Revenir à la rubrique : Economie

Rico Vimbaye et ses colistiers veulent redonner à la CCI sa vocation d'origine

Cinq listes seront sur la ligne de départ le 4 mai pour renouveler les sièges de la chambre de commerce et d’industrie. Parmi elles, celle du "changement c'est maintenant !" portée par Rico Vimbaye, un habitué de la maison CCIR qui souhaite lui redonner sa vocation d’origine.
Ecrit par Ludovic Grondin – le mardi 19 avril 2022 à 11H49

"L’inexpérience de chef d’entreprise des anciens dirigeants s’est traduite par un manque de vision globale, d’ambition, de visibilité économique et de compétences dans les actions à mener. La CCI a alors perdu toute sa capacité à intervenir dans l’économie locale". Tel est le constat dressé par Rico Vimbaye et son équipe lancée dans la course à la chambre de commerce et d’industrie. C’est donc en candidat expérimenté que Rico Vimbaye a présenté son programme samedi dernier à Saint-Denis.  

"Notre objectif est de redonner à la CCI sa vocation d’origine, son autonomie et son indépendance à travers un travail responsable des élus afin de lui rendre sa vraie place en tant qu’opérateur du développement économique et, enfin, lui redonner son rôle majeur sur le territoire", promet-il. 

La liste Vimbaye a la particularité de ne présenter de candidats que dans deux des trois collèges appelés à être renouvelés. Malgré l’impasse sur le collège "commerce", Rico Vimbaye compte bien rafler la mise face à la concurrence car, dit-il, "l’élection est ouverte aujourd’hui". Quant à Pascal Plante, qui est suivi par la CPME et le MEDEF, il estime qu'"il a toujours été élu avec Ibrahim Patel en volant les boîtes aux lettres mais personne ne vote pour lui personnellement. La CPME fait quoi ? 40 adhérents donc 40 voix, donc rien. Le MEDEF peut-être 80 voix. Là aujourd’hui, avec le vote électronique, il faut que les gens votent eux-mêmes", invite-t-il les ressortissants à arrêter de donner procuration.

Faire venir une banque au service des entreprises

Aux côtés de Rico Vimbaye, 23 colistiers apportent leur expérience personnelle dans différents secteurs d’activité. C’est le cas de Narcisse Rivière, banquier reconverti dans l’immobilier. De ses années d’expertise au sein de plusieurs agences Crédit agricole de La Réunion, il retient qu’"en ce moment, tous les professionnels, dès lors qu’ils font une demande de prêt auprès de leur banque, voient leur demande refusée même si leurs bilans sont bons et même si la compta’ est saine", entame-t-il une présentation du contexte. "En tant qu’agent immobilier, j’ai accès à ces données. Les demandeurs peuvent déposer leur dossier dans telle banque, la quitter pour aller voir ailleurs, mais finalement c’est le même groupe et donc le même refus", déplore Narcisse Rivière. 

Si demain la liste Vimbaye venait à être élue à la CCIR, Narcisse Rivière promet de remédier à cette politique de frilosité, pour ne pas dire de refus quasi-systématique des banques historiques vis-à-vis de leurs clients en facilitant la venue à La Réunion de petites banques comme il y en a tant à l’île Maurice, prend-il comme exemple. La politique menée par les banques actuellement revient selon lui à "décourager les initiatives locales au profit des grands groupes" qui, eux, n'essuient pas autant de refus. 

Narcisse Rivière prédit que si cette politique bancaire élitiste continue autant à miser sur les gros portefeuilles, "dans quelques décennies il n’y aura que quelques grosses entreprises à La Réunion". À l’entendre, il y a une volonté derrière cette réalité que "le marché soit détenu par quelques grands groupes qui font partie du système politique et économique."

Dans la même lignée d’accompagnement des entrepreneurs qui se voient fermer les portes de leur banque, la CCI sous la présidence Vimbaye se porterait également caution à hauteur de 50.000 euros pour les emprunts bancaires des TPE/PME.

Les autres engagements de la liste "le changement c’est maintenant !", si elle venait à être élue, sont par exemple de se réapproprier la gestion de l’aéroport Roland Garros, favoriser l’accès aux énergies renouvelables pour les TPE/PME, créer un "world trade center" comprenant un palais des congrès, une salle de conférence et des services aux entreprises afin d’accueillir des congrès internationaux à forte valeur ajoutée, mais aussi négocier avec le conseil régional afin de participer à la gestion du secteur du tourisme et de l’IRT, valoriser le patrimoine foncier de la CCI ou encore créer des zones d’activité de proximité dans chaque commune. 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :