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La commune de Cilaos laisse mourir un terrain en or sur la côte ouest

Une verrue. C’est le mot qui vient à l’esprit des plagistes qui fréquentent la plage de la ravine Trois roches à la Saline-les-Bains. En face du lagon, le centre de vacances de la commune de Cilaos fait peine à voir. Il n’a plus vu un chat depuis plus de vingt ans et c’est bien parti pour durer.
Ecrit par Ludovic Grondin – le lundi 26 décembre 2022 à 14H29

Que font les collectivités locales des biens publics ? Il y a incontestablement des réussites mais il y a aussi quelques immenses gâchis. Le site du centre de vacances à la Saline-les-Bains entre résolument dans cette deuxième catégorie.

La ville de Cilaos bénéficie d’une emprise foncière de premier choix du côté de la côte ouest, les pieds dans l’eau à la Saline-les-Bains, à deux pas de l’autre centre de vacances Jacques Tessier de la ville de Saint-Denis. 

Le centre de vacances de la commune de Cilaos fait quant à lui peine à voir. A l’abandon, le site n’a plus accueilli de public depuis 2001, date à laquelle un arrêté municipal a été pris à la suite d’un état des lieux déclarant l’urgente nécessité de boucler le site tellement il ne répondait plus aux normes de sécurité. 

2001 - 2022, quasiment rien ne s’est passé sur un site qui vaut pourtant de l’or. Quelques velléités de lui redonner vie ont eu lieu. Notons par exemple les 300.000 euros accordés par la Caisse d’allocations familiales de La Réunion pour effectuer des réparations sur le bâti. 

Par la suite, la Semader a planché sur le dossier pour tenter d’offrir au centre une seconde vie. Là aussi, cette perspective n’a débouché sur rien de concret. 

L’Etat devrait reprendre son foncier

Il faut dire que la mairie de Cilaos se trouve face à un dilemme. D’une part, en tant que ville rurale avec de maigres recettes municipales, son budget est d’abord tourné vers les affaires courantes et urgentes. D’autre part, cette emprise foncière de 8300 m2 à la Saline-les-Bains appartient à l’Etat. La commune occupe les lieux en tant que détentrice d’un bail emphytéotique de 50 ans. Ce bail a commencé en 1977 et s’achève donc dans quatre ans. 

Il y a quelques années, l’Etat avait déjà commencé à faire jouer son droit de regard en disant à la commune qu’il reprendrait le site si rien n’était fait d’ici là. Tous les acteurs ont aujourd’hui la certitude qu’on en prend résolument le chemin à quelques encablures de l’échéance, en 2027.

Pour l’anecdote, en 1977, la commune alors dirigée par Irénée Accot avait pris possession de ce terrain très bien placé avant même de signer son bail. 

Aujourd’hui, la présence de la collectivité territoriale ne se matérialise que par la présence d’un agent communal à demeure, en tant que gardien d’un site fantôme. Seule exception peut-être, il y a un peu plus d’un an, le décor avait servi de lieu de tournage à la série télévisée OPJ pour quelques séquences.

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