Le billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab : "Le bal des faux-culs"

Mais où étaient-elles ces belles âmes le 2 décembre 2010 lorsque la Fédération Internationale de Football, de magouilles en coups tordus, a validé une candidature surréaliste ? Ont-elles dénoncé la corruption de certains membres de la FIFA ? Se sont-elles insurgé quand la presse a révélé un dîner à l’Élysée où, autour de la table, on retrouvait Nicolas Sarkozy, président de la République en exercice, Michel Platini, patron de l’UEFA mais qui ambitionnait de prendre la direction de la FIFA, et le prince héritier Tamim ben Hamad al Thani, aujourd’hui émir du Qatar ?
Je n’ai pas souvenir de leur indignation.
Il est vrai que le Qatar est un spécialiste en matière de soft power sportif. N’a-t-il pas réussi l’exploit d’organiser en 2015 le Championnat du monde de hand-ball et d’aligner une équipe composé majoritairement de joueurs étrangers (français, bosniens, égyptiens, espagnols, etc.) naturalisés qataris à la vitesse d’Usain Bolt en finale du 100 mètres.
Et cerise sur la corne de gazelle, cette équipe est arrivée jusqu’en finale, battue seulement par l’équipe de France.
Que le Qatar, fort de sa puissance financière, utilise le sport comme levier de reconnaissance internationale, c’est de bonne guerre. Un PSG par-ci, une coupe du monde par là… C’est très habile ! D’ailleurs le voisin saoudien (avec qui les relations ne sont pas au beau fixe) l’a bien compris puis qu’il a obtenu l’organisation des jeux asiatiques… (interdit de rire) d’hiver en 2029. C’est vrai que si vous avez envie de faire du ski de fond ou de la luge, vous pensez immédiatement à l’Arabie Saoudite.
Donc je disais que la Qatar manœuvre avec finesse, intelligence, roublardise. Et comme il a les moyens de mettre de l’huile dans les rouages, tout passe.
Ce qui passe moins bien, ce sont tous ces m’as-tu-vu de l’indignation sélective et surtout tardive, avec leur éthique en bandoulière et leur tête de premiers de la classe. À commencer par la mairie de Paris qui ne semble pas gênée du partenariat avec un PSG qatari. Et je ne parle pas de ce député insoumis qui nous explique, en 2022, que les autorités françaises doivent condamner fermement ce qui se passe au Qatar.
En attendant, contrairement à tous ces combattants de la 25e heure à qui il a fallu douze ans pour sortir du coma et, aujourd’hui, venir nous faire la leçon, je serai devant ma télé le 20 novembre.


