Tremblements, vertiges, sueurs froides, nausées...

Que les Hexagonaux gaulois seraient un tantinet de plus en plus méfiants vis-à-vis de mode directionnel et de l’action politique.
Bon vous me diriez quoi de neuf doc , quand une fois l’ahurissement retombé et ébahissement entreposé dans le placard à balais , nous sommes en droit de se poser une question : simple bouderie et fâcherie, après un réveil d’une longue léthargie ?
À la lecture du freluquet rapport, on découvre ainsi que le François moyen n’aurait plus confiance dans les politiciens pour dénouer les problèmes de la pelote de laine. On conviendra aisément que c’est paradoxal moutonnant tant il aura pourtant applaudi des deux mains chacune des actions qui auront mené à la croissance rapide du Tout Politique état providence dans ce pays de jacobins.
Paradoxe commodément surhaussé, du reste, lorsqu’on possède un minimum d’esprit que le politicien assure avec brillantissime sa pitance en transformant des promesses en or et parfois même en diamant. Vous l’aurez deviné l’or est pour lui les diamants la corruption qui l’accompagne, mais pour ce qui est des promesses sont pour ceux qui votent pour ce gredin. Promesses qui incluent généralement un avenir si ce n’est radieux, tout du moins meilleur, et en particulier pour telle catégorie socioprofessionnelle à laquelle, ça tombe bien, vous, mon brave électeur, vous appartenez justement, et glissez ce bulletin-ci dans cette urne-là, merci à la prochaine pour le cumul.
Incontestablement, le temps des promesses court à sa fin ; elles cheminent encore à peu près lorsque le temps est beau, qu’il y a des perspectives d’emploi en déclin, que les grèves ne se multiplient pas, que les prix restent à peu près stables et que le voisin ne met pas sa sono trop fort. Dès lors que ces paramètres tombent les uns après les autres dans la catégorie des souvenirs sépias d’une enfance déjà lointaine, l’électeur se lasse, l’intérêt pour les promesses s’émousse, la confiance dans celui qui les émet s’évapore.
Les constats lisibles dans le rapport résument fort bien cet état des lieux :
• On y perçoit que pas moins de 83 % des individus évaluées considèrent que "les responsables politiques, en général, se préoccupent peu ou pas du tout" des gens comme eux. Il est quelque part un tantinet inquiétant que 17% de sondés pensent le contraire ; dans le meilleur ou le moins hypocrite des cas, ces 17% sont composés des élus eux-mêmes qui, bien évidemment, se préoccupent tout de même pas mal d’eux-mêmes (rendons-leur ça : ils ont su s’assurer une durée de vie notable dans les fromages de la République). Dans le pire des cas, il s’agit des citoyens, aussi naïfs que festifs, qui croient encore tirer un quelconque avantage des politiciens. L’augmentation permanente et maintenant régulière des impôts, taxes et vexations fiscales diverses devrait rogner un peu le nombre de ces irréductibles utopistes.
• Autre stupéfaction : le discrédit s’étend jusqu’aux élus locaux, qui, pourtant, s’en tiraient mieux avant ; les Français ne sont plus que 52% à déclarer avoir confiance dans leurs élus locaux, contre 65% il y a un an. Je pense que l’écart doit être d’autant plus important qu’on est dans une grande ville : il semble évident qu’il est plus facile de connaître (et de ce fait, faire confiance à) son maire dans un village de 1000 âmes que dans une métropole de 250.000… Là aussi, l’évidence que même le maire joue d’abord son propre intérêt s’ancre doucement dans le subconscient des Français pourtant aimablement préparé, pendant de longues années d’EdNat, à adorer l’administration, la République et ses élus.
Pour la plupart des Français, la démocratie patine dans la semoule
– rooh, non, sans blague ?! pas possible se patinage dans le turbolibéralisme français ( j’utilise turbo à la place ultra… )
– puisque 57% des personnes interrogées estiment que la démocratie en France fonctionne "pas très bien" ou "pas bien du tout", et 44% estiment que voter n’est pas la meilleure façon d’influer sur les décisions prises par les dirigeants. On aura une petite larme émue pour les 56% autres pourcents qui continueront à croire, malgré les décennies de déceptions enfilées comme des perles sur un collier maintenant kilométrique, que glisser un petit bout de papier dans une urne va leur donner l’assurance qu’un type fera vaguement comme il en a parlé un jour sur la place de la mairie…
Enfin, et en parfaite synchronisation avec l’actualité, nos compatriotes ressentent plus de besoin de protection. La sécurité, c’est chouette, ça. Et puis, si ça peut se faire en tailladant un peu dans les libertés des autres, on ne va pas se gêner…
En réalité, ce sondage montre exactement ce qu’on pouvait s’attendre depuis un moment : la perte de crédibilité des politiciens s’affirme à mesure qu’on constate, tous les jours, leur totale impuissance à régler les problèmes et leur extraordinaire capacité à rebondir pour leurs propres intérêts.
