St-Pierre : De la prison ferme cette fois-ci après le vol de la 106 et sa course folle

Pour ces faits, il est jugé et condamné vendredi à 10 mois de prison dont 6 de sursis. Loin d’avoir compris la leçon, Luc poursuit ses méfaits dès le lendemain. Alors que son ex accepte de le loger et de l’amener en cure de désintoxication, le jeune homme part de l’hôpital, se retrouve en ville de Saint-Pierre à voler un mug et des figurines dans un magasin de BD. Il est également accusé du vol du téléphone portable d’un client dans un hôtel. Les caméras de surveillance, le montrent entrer dans la cour, et même dans les cuisines pour se servir.
Alors qu’il n’a pas le permis et qu’il a été condamné la veille pour les mêmes faits, son tonton le voit ensuite dans une Seat volée. Plus tard dans la soirée, Luc se rend dans un bar de la ville et dit avoir acheté un iPhone SE pour 50 euros. Un téléphone qu’il cassera le lendemain alors qu’il se trouve au commissariat de St-Pierre. Pour ajouter à la liste, Luc placé en garde à vue va feindre un malaise et s’enfuir avant d’être rattrapé par les policiers.
Luc pense avoir réponse à tout même si celles-ci sont improbables voire insensées. Pourquoi il vole les figurines? "Parce que l’employé n’a qu’à mieux faire son travail et être plus rapide". Pourquoi voler la Seat? "Parce que les clés sont dessus, même un clochard la volerait. J’ai deux voitures. Je ne laisse pas les clés dessus". Luc reconnaît cependant les faits mis à part le vol du téléphone dans l’hôtel.
Durant son audition, Luc avoue "être addict au vol au moins une fois par jour". Selon sa copine, Luc, père d’un enfant, n’est plus le même depuis leur séparation il y a quelques semaines. La mère du prévenu confirme elle aussi que son fils "déraille et qu’il a besoin de soins psychiatriques".
L’inquiétude monte également du côté du parquet face à ces "grappes d’infractions" alors que le casier de Luc était jusque-là vierge. Pour le ministère public, l’attitude de Luc, "à la drôle de personnalité", ne laisse aucun doute. La vice-procureure écarte les troubles psychiatriques, elle voit Luc dans une "attitude arrogante permanente", analyse-t-elle. Le jeune homme "perd pied, mais quand il aura finit son numéro il pourra peut-être réfléchir", espère-t-elle. 8 mois ferme pour les vols et 4 mois pour l’évasion avec maintien en détention sont requis.
Si pour sa défense Me Ben Ali Ahmed reconnaît la "difficulté de défendre" ce type de comportement, il demande à la "juridiction de prendre de la hauteur, de ne pas tomber dans le panneau de la provocation ou des problèmes psychiatriques pour lesquels on a pas voulu aller plus loin". Pour la robe noire, la question centrale a été éludée : "Est-ce que ce garçon est normal?".
Les éléments du dossier doivent être pris en compte et l’avocat demande la relaxe pour les accusations de vol du téléphone dans l’hôtel et la clémence pour les autres infractions. Les dernières paroles du prévenu avant le délibéré viennent davantage jeter le trouble sur sa personnalité. "J’entends des voix dans ma tête qui me poussent à voler. Je suis peut-être arrogant certes, mais je suis pas un mauvais marmaille. Je m’excuse", livre Luc.
Ses mots ne lui évitent pas la prison. Même s'il obtient la relaxe pour les poursuites de vol dans l’hôtel, Luc écope de 6 mois de prison ferme pour les autres vols, le recel du téléphone et sa destruction. Pour son évasion de garde à vue, il est condamné à 4 mois ferme également, le tout avec maintien en détention. Il devra rembourser le magasin de BD et la jeune femme à qui appartenait l’iPhone à hauteur de 300 euros de préjudice matériel et 300 euros de préjudice moral.
(* prénom d'emprunt)


