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Nouvelle flotte, fréquentation, mariage raté avec Air Austral : Corsair dresse le bilan d'une année "intense"

"Fin 2024 nous aurons la flotte la plus jeune dans le monde". Malgré les difficultés rencontrées dans le domaine aérien en raison des crises de la covid et de l'explosion du coût de l'énergie, la compagnie Corsair entrevoit l'après-crise de la meilleure des manières. L'occasion pour son PDG, Pascal de Izaguirre, actuellement de passage dans l'île, de dresser le bilan d'une année particulièrement "intense" sur tous les plans.
Ecrit par Samuel Irlepenne – le mardi 13 septembre 2022 à 16H23

Actuellement dans l'île où il a notamment assisté au séminaire consacré au Plan stratégique 2023-2028 de la SA Aéroport Roland-Garros, Pascal de Izaguirre est tout d'abord revenu sur le bilan estival de la compagnie qu'il préside.

Malgré les incertitudes liées au contexte international, le patron de Corsair reconnaît que cette saison fut "bonne" pour la compagnie. Cette dernière a en effet enregistré une activité supérieure à l'été 2019 : en juillet 2022, la compagnie aérienne a enregistré un taux d'activité de +6% sur un an et même de +8% entre août 2021 et août 2022.

"Nous avons eu plaisir de retrouver une activité forte. Au global, la situation est restée maîtrisée quand on regarde ce qui s'est passé dans d'autres capitales européennes que Paris", livre Pascal de Izaguirre, qui ajoute que la destination Réunion reste l'axe "le plus dynamique et porteur" pour Corsair.

Mais en cette fin de saison estivale, Pascal de Izaguirre - comme de nombreux responsables du secteur aérien - s'inquiètent d'une possible inflexion du trafic pour deux raisons. La première est tout simplement due à l'explosion du coût de l'énergie pour les ménages, qui privilégient dans ces temps incertains des postes de dépenses plus prioritaires comme l'alimentation ou l'énergie. La deuxième raison concerne les habitudes des consommateurs qui "ont du mal à se projeter plus longtemps". "Concernant les réservations de vols, le réflexe des voyageurs est assez court-termiste : plus de 50% des réservations sont comprises entre 0 et 2 mois. Les comportements antérieurs ont tendance à disparaître", indique-t-il.

Malgré tout, il se félicite de voir du côté de Corsair que le stock de réservations pour septembre 2022 est en hausse de 37% comparé à septembre 2019, "avec une dynamique encore plus forte pour l'océan Indien et La Réunion". "Nous restons vigilants mais nous poursuivons notre dynamique : nous n'avons pas constaté d'arrêt dans l'appétit de voyage des consommateurs".

Bien entendu, Pascal de Izaguirre n'a pas échappé à la question sur les tarifs actuels des billets d'avion. Se basant sur l'étude faite par la Direction de l'aviation civile (DGAC) il dédouane sa compagnie, rappelant que cette dernière a joué le jeu des promotions ces derniers mois et que le prix moyen d'un vol Réunion/Paris ou Réunion/Paris "n'a augmenté que de 1% par rapport à août 2019". "Actuellement, avec Corsair vous pouvez acheter des billets à 648 euros TTC l'aller-retour (...) C'est sur les vols moyen-courriers que les tarifs ont le plus augmenté, contrairement aux long-courriers et notamment les destinations ultramarines. Les prix ont donc augmenté mais modérément par rapport à la flambée du fioul et de la dépréciation de l'euro face au dollar", explique Pascal de Izaguirre, ajoutant que le fioul représentait à lui seul près de 44% des dépenses de Corsair en juillet 2022 "contre 27% hors crise".

S'il aspire à sortir rapidement de cette crise, Pascal de Izaguirre envisage néanmoins l'avenir avec optimisme. Preuve en est avec le renouvellement d'une partie de sa flotte, composée de 5 nouveaux Airbus A330 Neo. Après la signature en juillet dernier de 4 nouveaux appareils (livraison prévue en 2024), Pascal de Izaguirre annonce déjà que Corsair disposera à terme de la flotte "la plus jeune du monde". "Cette flotte aura moins de deux ans d'ancienneté et les appareils qui la composeront bénéficieront de performances environnementales bien meilleures en matière de carburant ou de réduction de bruit (NDLR : réduction de 25% de consommation de carburant et d’émissions de CO2 par siège et de 60% de l’empreinte sonore) mais aussi les plus confortables", tient-il à rappeler.

Corsair toujours disposé à un partenariat avec Air Austral

De quoi tordre le cou aux "rumeurs" sur les finances de Corsair. "Nous n'avons aucun souci de trésorerie", martèle Pascal de Izaguirre qui revient sur la procédure de conciliation déposée par sa compagnie auprès du tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre. "Nous avons eu des prêts de l'Etat lors de la crise sanitaire. Je souhaite restructurer le bilan de Corsair, ce qui passe par la renégociation d'un certain nombre de prêts. Pour rappel, nous n'avions bénéficié d'aucun abandon de dette. Et dans ce cadre, la meilleure des choses c'est la conciliation", indique-t-il.

Interrogé sur la fusion avortée entre Air Austral et Corsair, le PDG de cette dernière assure que ce n'est pas "une surprise". "Nous avons travaillé sur le sujet mais il est aujourd'hui regrettable que nous avons travaillé pour pas grand chose", confesse Pascal de Izaguirre. Il poursuit : "J'avais proposé à Marie-Joseph Malé (NDLR : ex-PDG d'Air Austral) une joint venture entre nos deux compagnies, tout était prêt et on nous dit ensuite de nous mettre en stand by. Pour des raisons qui lui sont propres, la Région s'est retirée, chacun fait sa vie. Mais je suis toujours ouvert à travailler en partenariat avec Air Austral".

Malgré ce premier camouflet, Pascal de Izaguirre en est certain : le même cas de figure va se reproduire à l'avenir. "Je pense que la consolidation a du sens et c'est inévitable. Je reste convaincu que les "petites" compagnies à côté d'Air France auront à terme des problèmes de fiabilité. Aujourd'hui, cette opportunité ne s'est pas faite mais je suis sûr qu'à terme ce rapprochement sera inévitable"; conclut-il.

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