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Les Chroniques de Tonton #59 : Deux bonnes raisons de respirer avec plaisir l’air du petit matin

Les semaines se suivent et, hélas, se ressemblent. Les informations de la presse et de l’audiovisuel sont d’une monotonie… dans le sordide atroce : on n’en finit plus de battre à mort femmes et enfants, de tuer son meilleur copain après libations… Quant aux stupidités comme celles consistant à brûler aujourd’hui ce qu’on a adoré hier, j’vous raconte pas. Mais j’ai quand même trouvé deux bonnes raisons de respirer avec plaisir l’air du petit matin. J’vous raconte ça.
Ecrit par zinfos974 – le lundi 5 juillet 2021 à 12H51

CHU, service urologie : la honte puissance 1000
 
Je ne suis pas contre les beaux salaires accordés aux médecins hospitaliers. Ils endossent de sacrées responsabilités et pour ça, ont droit à tout notre respect. Mais depuis quand, pour des sautes d’humeur, pour des caprices d’enfants gâtés, certains spécialistes (de la connerie ?) s’arrogent-ils le droit de décider de ce qu’ils acceptent ou n’acceptent pas de faire ? Pour de débiles prétextes, style « j’aime pas sa gueule », « il a un sale caractère » ou encore « j’suis contre ce trouduk », voilà que tout un service va fermer. A cause d’une bande de crétins du Gros-Morne (version tropicale des Alpes), de gnares se chiffonnant comme en cours de récré, un service médical très important (d’ailleurs ils le sont tous) ferme. Dites-moi que je rêve, là !
 
A quand le variant oméga ?
 
Il est malin, ce virus coro-machin. Dès qu’il constate que la science le colle au train, il varie. C’est de bonne guerre. Variant anglais, variant sud-af’, variant indien… Pour ne vexer personne, on décide (ça c’est de la science !) de le débaptiser et de l’appeler à coups de lettres grecques. A-t-on demandé leur avis aux Grecs ? Le variant indien sera-t-il plus affaibli quand il deviendra un delta aussi anonyme que vous et moi ? J’espère que nos grecophiles ont de quoi suivre la mesure car c’est pas demain la veille que ça va s’arrêter. A quand le variant oméga, issu du Piton d’Anchaing ou de Tapage ?
 
La 5é extinction à grands pas
 
J’adore les documentaires d’Arte, documentaires animaliers, géographiques, humains, historiques etc. Mais ça fout parfois la trouille car on y parle souvent d’extinction programmée de tout ce qui vit. Un raisonnement appuyé par une documentation scientifique de haute volée. J’essaye de suivre sans toujours y parvenir, mais l’un dans l’autre (comme disait Emmanuelle), je comprends et ai la trouille. Cette semaine, on y a évoqué les quatre extinctions du vivant aux cours des millions d’années précédentes. Ces extinctions ont eu des causes naturelles, volcans, astéroïdes, que sais-je. Mais on nous prévient sans précautions que la 5è extinction arrive à grands pas et que, ce coup-ci, les causes seront purement humaines. Nous avons tant détruit cette pauvre planète qu’elle se venge et qui va lui donner tort ? Et entre l’homme et la nature, c’est elle qui a toujours gain de cause. A force à force gaspille do lo, la rivir’ i coule pu.
 
Soulages et Cie : on se fout de qui ?
 
Le snobisme fait la connerie des uns et la fortune des autres. Quitte à passer pour un ignare béat, je dirai que considérer les coups de balai brosse de Soulages dans de la peinture noire comme étant le summum de l’art, c’est nous prendre pour des cons. « Il y a du relief » dit-on. Bien sûr qu’il y a du relief : il balaie des surfaces de peinture épaisse. « Faut voir ça de côté avec lumière rasante » : bon, je vais me coller un torticolis de derrière les fagots pour déceler le génie du maître. J’en suis resté à Van Gogh, Léonard, Vermeer, Michel-Ange et autres « vrais » peintres. Et si vous voulez me taxer d’arriéré béotien, vous gênez pas : j’endosse à l’aise.
 
Kosalafé ?
 
Il ne m’arrive pas souvent, je le confesse, de tresser des louanges à nos chaînes locales de télévision. Passons… Je vais quand même vous recommander une (trop) courte émission du samedi sur RFO, pardon, la 1ère. C’est Kosalafé d’Hermina Lasson, qui nous conduit avec sourire et humour dans les arcanes de la vie créole traditionnelle, avec recettes longtemps etc. Sirandanes, Threutard, gâteau ti-son, plantes et tisanes de Lucas, rencontres, c’est du très bon. C’est présenté avec charme et sourire, et auto-moucatage, ce qui n’est pas son moindre avantage.
 
Foutons la paix aux Bleus !
 
Je suis tout le contraire d’un fan de foot ; il n’y a rien que j’exècre autant que ces fanas idiots bondissants devant leur écran. Ou encore le gars du Tampon, fan du PSG ou de l’OM, qui dit « nous » en parlant de lui-même et de son équipe favorite. Mais, cocardier comme tout Français qui n’a pas honte de l’avouer, j’essaie de suivre les matches des Bleus. J’ai vibré en 1998 avec Zidane et Emmanuel Petit. J’ai vibré en 2018 avec la bande à Deschamps. A ces instants, quand les Bleus marquent, quand Deschamps gagne deux fois la coupe du monde, quand Mbappe remonte le terrain plus vite qu’un lièvre, ils sont des champions. Tous. Pour moi, ils le sont toujours. Lorsque le même Mbappe rate un pénalty, quand la France doit quitter la lice en 8è de finale, ils deviennent tous des pestiférés ? On les siffle ? On les hue ? On les voue aux Gémonies ? Le génial Deschamps devient « ce connard de Deschamps » ?  Alors, je vais continuer d’être un non-amateur de foot fier de « mes » Bleus ; plutôt que de ressembler à ces populaces gavées de haine et de bière. On ne crache pas sur ce qu’on aime. A part peut-être madame Tatcher ?…
 
Attachant…
 

C’était ce matin devant la Sécu. Je me dirigeai vers la borne « réactualiser votre carte » pour une petite mise à jour lorsqu’on m’agrippa par la manche. Je stoppai net, ce qui n’était pas difficile vu ma démarche élancée d’Apollon du Réverbère (avec une canne), pour constater que c’était une petite vieille, courbée sur une canne comme moi, mais âgée d’au moins 85/90 in bout’. « Hein, monsieur… Où ça i sorte vot’ chemise ? » Elle avait un sourire édenté, soit, mais d’un indéfinissable charme. Ridée comme une vieille pomme mais auréolée de ce trouble sérénissime de l’âge. Tout ça me traversa l’esprit en une fraction de seconde. Elle était soutenue par un grand gars costaud très bronzé, souriant lui aussi. « Ben, grand-mère, akoz ? » Elle sourit derechef et : « Ben out’ chemise lé jolie. Mi veux achète in’ pou mon garçon… que lé grand et gros comme vous minm ». Cette dernière réflexion, je m’en serais bien passé mais je ne pouvais pas lui en vouloir. Je lui expliquai la boutique de la rue Grand-Chemin. Nous nous quittâmes ainsi, elle avec le plus beau des sourires ; moi, je l’avoue, avec sans doute une petite larme.

 

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