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Agression d'un médecin et de deux pompiers : Deux frères écroués

Le 28 août dernier, un médecin de SOS Médecins à Sainte-Clotilde a été violemment agressé et menacé par un patient à qui il apportait des soins. Deux individus ont été interpellés suite à cette agression. Il s'agit de deux frères qui sont jugés ce mercredi dans le cadre de la comparution immédiate.
Ecrit par Isabelle Serre – le mercredi 31 août 2022 à 17H07

Yann C. est né en 1987 et son frère Jean C. en 1991.Tout deux avaient participé à une fête dans cette rue de Sainte-Suzanne ce 28 août où se sont déroulés les faits. Fête organisée par la compagne d’une des deux à l’occasion d’un baptême. À 7 heures du matin, leur soeur fait un malaise nécessitant l’intervention des pompiers. À leur arrivée, les deux frères sont sur place et se battent suite à un différend familial. Ils s’en prennent sans raison à deux pompiers : coups de poing à la mâchoire pour l’un et sur le corps à l’autre.

Puis, ils prennent la fuite en voiture. Mais en chemin, l’un des deux est pris d’un malaise. Ils se dirigent chez SOS médecins à Ste-Clotilde. Le médecin est alerté et sort dans la cour. C'est Yann C. qui fait un œdème de Quincke. Le médecin lui fait une piqûre d’adrénaline et le conduit ensuite à l’intérieur du cabinet. Soudain, il revient à lui et s’en prend cette fois-ci au médecin en lui portant plusieurs coups, puis dégrade l'extracteur d’oxygène qui sera notamment inutilisable. Le médecin a 10 jours d’ITT. 

Maître Motos plaide pour le médecin blessé. Il explique que son client soignait un bébé de 26 jours lorsqu'un des frères était venu l’attraper par le col pour l’emmener dehors. "Il a sauvé la vie de ce monsieur qui l’a ensuite roué de coups". Il a une fracture de la mâchoire et un traumatisme moral et la peur des représailles. Des menaces ont été proférées : "Mi va tuer a ou et je vais violer ta femme et tes enfants". Désolé, mais il travaillera avec un taser derrière son bureau explique la robe noire qui demande un renvoi sur intérêts civils. 
 

 

Pour la petite histoire, Jean C. avait été placé en garde à vue la veille de ces faits pour conduite en état d’ivresse (0,92 g/l) assorti à un délit de fuite et le port d’une arme blanche. Une convocation pour comparaître devant le tribunal correctionnel lui avait remise pour décembre prochain. Cette procédure est donc jointe à celle d’aujourd’hui. 

À la barre, Jean reconnaît les faits et s’excuse. "J’ai été pris de panique", explique-t-il à la présidente. Jean a 10 mentions à son casier. Il a été incarcéré au moins 5 années, mais promet au tribunal qu'il va changer. Son frère Yann explique qu’il ne pouvait plus respirer. Pour autant, Il n'explique pas ses gestes. Son casier comporte 12 mentions et il se trouve en récidive d’une condamnation qui date de décembre 2016. Il a déjà passé au total 5 années en détention. 

Les deux pompiers et le SDIS se portent partie civile. Ils demandent chacun 1.000 euros pour le préjudice moral. Le SDIS évoque un arrêt de travail des deux victimes jusqu’au 9 septembre et un besoin de réorganisation des services. Il demande un renvoi sur intérêts civils afin de pouvoir chiffrer le préjudice subi par l'institution. Le Conseil départemental de l’ordre des médecins se constitue également partie civile. Par l’intermédiaire de leur avocate, il demande la somme de 1 euro symbolique de dédommagement. L'ordre s'est exprimé dans un communiqué : "Horrifiés par la brutalité et l’impensable d’une agression visant un médecin en service, soignant sans distinction, dans le plus essentiel esprit humaniste et fidèle au Serment d’Hippocrate, la communauté médicale et son Ordre des Médecins saluent l’Homme de Médecine pour son héroïsme et condamne l’odieux. "

De façon assez étonnante vu la gravité des faits, le parquet requiert une peine de 2 ans de prison dont 1 an assorti du sursis probatoire pour Yann et une peine de 20 mois de prison dont 10 mois de sursis probatoire pour son frère Jean. La représentante de la société demande leur incarcération.

En défense, Me Jean-Christophe Molière, rappelle que "ce n’est pas le procès de toutes les incivilités mais de deux mis en cause qui devront assumer leur stupidité mais qui n’avaient pas l’intention de violenter des pompiers ni du personnel de santé". 

Les deux frères, qui avaient été interpellés par les gendarmes de la brigade de gendarmerie de Ste-Suzanne, sont reconnus coupable des faits qui leur sont reprochés. Yann C. est condamné à la peine 2 ans de prison dont 1 an assorti du sursis probatoire. Son frère  Jean C. est condamné à la peine de 18 mois de prison dont 12 assortis d'un sursis. Ils sont tous les deux maintenus en détention. 

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