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Campagne sucrière : ​L’usine de Bois-Rouge à l’arrêt

La campagne sucrière qui a peiné à démarrer le mois dernier est à l'arrêt à Bois Rouge. Suite à un différend opposant ouvriers et l'un des cadres de l’usine, les cannes ne sont plus broyées depuis hier matin. Après une CMU d’urgence qui n’a rien donné, plusieurs syndicats d’agriculteurs se réunissent pour tenter de débloquer la situation ce jeudi.
Ecrit par Sophie Fontaine – le jeudi 18 août 2022 à 08H12

La grève a débuté hier à l’usine de Bois-Rouge. L’intersyndicale FO, CFDT, CGTR déplore le "comportement irrespectueux" et "le management d’un autre temps” d’un cadre de l’usine.

Le différend entre un ouvrier et ce cadre de l’usine de Bois-Rouge a eu lieu samedi. Ce dernier aurait tenu des propos menaçants envers l’employé et ce ne serait pas la première fois qu’il s’attaquerait à un salarié de cette façon :

“C’est la goutte qui fait déborder le vase. Il a eu une discussion avec un ouvrier, il est monté sur ses grands chevaux et l’a agressé verbalement”, relate Pascal Dalleau, délégué Force ouvrière, qui ajoute que “ce n’est pas la première fois qu’il fait pression de la sorte et que l’on déplore son attitude, deux autres salariés ont témoigné”.

Le délégué syndical indique que l’homme serait “protégé”, puisqu’aucune sanction convenable n’avait été prise à son égard l’an dernier, ni même l’année d’avant. “Il est couvert, il se sent intouchable. Le directeur du site doit trouver une solution” .

"Toutes les plateformes sont bloquées"

Suite à cette altercation, la réunion entre les syndicats et la direction a mené à plusieurs entretiens en présence du cadre et d’ouvriers qui se sont dit victimes du comportement de celui-ci et à une proposition qui ne convient pas aux syndicats : “Le directeur a proposé d’épauler cette personne, de l’envoyer en formation de management, formation qu’il a déjà suivie”, explique Pascal Dalleau qui demande qu’une sanction adéquate soit trouvée par la direction.

L’intersyndicale réclame également qu'une prime de 1000 euros soit octroyée aux salariés pour faire face à la baisse du pouvoir d’achat. 

L’usine à l’arrêt, les agriculteurs se retrouvent, eux, sans possibilité de livrer leurs cannes. “On a demandé une CMU d’urgence pour tenter de trouver une solution au problème, mais ça n’a rien donné. Toutes les plateformes sont bloquées et on a besoin de travailler. On a décidé de se réunir, l’UPNA et d’autres syndicats, pour faire avancer les choses”, indique Dominique Clain, président de l’UPNA. 

“Le directeur est garant de la santé physique et morale des salariés”, lance délégué Force ouvrière. Si rien n’est fait en ce sens, “on est prêt à maintenir le mouvement”, assure-t-il.

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