Vidéo - Bus, TCSP, transports guidés et/ou câblés : La Région lance une grande consultation citoyenne sur les mobilités

30 km de congestion et 3h d'embouteillages quotidiens
"En moyenne, chaque jour, ce sont 30 kilomètres de congestion qui sont relevés à La Réunion, soit une moyenne de 3h d'embouteillages. Aucun territoire de l'île n'est épargné par ces difficultés. En 20 ans, le parc automobile a doublé pour atteindre 475.000 véhicules et les projections disent même 580.000 véhicules en circulation d'ici 2035 (...) Nul ne peut se satisfaire de cette situation", a rappelé Huguette Bello.
Un réseau routier déjà saturé, en raison notamment de la trop forte part accordée encore par les Réunionnais à la voiture pour effectuer leurs déplacements domicile-travail (81%), contre 15% pour les modes actifs (marche, vélo) et seulement 4% pour les transports en commun.
D'où la nouvelle méthode promue par la collectivité régionale pour agir et lutter contre ce coma circulatoire à travers le lancement de ces États généraux des mobilités, en partenariat avec l'ensemble des intercommunalités (Cinor, TCO, Cirest, Casud et Civis, mais aussi le Département), également autorités organisatrices de transports. Appuyée dans sa démarche par le Syndicat mixte des transports de La Réunion (SMTR), la Région veut proposer des solutions concrètes et reposant sur trois piliers. "Ce n'est pas une consultation où on vient avec un projet pour le proposer à la population réunionnaise. C'est à cette dernière de nous faire des propositions afin de construire le projet avec eux. Le but est que ce projet soit accepté par tous", précise Patrice Boulevart, vice-président de la Région en charge de la mobilité, également président du SMTR.
Le premier pilier concerne un "changement de dimension" en engageant une consultation à l'échelle régionale afin d'assurer une vision globale et coordonnée des besoins et des priorités. Second pilier, la mobilisation de toutes les collectivités compétentes en matière de mobilité pour aboutir à une feuille de route partagée. Enfin, la volonté d'associer la population dans cette démarche de concertation via la création d'une "Assemblée citoyenne des mobilités", avec l'appui méthodologique de la Commission nationale du débat public (CNDP). Une Assemblée qui regroupera des représentants des collectivités et de l'État mais aussi des associations, des citoyens volontaires ou tirés au sort.
Ces États généraux des mobilités seront répartis en deux temps. Le premier sera consacré à la grande consultation régionale qui se déroulera du 9 mai au 23 juillet afin de faire le point sur les besoins, les attentes et priorités de chaque territoire. C'est durant ce laps de temps que sera également constituée la fameuse Assemblée citoyenne des mobilités. Interviendra ensuite la deuxième étape de ces États généraux, à compter d'octobre prochain. L'Assemblée citoyenne soumettra des propositions à la collectivité régionale et ses partenaires, pour une restitution finale attendue pour décembre 2023. Début 2024, ce sera au tour de la Région et de ses partenaires de donner leur avis sur les propositions faites par l'Assemblée citoyenne.
Des réunions publiques seront programmées jusqu'à la fin de l'année dans chaque micro-région. Pour participer à ces États généraux de la mobilité, la Région a par ailleurs lancé le site www.consultation-mobilites.re, qui regroupe toute l'information et l'actualité concernant ces États généraux de la mobilité. Le public pourra par exemple répondre à un questionnaire, partager son avis, réagir à une proposition, poser une question et même voir en temps réel la localisation des propositions via une carte interactive.
Patrice Selly, président de la Cirest : "On voit très bien que le tout-voiture ne fonctionne plus, on est face à un coma circulatoire comme cela a été répété à plusieurs reprises. Il nous faudra être innovant et trouver des solutions de transport en mode doux comme le vélo ou un transport ferroviaire. Aujourd'hui la Cirest a entrepris des travaux importants en matière de TCSP (transport collectif en site propre, ndlr) à Saint-André, Bras-Panon, et depuis peu à Saint-Benoit. Pour l'avenir, il faudra réfléchir à la possibilité de déployer sur le territoire de la Cirest des vélos, qu'ils soient électriques ou pas, mais aussi envisager un partenariat plus important avec la Cinor pour la réalisation d'un TCSP qui irait de Saint-Benoit à Saint-Denis."
Emmanuel Séraphin, président du TCO : "Chaque territoire a ses propres spécificités mais c'est important que ce soit un travail collectif et que chaque Réunionnais donne son avis. Plus le Réunionnais s'implique et plus ça obligera le politique à tenir les engagements. On a vu que le projet Tram-Train qui a été supprimé aurait pu être livré en 2019 et c'est essentiel pour La Réunion. Au TCO, une réflexion est lancée concernant la mise en place d'un transport câblé entre la gare de Saint-Paul jusqu'à Plateau-Caillou/St-Gilles les Hauts mais on a vu avec la Cinor, c'est entre 16 et 18 millions d'euros le kilomètre. C'est important que tout le monde participe pour faire diminuer cette pression de la voiture ici à La Réunion."


