"Former pour sensibiliser et faire passer un message..."


Voici plusieurs semaines que le ballet des baleines à bosse a commencé dans les eaux réunionnaises. Pour l'association Globice (Groupe local d'observation et d'identification des cétacés), cette période cruciale correspondant à la mise bas des baleines doit être encadrée et prise très au sérieux. D'où la création et la pérennisation de la Charte d'approche des baleines en 2009 (Voir l'article de Florent Deveaux "Jamais sans ma charte").
"La Charte d'approche qui a été lancée en 2009 répondait à l'augmentation brutale du nombre des baleines qui fréquente nos côtes depuis 2008", affirme Laurent Mouysset, permanent à Globice. "Il était urgent de proposer un certain nombre de règles de bonne conduite pour permettre aux gens d'observer les baleines sans les déranger et sans que eux même se mettent en danger", poursuit ce passionné des cétacés.
Des formations destinées à sensibiliser et relayer un message
Mais voilà, avec le retour des baleines au large de nos côtes, l'association s'est lancée dans des sessions de formation en direction des acteurs locaux du tourisme et du milieu marin réunionnais. Pour ce faire, il était nécessaire de s'occuper de la diffusion de cette charte et de toucher le monde professionnel en le sensibilisant et en expliquant l'intérêt pour les baleines à bosse. Baleines qui, d'une année à l'autre, ne sont jamais les mêmes selon Globice.
Deux objectifs principaux ont guidé cette démarche de prévention et de sensibilisation : faire vivre la charte d'approche et "élever le niveau de connaissance de l'ensemble des professionnels" qu'il s'agisse des hôteliers ou des métiers en rapport direct avec le milieu marin. Des professionnels amenés à devenir les relais de la connaissance et du message de protection auprès du grand public.
Depuis le mois d'avril, quatre sessions de formation se sont déroulées dans le département avec pour but majeur, les thématiques de la réglementation, de l'observation, de la diversité ou encore des menaces pesant sur les mammifères du monde marin. Hier, ils étaient plusieurs responsables de structures à faire le point sur ces séances de formation. ITR pour le tourisme, Airanx pour les ULM et parapentes, Croisières et découvertes ou acteurs du secteur hôtelier, toutes ces structures se sont d'ores et déjà mises à la page de la sensibilisation et de la connaissance des baleines.
L'Hôtel Palm joue le jeu de l'observatoire terrestre
Avec plusieurs observatoires terrestres installés aux quatre coins du département, Globice souhaite collecter le maximum d'informations au sujet des cétacés qui se prélassent dans nos eaux. Déjà en partenariat avec les clubs de plongée ou les navettes du Grand-Bleu sur lesquelles des membres de Globice peuvent embarquer, l'association s'est liée avec deux structures hôtelières de l'île, l'Hôtel Iloha à Saint-Leu et le Palm à Petite-Île.
Disposant de points de vue exceptionnel sur l'océan, ces deux établissements n'ont pas manqué de proposer une formation à leurs employés sur le sujet. A l'hôtel Palm, par exemple, le directeur de l'établissement Patrice Peta ne tarit pas d'éloge sur ce partenariat. Avec quatre employés formés et deux mini-formations chaque semaine auprès des clients de l'établissement, le responsable de l'hôtel classé quatre étoiles évoque un véritable engouement. "Il y a un vrai rendez-vous qui s'invite chaque semaine pour les touristes. C'est un point très positif", explique le directeur de l'hôtel, visiblement heureux de faire partie de l'aventure.
Côté mer, le Palm a ainsi profité de sa position surplombant l'océan Indien pour installer des points d'observation avec des jumelles optiques. Dès qu'un client de l'hôtel aperçoit des baleines, il joue le jeu et fait sonner une cloche située au niveau du bar principal. Dès que cette clochette retentit, l'association Globice est contactée par téléphone et la diffusion d'informations peut alors commencer. Un "plus" non négligeable pour la renommée d'un hôtel qui a déjà accueilli le président de la République et les Bleus.


