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N’est-il pas temps de revoir notre consommation de riz ?

Le risque de pénurie qui plane sur le riz pourrait être l’occasion pour les Réunionnais de revenir sur une alimentation plus saine et plus équilibrée.
Ecrit par zinfos974 – le lundi 17 octobre 2022 à 10H03

Les dégâts climatiques survenus en Asie ces derniers mois risquent d’impacter directement les Réunionnais d’ici 2023. Le riz, aliment de base de la cuisine locale, est menacé de pénurie. À l’instar de l’huile en avril dernier, dont les stocks se sont écoulés dès l’annonce d’un risque de pénurie, provoquant la cohue, la menace qui plane sur le riz pourrait participer à une transition alimentaire locale.

“Revoir notre base de féculents”

Les Réunionnais consomment en moyenne 50 kg de riz par an et par personne (Chiffres Insee 2017). Un chiffre en recul entre 2011 et 2017, mais qui reste beaucoup plus élevé que dans l'Hexagone. 

Une consommation de riz blanc en très grande quantité est associée au risque de développer un diabète. Difficile de changer les habitudes alimentaires, pourtant, l’île dispose de nombreuses alternatives au riz qui se sont perdues au fil du temps : “Il faut revoir notre base de féculents, revenir sur ce qui a été fait par les générations précédentes et partir sur des tubercules du type manioc, songe, cambarre, patate douce, fruits à pain. Les racines et les légumes d'antan se perdent trop, alors qu’ils étaient très adaptés. (...) Il va falloir à un moment donné revenir et recommencer à planter toutes ces racines qui vont nous apporter de bons nutriments”, prône la diététicienne nutritionniste Lorraine Caro.

 

​Un riz complet peï

En parallèle d’un grand nombre de fruits et légumes d'antan à remettre dans les marmites, un riz complet se cultive depuis 2019 à La Réunion.

“On ne peut pas concurrencer le riz asiatique”, annonce d’emblée le vice-président de la Chambre d’Agriculture, Bruno Robert, avant de poursuivre que “le riz n’a pas la même capacité de résistance que la canne face aux aléas climatiques, pas le même pouvoir anti-érosif. (...) mais c’est l’un des plus gros enjeux”. Un projet soutenu par la Chambre verte, la Région, le Département, LEADER, le TCO, et l’Armeflhor.

Jean-Pierrot Pausé a fait le pari de ce riz péi Dourado, un riz pluvial qu’il cultive sur son exploitation de La Bretagne : “Le Réunionnais, li aime son riz. Si n’a un petit riz péi, pou li, lé très important. Lé gens y peu venir voir comment y plante, comment y récolte, c’est un riz n’a point de pesticide rien”, se félicite-t-il. À travers l’association Riziculteurs 974, Jean-Pierrot et d’autres agriculteurs locaux partagent les semences pour rendre ce riz péi accessible au plus grand nombre.

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