La boucle du Niger berceau d’une antique civilisation
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Durant les années 50 à 70, Jean Rouch le plus grand cinéaste français d’Afrique, ethnologue amoureux de ce continent et ami intime des Dogons, n’a de cesse de le traverser à bord de voitures "quatre sous", le faisant toujours avec le même bonheur, celui de partager avec ses amis du Sahel, du Niger, de la Haute Volta, du Mali et même de Côte d’Ivoire, des moments privilégiés d’échanges qu’il filme en continu. Il continuera à le faire jusqu’à son accident survenu en 2000, alors qu’il était accompagné, comme à l’habitude, de "ses vieux et fidèles amis" du Niger.
Il nous lègue en images, des pellicules d’une qualité exceptionnelle, celles du vécu… ces initiatives nous font prendre conscience en 2011 combien la liberté individuelle dans ces régions d’Afrique et même chez nous ont régressé… Des régions où la paix régnait, devenues aujourd’hui zones à risques… La liberté de se mouvoir, la joie de vivre en Abidjan se sont transformées en situation politique absurde que l’on n’aurait pu ne serait-ce qu’imaginer voilà cinquante ans… Quelle honte de voir Jacques Vergès défendre le Président Bagbo comme il le fit pour Klaus Barbie.
Cela ne fait que démontrer la fragilité et parfois l’hypocrisie de systèmes socio-politiques, leurs instabilités et le dégât d’une mondialisation opaque dont l’objectif est la destruction des sociétés traditionnelles qui assurent l’équilibre et la sérénité.
Souhaitons que l’exemple Tunisien et la révolution du jasmin fasse tache d’huile et que des peuples émancipés reprennent enfin, par leur courage et dans un esprit de responsabilité, les rênes de leurs destinées.
Christian Vittori
2 février 2011


