Les natifs de La Réunion ont de plus en plus de postes de cadre

La population née à La Réunion voit son taux de chômage chuter (-12%) et sa présence aux postes de cadres et professions intermédiaires connaître un véritable boom et plus que doubler. Les natifs de l'île agriculteurs, artisans et commerçants représentent un pourcentage inférieur à ce qu'il était il y a 30 ans (-32%). Les ouvriers et les employés de même (-7%).
Les habitants nés dans l'Hexagone voient leur taux de chômage augmenter entre 1990 et 2018. Une baisse de leur représentativité est observée chez les cadres, professions intermédiaires (-14%). La population née à Mayotte et dans les pays proches voit une chute dans toutes les catégories socio-professionnelles, leur taux de chômage augmente.
L'INSEE note que L’amélioration de l’accès à l’emploi des natifs de l’île tient à la forte élévation de leur niveau de formation : en 2018, 60% des personnes natives de l’île sorties du système scolaire détiennent un diplôme qualifiant contre 17 % en 1990. L'institut ajoute que la part de diplômés de l’enseignement supérieur est multipliée par cinq sur la période, passant de 3 % à 17 %. C'est ce qui explique le doublement de natifs travailleurs cadres et professions intermédiaires.
L'INSEE rappelle que le taux d’emploi des natifs reste cependant nettement inférieur à celui des natifs de l’Hexagone qui vivent à La Réunion : 65 % en 2018, à un niveau semblable à celui de 1990. Les natifs de l’Hexagone résidant à La Réunion ont un niveau de diplôme plus élevé encore – en 2018, 89 % des 15-64 ans nés dans l’Hexagone détiennent un diplôme qualifiant –, et en hausse par rapport à 1990 (76 %). Ils occupent plus souvent que les autres populations des emplois de cadre ou de profession intermédiaire, même si la part d’actifs natifs de l’Hexagone qui sont sur ce type d’emploi est moins élevée qu’en 1990.
L'accès à l'emploi devient plus difficile pour les natifs de la zone océan Indien, ce qui s'explique par un niveau de qualification moins élevé, détaille l'INSEE. En 2018, seules 30 % des personnes de 15 à 64 ans nées dans la zone OI occupent un emploi, contre 46 % en moyenne régionale. En effet, elles ont un niveau de formation plus faible que le reste de la population.
L'INSEE précise que la baisse de l’accès de cette population à l’emploi est due notamment à sa recomposition au cours des 30 dernières années : elle comprend davantage de personnes nées à Mayotte et aux Comores, qui sont rarement en emploi (respectivement 12 % et 20 %). En comparaison, les natifs de Madagascar (36 %) ou de Maurice (39 %) occupent plus souvent un emploi. Le faible niveau de formation des populations natives de la zone OI constitue un frein à l'accès au marché du travail, dans un contexte où les emplois qualifiés augmentent au détriment des emplois non qualifiés.


