une véritable exception dans le paysage écologiste local mais la question est de savoir si elle pourra surmonter le handicap d’être l’icône d’un parti  lilliputien, immature et dépourvu de cohérence politique.

Richard Casablanca

 

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