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​Un bloc rocheux sort de nulle part, des habitants de Sainte-Marie vivent dans la crainte

La vie de certains habitants de la rue Moka est troublée depuis quelques semaines par l’apparition d’un bloc rocheux au-dessus de leur maison. La mairie sort le parapluie juridique en attendant de cerner le problème.
Ecrit par Ludovic Grondin – le lundi 8 août 2022 à 16H05

Ce sont des habitants inquiets que nous avons rencontrés rue Moka à Sainte-Marie la semaine dernière. La décennie passée avait été jalonnée d’une inquiétude quant aux eaux de ruissellement qui déboulent chez eux. Désormais, c’est un bloc rocheux qui capte toute leur attention. 

"Il n’était pas là il y a encore deux semaines", avise Sylvie (prénom d'emprunt), sa maison semblant promise à être le réceptacle de ce bloc prêt à basculer de 50 mètres plus haut. Dès lors que le bloc est apparu, les riverains dans sa ligne de mire ont activé les démarches auprès de la mairie. La police municipale s’est déplacée pour constater. Un préalable. 

En parallèle, Sylvie a fait le choix de porter plainte pour mise en danger de la vie d’autrui si toutefois l’enquête de gendarmerie venait à déterminer que c’est suite à des travaux de terrassement que ce bloc est sorti de sa carapace. 

Car en surplomb, selon les habitués du coin, les constructions ont continué à pousser le long de l’étroit chemin Ivoula qui débouche sur une impasse. Le bloc a-t-il bougé justement après des travaux de terrassement mal maîtrisés ? C’est ce que supposent les riverains qui vivent sous la menace de ce bloc. Un bloc qui vient réveiller de vieilles inquiétudes du même tonneau.

Ce n’est en effet pas la première fois que les riverains de la rue Moka alertent la mairie. L’un des habitants tient entre ses mains le rapport du BRGM produit en 2010, déjà. A l’époque, les experts du Bureau de recherches géologiques et minières avaient établi un diagnostic des risques géotechniques à la demande de ce riverain intrigué par le ruissellement plus conséquent de l'eau au pied de sa maison et qui semble coïncider avec la construction de maisons 50 mètres plus haut. 

Les nouvelles habitations du dessus disposent-elles d'un système individuel pour éviter les rejets d'eau usées ?

"Au-delà de l’activité érosive chronique qui, inévitablement, affectera de façon plus ou moins marquée et rapide la partie désormais déboisée du versant, on peut craindre que de prochains épisodes pluvieux importants puissent générer des processus de ravinement suffisants pour déstabiliser certains éléments. Compte-tenu de la forme arrondie des blocs pouvant être démobilisés, de la pente relativement forte et de l’effet tremplin prévisible dû à l’escarpement en pied de versant, la probabilité est élevée pour qu’en cas de départ, la trajectoire puisse impacter le bâti en pied de pente. On notera que certaines trajectoires sont susceptibles de concerner la construction de la parcelle voisine", en concluaient les experts du BRGM en 2010. 

Depuis cette date, ce riverain témoigne de la persistance du ruissellement, même hors saison pluvieuse, ce qui l’amène à poser la question de la réalité d’un assainissement individuel des maisons du dessus mais aussi de collecte des eaux pluviales. L’assainissement collectif étant loin d’être généralisé dans les bas de La Réunion, il est fort à parier que le service public d'assainissement non collectif (SPANC) de la CINOR ne s’est pas encore penché sur celui du chemin Ivoula qui a connu une poussée d'urbanisation. Il s'agit là d'un problème à plus long terme qui n’éclipse donc pas celui de la menace géologique plus immédiate. 

La mairie sort un arrêté de péril

Sylvie, l’habitante qui se trouve à l’a pic du bloc rocheux, a été informée il y a une dizaine de jours qu’un arrêté de péril devait être pris. "Ce sont les habitations du haut qui posent problème et ça serait à moi de déménager", réplique-t-elle, agacée par l'injonction de la mairie qui donne l'impression d'inverser les rôles. Annoncé verbalement, elle attendait toutefois que cet arrêté de péril lui soit notifié par écrit. Ce qui ne saurait tarder, nous confirme l’élue à l’urbanisme ce lundi. 

Ce matin, et après deux semaines d’atermoiements, les événements se sont accélérés. Des agents de la DEAL - ce qui indiquerait que le secteur tomberait sous le coup des zones sensibles au Plan de prévention des risques - et du BRGM sont venus sur site, à la fois dans les bas du côté de la rue Moka mais aussi en haut pour explorer la zone d’habitations surplombant la Rivière des Pluies et enfin percer le mystère de l'apparition de cette roche. 

Un habitant ne cesse d'être étonné de la persistance du ruissellement de la paroi au pied de sa maison, et même hors épisode pluvieux :

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