Sans ménagement, les élus du TCO licencient le directeur de la régie La Créole

C'est au cours d'une conversation téléphonique avec le journaliste de Zinfos à l'issue du conseil communautaire que Patrick Pellegrini a découvert qu'il venait d'être remercié.
Comme le dira Gilles Hubert à l'issue de la présentation du bilan de l'audit de la régie des eaux La Créole, l'assemblée délibérante peut à tout moment mettre fin aux missions de ses représentants. La Régie communale devenue intercommunale au 1er janvier 2020 n'échappe pas à la règle. La procédure de licenciement engagée contre le directeur Patrick Pellegrini n'avait visiblement pas fuité.
La décision avait reçu un avis favorable lors du dernier bureau des maires du TCO à la mi-août, et faisait suite à l'audit commandé par le TCO sur la situation financière et des RH de la régie communautaire de l'eau.
"Les conclusions mais aussi les éléments de cet audit présenté aujourd'hui nous éclairent sur le fonctionnement de La Créole, et encore tout ne nous a pas été transmis", a déclaré le président du TCO, Emmanuel Séraphin.
Le maire de Saint-Paul reproche notamment à l'actuelle gouvernance de La Créole une gestion opaque, rappelant lors du conseil de ce jour qu'il n'est "pas acceptable de dire que le TCO ne peut pas s'immiscer dans les affaires de La Créole". "Il est tout à fait normal de rendre des comptes", a martelé Emmanuel Séraphin.
[Grève à La Créole : "Si lu dit a ou baisse out culotte, ou baisse out culotte"]urlblank:https://www.zinfos974.com/Greve-a-La-Creole-Si-lu-dit-a-ou-baisse-out-culotte-ou-baisse-out-culotte_a171718.html
Le TCO reproche à M.Pellegrini, nommé directeur général de La Créole en novembre 2008 lors de la première mandature d'Huguette Bello, plusieurs points. Le premier, un dimensionnement en moyens humains "difficile à justifier" avec 170 agents en 2021 (contre 102 en 2015), une "absence" de suivi des coûts/temps de l'astreinte et d'utilisation des véhicules qui ne "permet pas de garantir l'absence de dérive sur ces deux sujets".
L'EPCI estime également que les résultats de La Créole "ne sont pas à la hauteur des moyens humains engagés", avec un rendement en baisse depuis 2015 "loin de l'objectif réglementaire", des impayés, un taux de réalisation, des investissements que de 55% par rapport aux prévisions, sans oublier un "retard" dans la commande publique.
D'autres points "bloquants" ont également été énumérés par le TCO, notamment sur la gouvernance de La Créole, que ce soit au niveau de sa direction (défiance vis-à-vis du TCO, mainmise sur les entretiens) ou de son CSE (fonctionnement, budget). L'intercommunalité s'interroge également sur l'absence d'éléments produits concernant les astreintes, les salaires et compétences des agents, le recrutement ou encore la gestion des marchés publics de la régie.
Gilles Hubert, vice-président du TCO délégué à l'eau parle ainsi de "défiance" de la direction de La Créole vis-à-vis de la gouvernance du TCO. Le fait que le directeur ne donne aucune suite à des entretiens voulus par l'audit (voir plus haut) aura peut être été la goutte de trop. D'où ce traitement sans ménagement.
Le conseil communautaire du TCO a également mis fin aux fonctions de Gisèle Carlier au sein du conseil d'administration de la régie intercommunale. Elle figure dans le CA de La Créole en tant que personnalité qualifiée (présidente de l'association Accro, l'association des consommateurs contribuables de la région ouest).
Les échanges du conseil communautaire à l'issue de la présentation de l'audit. Tous les élus ont voté pour l'affaire N°1, à l'exception du vote contre de l'élu d'opposition saint-paulois Jean-François Nativel :


