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Du pouvoir "désintégrateur" de l'école

Ecrit par zinfos974 – le lundi 22 novembre 2010 à 12H45

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L'école de la République est censée donner à nos jeunes des armes pour affronter le monde professionnel. En plus d'en faire des gens aptes à intégrer le monde du travail, l'école doit aussi en faire des femmes et des hommes mures et matures.
C'étaient là, parmi d'autres, les objectifs principaux lors du vote des lois Ferry en 1884.

Malheureusement, l'école n'a pas su, ou pu, s'adapter, aux contraintes et aux nouveaux aspects de la société, et trouver des solutions. Aujourd'hui, l'ascenseur social ne fonctionne plus, et l'école est devenue un des principaux vecteurs d'exclusion de nos sociétés. Elle ne remplit plus son rôle d'intégration. Comment et pourquoi en est-on arrivé là?

Une des raisons est à trouver dans l'évolution de la société elle même. Étant devenu matérialiste avant tout, elle ne produit plus que des "monstres" avides de gains.
Comme on ne juge la personne qu'au regard de son salaire, de sa maison, ou de sa voiture, pour être bien vu, il faut donc avoir un trés bon salaire.

L'école participe de tout cela. Depuis des années, les sciences dures ont supplanté les sciences humaines et les domaines où la sensibilité humaine serait le plus important ( les arts, le sport etc...).
Cela se retrouve d'ailleurs dans la valorisation et le prestige des sections scientifiques au détriment des littéraires et artistiques.
Il faut être dans ce moule pour réussir sa vie professionnelle.

Les problèmes inhérents à ce système sont de tous ordres: L'un d'entre eux concerne ceux qui sont effectivement dans ce schéma. Ils réussissent à sortir du système scolaire avec un diplôme prestigieux et trouvent généralement de bons emplois. Malheureusement, comme ils sont les purs produits du matérialisme ambiant, ils perpétuent le système dans une sorte de cercle vicieux. De fait, ils viennent grossir le contingent de ceux qui jugent l'autre uniquement à l'aune de sa richesse. En faisant cela, consciemment ou pas, ils renforcent le matérialisme et l'individualisme de la société. C'est une dérive vers le système anglo-saxon de pensée, où on vénère à nulle autre égal la réussite individuelle.

Malheureusement, ces personnes se renferment sur elles-mêmes dans une espèce de ghettoïsation de la classe bourgeoise (celle la même qui était, auparavant, à la base de toutes les luttes pour la liberté et l'égalité!). Et ce repli, presque communautaire, se retrouve dans ce rejet de ceux qui sont au bord du chemin, des plus pauvres, des plus démunis, mais aussi dans l'admiration pour celui qui est au sommet. Dans une société, quel qu'elle soit, lorsque les héros deviennent les capitaines d'industrie et les chefs d'entreprises, alors, on a du soucis à se faire.

L'école participe à ce mouvement en étant le vrai catalyseur de ce phénomène. Elle créée des monstres matérialistes et individualistes, mais, elle détruit aussi leur sensibilité d'être humain. dans cette première optique, on se retrouve avec des gens immatures, avec énormément de richesses; et qui sont très injustes et intolérants avec les gens qu'ils jugent inférieurs à eux.

Une autre optique qui permet de montrer le pouvoir déstructurant de l'école concerne tous les exclus du système.
Trop souvent, on est confronté à des jeunes sortis du système éducatif sans aucune formation ou diplôme. Il est de bon ton pour le reste de la société de les regarder de haut. Où même de faire comme si ils n'existaient pas.
A-t-on seulement conscience que ces gens sont directement victimes de nos choix? Une société n'existe que par ce que nous en faisons. En choisissant de glorifier le profit personnel, nous avons construit une société à plusieurs vitesses. Ceux qui y sont adaptés, ceux qui galèrent mais y arrivent, et enfin les exclus. L'école est la principale responsable à mes yeux.

En privilégiant les matières scientifiques, elle veut détruire la capacité de rêve de l'être humain, en oubliant que cela a toujours été le moteur des grandes découvertes. Elle veut aussi uniformiser les gens. De cette façon, elle détruit toute sensibilité chez nos enfants. Ceux qui réussissent à en prendre leur parti s'en sortent. Les autres non.

Et on arrive à une définition de ceux que l'on traite de "cancres". Les jeunes ne sont pas faits pour ce système éducatif, qui n'est plus du tout adapté. Bientôt, les mauvaises notes s'enchainent. Puis, les mauvais choix d'orientation. En fin de course, on en arrive à une exclusion pure et simple. Et le jeune devient alors un poids pour notre société. Il va alors vivre des aides et de menus larcins. D'où cette réflexion sur le pouvoir "dés"intégrateur" de l'école. Quel enfant, quand il entre à l'école, n'a pas envie d'avoir de bonnes notes? Quel enfant, un peu plus âgé, n'a pas envie de réussir? On peut appliquer ici la célèbre maxime du bon sauvage. En effet, l'élevé est naturellement motivé, mais l'école le corrompt et le détruit. Il y a une sélection qui s'y fait depuis tout petit. Dans les petites classes, il y a une mise en compétitions de nos enfants. Et ceux et celles qui ne sont pas prêts à supporter cette pression se retrouve, dés le départ, mis à l'écart. Il est très difficile après de corriger cela.

L'élève mis à l'index se décourage très vite. Et on se retrouve alors dans le schéma décrit ci dessus. C'est en cela que l'école, aujourd'hui, a un formidable pouvoir déstructurant, désociabilisant, auquel, je préfère le terme "dés"intégrateur".
En créant des monstres, pour qui , seul la réussite individuelle et personnelle, compte; ou en créant des exclus, des marginaux, l'école de la République ne remplit plus son rôle. Et il devient urgent de la réformer.

Les pistes sont nombreuses. Elles partent d'un rééquilibrage entre sciences dures et matiéres littéraires et artistiques. Une autre piste consisterait à réserver les après midi aux arts et aux sports.
Il faudrait aussi casser le phénomène qui consiste à donner plus de valeur, plus de prestige à certain diplôme. Aussi pourquoi pas imaginer un diplôme unique de fin d'études avec des spécialités différentes, avec un socle commun de connaissances et des options choisies par l'élève, ou l'étudiant, en fonction de sa sensibilité, et des ses aspirations.
Ce serait alors une remise à plat complet du système. Et la fin de l'hégémonie du baccalauréat scientifique. De cette façon, l'école retrouverait peut être sa raison d'être; et recommencerait à intégrer plutôt qu'à "des"intégrer".

BERTIL Bertrand Reshad

 

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