Des doigts en or
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Circuler dans les rues d’Antananarivo c’est traverser l’histoire.
Vous pouvez à un prix dérisoire prendre un taxi d’une autre époque, la 4 CV Renault ou encore la 206 Peugeot et voyager dans le temps.
Des voitures de collections en parfaits états qui pourraient bien faire des envieux.
Le prix du carburant est élevé. Toutes les combines sont bonnes pour économiser l’essence.
Sur le plat, le chauffeur prend de la vitesse et coupe le moteur pour utiliser son élan. On dévale les collines en roue libre, bonjour l’émotion et les freins!
De temps en temps le chauffeur s’arrête pour mettre de l’essence conservée à portée de main dans une bouteille plastique.
Les Malgaches ont des doigts en or, tout est récupéré et maintenu en bon état, et si une pièce détachée vient à manquer elle est tout de suite reconstituée.
C’est peut-être ce qui explique aussi ce don pour les arts et la création.
Ils sont précis et adroits aussi, n’oublions pas que les Malgaches sont champion du monde à la pétanque et que rarement ils ratent leurs cibles.
Au grand marché du Coum aux 67 hectares, vous pouvez découvrir des merveilles conçues avec du matériel de récupération, mais aussi des produits de luxe comme la bijouterie et les pierres précieuses.
On se laissera aussi séduire par le papier "Ante moro" fabriqué comme en Egypte selon des méthodes millénaires.
Ils ont aussi la tête solide ces Malgaches, j’ai croisé dans le même quartier un livreur qui transportait dans la foule une armoire en palissandre sur sa tête !
L’histoire ne dit pas si à l’intérieur il y avait encore la collection complète des œuvres d’Alexandre Dumas, ou les encyclopédies universelles !
Et moi, pauvre petit terrien qui ai toutes les peines du monde à garder ma tête sur mes épaules !
Gérard Goriot
Vice président LRA


