Des mots et des maux
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Par Jean Dornac
L’information importante de ce début d’année est sans nul doute ce qui vient de se passer en Tunisie. Voilà un peuple qui n’en pouvait plus de la misère, du chômage, de la faim et de la répression exercée par le pouvoir de Ben Ali, voilà un peuple qui vient de réussir à chasser le dictateur de son poste. À mon sens, un peuple qui réussit une telle entreprise, est toujours un grand peuple, n’en déplaise à ceux qui méprisent les peuples arabes.
Je crois qu’il y a deux enseignements majeurs à retenir. Le premier est un avertissement à tous les dirigeants de la terre. Beaucoup, sous la pression de la finance délirante qui régit le monde d’aujourd’hui, mènent leurs peuples vers la misère, qu’il s’agisse des jeunes ou des vieux et, de plus en plus, par le chômage, les âges intermédiaires également. Alors, en tenant compte de ce qui vient de se passer en Tunisie, il faut qu’ils sachent, ces dirigeants, que passé un certain seuil de misère et de mépris, tous les peuples sont capables de se révolter et de chasser les profiteurs.
Le deuxième enseignement s’adresse à tous les citoyens de la planète. Il signifie que nous ne devons pas nous laisser faire par les dictateurs ou les élus qui n’ont que faire de l’opinion des peuples. Les Tunisiens viennent de nous montrer qu’on peut, si la volonté et le courage sont présents, renverser ceux qui se servent eux-mêmes, qui servent leurs proches, ou servent les amis déjà riches.
Je veux dire mon admiration pour le peuple tunisien. Je n’ignore pas, cependant, que les révolutions adorent dévorer ceux qui les ont servies. C’est un fait d’histoire pratiquement constant. Trop souvent, d’autres dictatures remplacent celles qui viennent d’être déchues. Je forme mes vœux les plus forts pour que ce ne soit pas le cas en Tunisie.
Dernière chose : Nous avons pu constater à quel point il ne faut pas faire confiance à nos gouvernants, en France. Mme Alliot-Marie, en début de semaine, voulait envoyer des gendarmes pour "apprendre" aux forces tunisiennes à mater les révoltés, donc, dans les faits, à soutenir et à pérenniser le pouvoir de Ben Ali. Mais dès que la défaite du dictateur a été évidente, retournement de veste au point de ne pas vouloir accueillir sur notre territoire cet ancien "ami". Avez-vous confiance en un tel pouvoir ? Moi, non !