Qu’importe la casserole, pourvu qu’on ait le mandat ; la République aurait pu collectionner au nom de ses plus illustres représentants les marmites les plus clinquantes sans réellement souffrir de la moindre perte d’acceptation de la part d’une population qui a vu son pouvoir d’achat moyen dégringoler constamment. Peu importe les affaires, peu importe les valises de billets, peu importe les comptes numérotés, peu importe les scandales, peu importe, même, les condamnations avec ou sans sursis : on retrouve toujours les mêmes roublards aux manettes de l’airbus. Juppé, Emmanuelli, Hortefeux, Léotard, j’en oublierais presque des douzaines qui ont des casiers et prétendent guider le peuple.
Mieux : ils lui font les poches, avec le sourire à la manière des petites roumaines dans le métro parisien !
Ce sondage montre aussi que les discours Lepénistes ou Mélenchonistes portent parfaitement bien pour servir les extrêmes .
Oh, ils ne portent pas parce que les personnages qui les éructent seraient, eux-mêmes, des experts parangons de petite vertu, des exemples de probité ou d’abnégation. Loin s’en faut : l’un et l’autre candidat ont, comme les autres, leur lot de batteries de casseroles, d’idées idiotes, et de revenus ponctionnés sans vergogne directement dans la poche des moutons contribuables.
Mais avec leur "Tous Pourris" , ils carillonneraient de plus en plus vrai, même si – et on peut sourire au passage – en bon politiciens, ils ne s’incluent évidemment pas dans le Tous, ce qui est une évidente erreur tragique pour ne pas dire tactique .
En réalité, si, bien sûr, il existe certainement quelques élus qui ont à la fois un salaire de misère et à cœur d’aider ceux qui les ont portés à une charge honorable républicaine. Mais ces élus sont, pour ainsi dire aseptisés, incolores, inodores et sans aucune saveur : on ne les voit nulle part dans les médias, leurs idées de bon sens ne sont entendues que par un lot infime de personnes qui les fréquentent, et leur humilité naturelle les restreint à ne vouloir sauver que ceux qu’ils connaissent vraiment, loin des idées grandioses de leaders gesticulants partant à la reconquête du monde, des étoiles et de l’univers.
D’ailleurs, statistiquement, il ne pourrait en être autrement : plus d’un demi-million (550.000 !) d’élus pour 65 millions de Français, ils ne peuvent pas tous être corrompus, cyniques ou jeanfoutre. Sur un malentendu, un ou plusieurs hommes honnêtes se sont certainement glissés dans le lot, pour diriger qui une des 36500 communes, qui l’un des 101 départements, 26 régions ou cinq millions de fonctionnaires…
Finalement, la raison de la lassitude des Français est peut-être à rechercher dans ce foisonnement. Celui des strates, des élus, des affaires de ce pays remarquable …
Outre le mille-feuille administratif régalien , la multiplication exponentielle des dépenses somptuaires pour des types dont plus personne ne sait ce qu’ils fabriquent vraiment (en dehors de tringler la secrétaire ou fumer les cigares d’import) alimente le sentiment général de déconnexion des élites au peuple. Ce sentiment monte d’autant plus fort que les rares contorsions et les pathétiques pantomimes des uns et des autres aboutissent systématiquement à aggraver les problèmes ; ce qui est logique : en plus d’être, pour la plupart, cyniques et jeanfoutre, les politiciens sont maintenant majoritairement excellent en politique politicienne et absolument nuls dans tous le reste, depuis l’économie excusez moi c’est nerveux je rigole
http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20110125trib000595469/ce-rapport-sur-les-matieres-premieres-qui-a-mis-sarkozy-en-colere.html avec ce fumeux rapport sur les matières premières qui aurait mis Sarkozy en colère pour par venir la simple notion d’arithmétique avec le facteur du NPA.
De loin, tout ceci concourt en définitive à obscurcir encore un peu plus le paysage politique. En 2012, on peut cependant parier que ces mêmes Français qui se lassent s’exciteront à nouveau devant les isoloirs. À toutes fins utiles, j’ai déjà préparé mon petit bulletin. Je n’irai pas voter, mais certains le trouveront utile.
De loin, tout ceci concourt en définitive à obscurcir encore un peu plus le paysage politique. En 2012, on peut cependant parier que ces mêmes Français qui se lassent s’exciteront à nouveau devant les isoloirs. À toutes fins utiles, j’ai déjà préparé mon petit bulletin. Je n’irai pas voter, mais certains le trouveront utile de préparer mes hameçons.
J’entends déjà pointer au loin les quelques remarques acidulées de mes lecteurs aficionados grands démocrates, attristés d’un poujadisme aussi violent.
Je sais, ce n’est ni fin du monde de 2012 selon les prévisions fantasmagoriques de mayas ni réellement drôle pour faire dans le comique, mais, à vrai dire, cela soulage de le dire.
Cambronne


