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UNSA : Reconstruire une authentique formation professionnelle des enseignants

Ecrit par zinfos974 – le dimanche 6 février 2011 à 10H32

Devenir enseignant n’attire plus

Le ministère de l’Éducation nationale a publié les premières statistiques concernant les candidats aux concours d’enseignants.

Les chiffres illustrent, hélas, ce que l’UNSA pointe du doigt depuis des mois : le métier ne séduit plus.

Selon les corps et les disciplines, c’est une baisse de candidats comprise entre 40 et 50% que l’on enregistre sur les derniers concours. Peut-on considérer, comme le fait le ministère, qu’il s’agit là d’un phénomène conjoncturel ? Une baisse du nombre de postes offerts, ayant conduit des étudiants à ne pas se présenter, des dates d’inscription plus tôt dans l’année surprenant ceux qui avaient l’habitude de le faire plus tard, le « télescopage » de deux sessions de concours dans la même année sont des raisons sans doute plausibles pour expliquer, en partie, le phénomène. C’est d’ailleurs ce que fait la DGRH passant ainsi un peu vite sur quelques autres données plus préoccupantes.

D’autres explications

C’est au niveau des universités qu’il faut regarder, plus précisément le nombre d’étudiants inscrits dans les masters conduisant aux métiers de l’enseignement. C’est ainsi que l’on constate, notamment dans certaines filières de l’enseignement professionnel, une forte baisse du nombre d’étudiants. Le métier n’attire plus. Les conditions de "formation" des stagiaires sont de nature à faire réfléchir à deux fois les étudiants. Preuve supplémentaire que la revalorisation n’a pas produit les effets escomptés en matière d’attractivité.

Stagiaires – tuteurs : le découragement

Les résultats des enquêtes lancées par le SE-UNSA en direction des stagiaires et des tuteurs livrent un constat sans appel : la lassitude et le découragement gagnent nos collègues.

Du côté des stagiaires, le manque de temps et la charge de travail empêchent tout processus de formation de se mettre en œuvre. Les échanges avec les tuteurs, la formation à la gestion d’un groupe, les critères de tutorat et d’évaluation sont flous, insuffisants pour plus de 80% des stagiaires. La même proportion a le sentiment de ne pas être formée. Le second degré fait état de difficultés encore plus importantes. Pourtant, les stagiaires croient encore en un métier qu’ils ont choisi et pour lequel ils consentent des efforts extrêmement importants.

Néanmoins et c’est le second fait marquant de cette enquête, 8% d’entre eux affirment ne pas vouloir, à ce jour, poursuivre dans ce métier. C’est dix fois plus que l’an dernier. Rapporté aux 15000 stagiaires, cela représente un échec pour 1200 d’entre eux. Ce serait une catastrophe et un gâchis humain sans précédent.

Le lien : http://www.se-unsa.org/IMG/pdf/Resultats_enquete_stagiaires.pdf

Les tuteurs font également état de la même lassitude. 55% affirment ne pas continuer à assurer cette fonction l’an prochain. Professionnels de la formation, ils jettent un regard extrêmement critique et amer sur les contenus et les dispositifs mis en œuvre. Le manque de temps pour rencontrer les stagiaires, le peu de reconnaissance financière, les conditions de titularisation sont les points saillants expliquant leur défiance.

Le lien : http://www.se-unsa.org/IMG/pdf/Resultats_enquete_tuteurs.pdf

Le pire est peut-être à venir

Il y a fort à craindre que les masters "métiers de l’enseignement", qui sont pourtant ceux qui tentent le plus d’introduire des modules professionnels dans leur contenu, disparaissent. En effet, contrairement à ce qu’affirmait le ministère, leurs débouchés, en dehors des concours, sont quasi nuls. Il est donc peu probable que des étudiants continuent de s’y inscrire.

Nous n’avons pas fini de payer la facture de cette réforme. Malheureusement, l’aveuglement dogmatique continue. Face à cela, le SE-UNSA continue de porter son projet alternatif de formation.

Reconstruire une authentique formation professionnelle des enseignants

SYNTHÈSE DES PROPOSITIONS.

1. Viser à la formation des enseignants tout au long de leur vie professionnelle.
2. Concevoir la formation initiale dans un ensemble cohérent allant du cycle licence (préprofessionnalisation) à la formation sanctionnée notamment par un master et se continuant après titularisation.
3. Prendre en compte dans le référentiel de formation l’ensemble des connaissances et compétences requises (globalité du métier) et en tirer les conséquences pour les concours.
4. Mettre en place une « admissibilité calibrée » en fin de M1 et une admission en fin de M2 (sauf cas de l’« agrégation rénovée »).
5. Prendre en compte, en respectant la cohérence du système, les spécificités (enseignement professionnel, enseignement agricole).
6. Ouvrir une négociation, élargie aux organisations étudiantes représentatives, visant à démocratiser socialement le recrutement des enseignants.

Le lien :
http://www.se-unsa.org/IMG/pdf/_2011-02-03_UNSAEDUC_FormerDesEnseignants.pdf

Rappel :

Détail des votes des organisations syndicales, par texte, sur la masterisation au CTPM du 27 mai 2009 :

Le CTPM, Comité Technique Paritaire Ministériel, organe consultatif, compte 40 sièges:
20 pour l'administration
20 pour les fédérations syndicales, selon la répartition suivante: la FSU-9 sièges; l'UNSA-5; la CFDT-2; la CGT-1; la CSEN-SNALC-1; Solidaire-1 et FO-1.

- le décret sur les certifiés recueille
20 voix pour (administration),
10 voix contre (UNSA, CFDT, FO, CGT, Solidaire)
10 abstentions (FSU, CSEN-SNALC).

- le décret sur les agrégés recueille
20 voix pour (administration),
10 voix contre (UNSA, CFDT, FO, CGT, Solidaire)
10 abstentions (FSU, CSEN-SNALC).

- le décret sur les professeurs d'EPS recueille
20 voix pour (administration),
10 voix contre (UNSA, CFDT, FO, CGT, Solidaire),
1 abstention (CSEN-SNALC)
9 refus de vote (FSU).

- le texte modifiant le statut des PLP enregistre
20 voix pour (administration),
19 contre (UNSA, CFDT, FO, CGT, Solidaire, FSU)
1 abstention (CSEN-SNALC).

- le texte concernant les PE passe à
20 voix pour (administration),
19 voix contre (UNSA, CFDT, FO, CGT, Solidaire, FSU)
1 abstention (CSEN-SNALC).

- le décret sur les CPE reçoit
20 voix pour (administration),
10 voix contre (UNSA, CFDT, FO, CGT, Solidaire)
10 abstentions (FSU, CSEN-SNALC).

Eric Hoarau
SE-UNSA

 

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