Ces Réunionnais valorisent les huiles usagées en biocarburant

A La Réunion, moins de 25 % des huiles alimentaires usagées produites sont valorisées, le reste finit sa course dans les canalisations, les réseaux d’assainissement et les milieux aquatiques. Trois Réunionnais, Jean-Laurent, Hugo et Pierre, ont décidé de mettre à profit leurs compétences scientifiques pour participer à la préservation de l’île. Leur idée commune : valoriser les huiles alimentaires usagées en biodiesel.
Après 3 ans de travail, leur label Arsycle voit le jour en 2022. Ils collectent les huiles alimentaires usagées auprès des restaurateurs, collectivités et industries de l’île.
Les trois hommes proposent leur service de collecte à des professionnels qui produisent ou détiennent des quantités importantes de déchets composés majoritairement de biodéchets.
L'huile utilisée pour les samoussas, frites et autres beignets, qui ne peut être jetée dans l'évier ou dans la cour, doit être amenée dans les déchèteries. Là aussi, Jean-Laurent, Hugo et Pierre s'occupent de la récupérer sur les territoires CINOR et de la CIREST.
Une fois traitées et transformées, ces huiles usagées seront transformées en biocarburant de 2e génération, réduisant l'émission de CO2 de 83 % par rapport au diesel fossile.
Arsycle est aujourd’hui au stade de collecte des huiles. L’entreprise réalise un pré-traitement et prépare leur expédition vers l’Europe où elles seront traitées et transformées en biocarburant. En un an, ce sont 260 tonnes d’huiles alimentaires qui ont été valorisées, soit 12 conteneurs acheminés vers l’Europe.
Jean-Laurent, Hugo et Pierre se sont fixés l’objectif, d’ici 2025, de relocaliser tout le procédé de recyclage à La Réunion, ce qui permettrait de réduire l’impact des huiles de friture utilisées par les Réunionnais sur le territoire.
À La Réunion la contrainte de volume se pose. Pour distribuer du biodiesel à la place du diesel, il faudrait récolter quelque 400.000 tonnes par an. Or, ce sont environ 16.000 tonnes qui sont importées sur l’île chaque année, expliquent-ils.
Incorporé dans un mélange de diesel, ce biocarburant pourrait tout de même servir à alimenter dans un premier temps des véhicules de transport de marchandises ou encore des véhicules agricoles.


