Sentier la Vie dans les pas de Mémé
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Quand les mots se refusent, quand ils fuient au lieu de se laisser conter, par kel boute trappe aou ? Kisa y pé prétendre connaître… ? Toi p’tite femme mille couleurs.
Quand les Mots se bousculent, quand gronde tout au fond de mes entrailles à la vision des plans machiavéliques, le bâclage de ton dernier hommage alors que tu rêvais d’une messe grandiose.
Quand ce curé venu de l’ouest pris la place à l’autel en cet Église de quartier Français pour des prédications de pacotille.
Quand à ces chants vides d’affection sans aucune vibration, ils n’ont jamais pu faire monter une once de sentiments en ce lieu sacré, pas un "si la mer se déchaîne", aucun chant adressé à Marie, ce qui aurait été de circonstance pour une personne de son âge…
Quand on savait que nous étions là et que j’avais proposé que des membres de la famille dont certains déposent chaque dimanche leurs tripes en l’honneur du Seigneur, prennent part avec leur cœur, leur amour, leur âme…
Quand un déroulement expéditif, exécuté par un curé qui semblait n’être préoccupé que par la fin de la cérémonie, peut-être qu’il craignait la fermeture de la route du littoral.
Quand ce maître de cérémonie à fait tancer un Psaume et en à couper un autre
Quand sous l’habit du sacré, le malin semble avoir pris la place, que les larmes du Christ doivent être amères !
Quand on musèle les sentiments et qu’à aucun des tiens on a demandé de porter témoignage…
Alors Laisse-moi Mémé, puisque ton seul testament est la part laissée en chacun de nous, simplement de dire
Quand au crépuscule de ta vie, où nous laissons une parcelle de la nôtre, j’ai entendu remonter sur les sentiers bien tracés, les souvenirs ; d’une main que tu as tendu, d’un soutien que tu as apporté, d’une entrave que tu as dompté, de l’espoir que tu as su rallumer au plus profonds de nos âmes.
Puisque la tienne à rejoint dans son jardin le maître des mondes et des non monde, qu’il te garde à ses côtes à la douceur des frangipaniers, oh toi femme venue d’horizons multiples.
Moi qui ai eu l’honneur de marcher dans tes pas sur cette route que tu as su rendre lumineuse dans les parfums des mondes au lever ou coucher du soleil. Je puis témoigner qu’une part de toi continuera à couler dans nos veines comme ces fleuves qu’ils soient du Jourdain, du Nil ou du Gange.
La mémoire sé in fléve i tari zamais
Doulér la perte va p’têtes koul en silence
Mais dan fon li va ravaze toujours ti galé
Pid’ dousér sicrodoz pou apéze la soufrans
Toute ou’t ker la fin’ sec, larme lo zié trop koulé
La mémoire sé in source pou li même
Vé fé croire lo contraire, mais moins mi koné
Ek lo tan ou va sante toute ou’t peine
Kom un fam ropéenne un prière pou la vierge
Dé genoux pose àtèr pou somin la limière
Kom in fam rénionaize pou rogarde l’horizon
Pou saye oir dan kel bord ou té hier
Kom in fam africaine, ton kalou en danseuse
Ou va sante ou’te chagrin ou va pense ou’te zentraille
Kom in fam kalkita ou va pri ou’t bondié
Ou va suie lampe do l ‘huile, pou ralime ou’te ker vide
La mémoire sé in fléve en kri
Li même pou noye noute somin si terre là
Li même pou engraisse la terre là
Pou ti germe la vie y arpouse pli zoli
Fé croire, laisse croire, mais pas ek moins
Mémoire kom in pacte écris si parchemin
Kom in laliance ek doulér la vie
Mémoire kom in blésir bal fisi.
Mémoire kom in force dans ton zié
Pou sat la pas koni, Kom si l’écran en koulér
Ou la pou fé vive en l ‘émotion ou’te garson à zamais
Mais koman ou fé, ek tan’ passage pou propaze so l’amour
Mais kisa ou lé don, pou kapab fé samblan
Pou gaigne donne l’impression
Malgré bitation, malgré maison gros blanc
Mémoire kom in koplase si la vie,
kom in victoire si l’oublie.
Et quand le doute s’emparera de nous, nous saurons nous adresser avec foi et ferveur, dans un temple, sur le bord d’une rivière, d’un océan, ou aux chutes d’une cascade et en ce qui me concerne ce sera dans les odeurs camphrés d’un lieu sacré.
Marius Patchiapin


