Tentative d'assassinat entre mineurs : Le courage de Morgane

Après presque deux ans d'attente, le procès de l'affaire Morgane a enfin débuté ce lundi 5 février. Trois mineurs se retrouvent sur le banc des accusés, dont l'un est poursuivi pour tentative de meurtre avec préméditation, tandis que les autres sont mis en cause pour non-assistance à personne en danger.
C'est la première fois que le Tribunal pour enfants (TPE) de Saint-Pierre doit juger une affaire criminelle. Les accusés ne sont pas jugés aux Assises pour mineurs puisqu'ils avaient moins de 16 ans au moment des faits. Un procès qui se déroule sur trois jours comme un procès d'Assises, sauf qu'aucun jury populaire n'est présent.
La première journée du procès se porte sur le fond de l'affaire avec des prises de parole des enquêteurs, des témoins, des experts psychiatriques et des accusés. La deuxième journée sera tournée vers la personnalité de Jérôme*, le principal mis en cause, tandis que les plaidoiries des avocats seront au programme de l'ultime journée.
Morgane exemplaire de courage
L'une des questions qui entourait ce procès était la présence ou non de la partie civile. Finalement, Morgane s'est bien présentée au palais de justice, accompagnée de ses parents et de son avocat Me Norman Omarjee.
La première surprise est le miracle réalisé par les chirurgiens qui l'ont opérée. Son visage ne laisse plus voir l'horreur subie.
Malgré des pleurs avant le début du procès, ses sourires laissent espérer qu'elle pourra se relever psychologiquement de cette épreuve.
Un témoignage qui valide la préméditation ?
Durant l'enquête, des dizaines de personnes proches des suspects ont été interrogées, mais seuls cinq témoins ont été assignés à comparaître.
Parmi eux se trouve Sandra*, qui était dans la classe de Julien. Durant toute l'année, l'accusé avait harcelé la jeune fille.
L'adolescent la suivait à la sortie de l'école jusqu'à chez elle, la demandait en contact tous les jours sur les réseaux sociaux malgré les refus et était même resté dans la salle lors du brevet blanc à la fixer alors qu'il avait terminé son examen.
Sandra et sa mère s'étaient plaints auprès du collège, mais n'avaient eu droit en retour qu'à un "il est juste amoureux de toi". Sa mère avait tout de même obtenu qu'elle soit changée de classe.
Mais la raison pour laquelle elle était convoquée pour témoigner, c'est parce que Lucas*, l'un des accusés, l'avait invitée deux jours plus tôt à venir passer l'après-midi avec eux le jour des faits. Comme elle savait que Jérôme allait être présent, elle a refusé l'invitation... ce qui l'a peut-être sauvée. Malgré la peur, Sandra a eu le courage de venir témoigner.
Il reste deux jours de procès. Jérôme, qui a gardé la même attitude que lors de ses auditions, encourt une peine de 20 ans de prison. Lucas et Thomas* risquent 2 ans et demi de prison. Néanmoins, le dernier pourrait voir les charges contre lui transformées en non-dénonciation de crime, ce qui abaisse la peine maximale encourue à 18 mois de prison.
*Prénoms d'emprunt


