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Légalité des titularisations à St-Louis : "L'arroseur arrosé"

Rémy Bourgogne, secrétaire général du Mouvement Réunionnais, réagit à la décision de la Cour administrative de Bordeaux ayant conclu à la légalité des titularisations à Saint-Louis.
Ecrit par Marine Abat – le mercredi 31 mai 2023 à 08H39

Le communiqué :

Je suis conscient de la piété de Mme la Maire, une fervente chrétienne. Cependant, en tant que telle, elle devrait reconsidérer les fondements des sept péchés capitaux, en particulier l'orgueil ! Parmi ces sept péchés, la doctrine chrétienne considère l'orgueil comme le plus important, le plus grave de tous, car ce sentiment de supériorité pousse celui ou celle qui en est atteint à se placer au-dessus des autres, et ultimement à s'élever au-dessus de Dieu.

En s'empressant de saisir les tribunaux dès son accession aux responsabilités, elle a confondu vitesse et précipitation. Sa rancœur envers ceux et en particulier envers celui qui lui a permis d'accéder au monde politique l'a incitée à se comporter comme une jeune stagiaire zélée de première année à Science Po…

Il était évident que les tribunaux ne remettraient pas en question ces titularisations. La première raison en est que le Docteur Malet n'était pas en lice pour sa succession, et par conséquent, il n'avait aucun intérêt politique à entériner ces titularisations.

La seconde raison réside dans le fait que ces embauches avaient été réalisées dans les règles de l'art. Il aurait été souhaitable que Madame la Maire et son équipe prennent le temps de la réflexion et approfondissent l'étude du dossier, ce qu'ils ont malheureusement omis de faire. Les contribuables de Saint-Louis et de Rivière se retrouveront ainsi contraints d'assumer la facture de leur amateurisme !

Enfin, « l'arroseur est arrosé », il est inconcevable d'acclamer avec ferveur une décision de justice lorsque celle-ci va dans notre sens, pour ensuite critiquer cette même justice lorsque ses verdicts ne nous satisfont pas.

En 2020, j'avais déposé plainte contre Mme M'Doihoma, car je considérais que la distribution de milliers de colis avait pu influencer les électeurs dans leur vote. Le tribunal administratif puis le Conseil d'État avaient estimé que nous étions en période exceptionnelle, celle du Covid. Ils avaient alors accordé une certaine marge de manœuvre aux politiques pour prendre des initiatives en faveur de la population. Pendant trois mois, Mme D'Doihoma et son équipe ont parcouru le territoire, distribuant des colis, sans que les tribunaux ne trouvent à y redire.
 
La situation est la même ici : "il ne résulte d'aucun principe ni d'aucune disposition législative ou règlementaire que la compétence du maire serait limitée à l'expédition des affaires courantes pendant la période correspondant à l'entre-deux-tours d'une élection municipale, d'autant que celle de 2020 a été prolongée jusqu'au 28 juin 2020 à la suite de la loi du 32 mars 2020 d'urgence pour faire face à l'épidémie de Covid-19", énoncé la Cour dans une des décisions. »

Rémy Bourgogne
Enseignant et Secrétaire Général du Mouvement Réunionnais 

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