Constitutionnalisation de l'IVG : Qu'ont voté les parlementaires réunionnais ?

La France est devenue le premier pays à inscrire le droit à l'interruption volontaire de grossesse dans la Constitution lors d'une séance exceptionnelle où les députés et les sénateurs ont été rassemblés en Congrès.
780 parlementaires ont voté en faveur, dont les députés réunionnais Frédéric Maillot, Philippe Naillet, Jean-Hugues Ratenon, Karine Lebon et Perceval Gaillard, ainsi que les sénateurs réunionnais Stéphane Fouassin, Audrey Belim et Evelyne Corbière,
Sur les 902 votants, 50 ont choisi de s'abstenir dont la sénatrice réunionnaise Viviane Malet.
Enfin, 72 parlementaires ont voté contre dont la députée réunionnaise Nathalie Bassire.
Les réactions des élus réunionnais
Stéphane Fouassin :
Stéphane Fouassin, sénateur de La Réunion se dit heureux de l’aboutissement de ce vote en faveur de la constitutionalisation de l’IVG.
“Par la réunion de ce congrès nous sanctuarisons l'IVG dans le marbre de notre république.
Nous venons d'inscrire un événement majeur de l'histoire, la France devient un phare dans la nuit de l'obscurantisme. Et nous devons être l'exemple mondial pour entraîner dans notre sillage d'autres nations.
La Patrie des droits de l'homme nous devenons aussi la patrie des femmes avec un grand F !
Et j'associe Mme Simone Veil à ma satisfaction d'avoir voté favorablement .
Liberté, Égalité, Sororité, Fraternité ! ”
Audrey Belim :
Fierté et honneur d’inscrire la liberté de recourir à l’IVG dans la Constitution
C’est un immense honneur et une grande fierté d’avoir voté aujourd’hui, lors de la réunion du Congrès à Versailles, pour l’inscription de la liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans notre Constitution.
Face aux menaces de demain, il est essentiel de pouvoir inscrire la liberté de recourir à l’IVG dans notre norme fondamentale. Qui peut être sûr que demain cette liberté ne sera pas attaquée dans notre pays comme elle l’est aux Etats-Unis, en Pologne ou en Espagne ?
La France envoie aujourd’hui un formidable message aux femmes du monde entier : oui, le droit de disposer de votre corps est un droit qui nous semble essentiel ! Si essentiel que nous l’inscrivons dans notre Constitution.
En tant que femme, en tant que mère, en tant que sénatrice de la République, je suis heureuse que nous choisissions collectivement de protéger au plus haut niveau juridique possible cette liberté : la liberté pour les femmes de choisir leur vie !
Jean-Hugues Ratenon, Perceval Gaillard :
"Ce 04 mars est un jour historique
49 ans après le vote de la loi de Simone Veil autorisant l’IVG en France, les Parlementaires réunis en Congrès au château de Versailles aujourd’hui, ont voté à une très large majorité, 780 voix pour sur 852 votants, pour l’inscription de l’IVG dans la Constitution Française, le texte suprême de notre République.
Un texte porté à l’origine par Mathilde Panot, Présidente du groupe LFI à l’Assemblée Nationale dont nous avons été cosignataires et largement adopté par les députés en novembre dernier.
Alors que dans certains pays ce droit pour les femmes a été remis en cause ou est fortement menacé, la France vient de lancer un message fort au monde entier : les femmes ont le droit de disposer de leur corps comme elles l'entendent.
Nous pouvons être fiers de cet acte qui fait de notre pays le premier au monde à inscrire ce droit dans sa Constitution.
Il intervient aussi à quelques jours du 08 mars : journée internationale des droits des femmes dont le thème cette année est : « investir en faveur des femmes : accélérer le rythme ». Des combats sont encore à mener pour l'accès réel à l'IVG sur tout le territoire, l’égalité professionnelle et salariale, la parité dans la place accordée aux femmes à tous les niveaux de responsabilité, contre les violences faites aux femmes.
Comme en 1975, comme en 2024 : nous gagnerons ces combats par la lutte."
Cyrille Melchior, président du Conseil départemental :
"Quarante-neuf ans après son autorisation en France par la "loi Veil" du 17 janvier 1975, l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est aujourd'hui gravée dans la Constitution. C'est avec une large majorité de 780 voix favorables – contre 72 - que nos Parlementaires réunis en Congrès à Versailles le 4 mars 2024 ont adopté la révision constitutionnelle y afférente.
Cet événement mémorable s'inscrit désormais dans l'histoire des Droits des Femmes que nous célébrerons dans quelques jours. Cette étape cruciale que nous avons franchie aujourd'hui ne relève pas du hasard, c'est le fruit de longues années de luttes menées par les militant(e)s de la Liberté, aussi bien à l'échelle nationale et internationale qu'au niveau local.
Je tiens à saluer aujourd'hui la ténacité et la persévérance de ces hommes et ces femmes courage qui, avant et après Simone Veil, ont continué à lutter pour une meilleure reconnaissance du droit des femmes à disposer de leur corps et à maîtriser leur fécondité.
La constitutionnalisation de l'IVG est une étape majeure et décisive dans un long combat qui est loin d'être gagné. L'évènement dont nous sommes les témoins aujourd'hui porte l'espérance d'un changement profond et durable des mentalités, des habitudes, et des actes, pour l'égalité et la parité, et pour une société plus juste qui reconnaisse pleinement la place et la valeur des femmes".


