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On n’a plus le droit de causer ? De dire des mots ? Non ! On n’a même plus le droit de savoir

Les Chroniques de Tonton - #57
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 24 juin 2021 à 14H10

Le parti de la honte

Le plus grand parti de France a remporté haut la main les élections : le parti de la honte. Quand je dis « honte », je ne parle pas des abstentionnistes mais de ceux qui les ont poussés à s’abstenir, ces élus qui depuis 20, 30, 40 ans, trustent les places sans que jamais la situation ne bouge d’un pouce : riches encore plus riches, pauvres encore plus pauvres, chômeurs encore plus nombreux, habitats encore plus insalubres, vie encore plus chère, embouteillages encore plus embouteillés, enseignement encore plus nul. Ces élus blanchis sous le harnois sont entièrement responsables de la situation mais, sans honte, ils continuent de mendier les suffrages. La place est donc si juteuse ? Malgré le soi-disant dégoût de la politique et des politicards, on prend toujours les mêmes. Ils ont de l’expérience ? Faux argument : « L’expérience est une lanterne que l’homme porte accrochée dans son dos mais qui n’éclaire que le chemin déjà parcouru » (proverbe chinois). Ce droit de vote, si chèrement acquis par nos ancêtres, fout le camp en quenouille.
 
Comme disait Le Luron pastichant Férré : « J’te pisse à la raie, j’te chie au cul » (sic !)

J’ai suivi les débats et autres interventions des candidats au 1er tour. Conclusion, ils disent tous la même chose à quelques pistaches près. Le coût de la vie, la circulation, le chômage, la mobilité etc. Ils vont tous vous résoudre ça en deux coups de cuillère à pot ! C’est ce qu’on entend depuis des décennies et rien ne change, rien ne s’améliore, « tout va de plus en plus pire », comme disait le vieux Louis, un vieux SDF philosophe de La Rivir Saint-Lui des 50’s. Très peu de candidats ont osé le langage vrai, au nombre desquels Jen-Yves Payet de Force ouvrière, qui vient régulièrement finir parmi les derniers et qui le sait : il est là à cause de la tribune que lui offre le scrutin pour dire ce qu’il pense. Et il le dit bien. A savoir que les vrais améliorations ne viendront pas d’un vote mais dans la rue.
 
Où est passé le prof de philo ?

On s’étonne que le niveau scolaire français se soit honteusement rabaissé d’année en année. Au moins un bachelier sur trois ne parvient pas au bout de sa première année de Fac : pas le niveau requis. Suffit pas de distribuer des mentions « très bien » à la louche, voire des moyennes de 23/20 (j’attends encore qu’on m’explique ce miracle plus merveilleux que celui des petits pains). Ça suscite des légions de larmes et de fous-rires devant les panneaux mais ça ne change rien : on est de plus en plus ignare en Doulce France ! 1ère partie de l’explication à cette Bérézina : les différents ministres de l’Éducation ont tous voulu laisser leur nom dans l’histoire au prix de réformes plus connes que les pensées d’une amibe. Qui se souvient encore des « maths modernes » ? 2è partie : poussés au cul par des syndicats d’abrutis, les prof (sans s svp !) sont de moins en moins là. Cette année, dans un lycée que je ne nommerai pas, un prof de philo est resté aux abonnés absents plusieurs mois durant. Alors que dans cette section, la matière est affligée d’un coefficient désespérant. On lui a enfin trouvé un remplaçant quelques semaines avant le bac. Heureusement que les élèves avaient prévu le coup et s’étaient préparés, souvent avec l’aide des familles. L’Arlésienne a, paraît-il, démissionné. J’ai un job de comptage de véhicules sur le sentier du Piton à lui proposer. Quand je pense que nos enseignants d’avant, de vrais enseignants, ne prenaient jamais une journée de congé ! Même pas pour un stage : les stages se faisaient pendant les vacances. Ils avaient le feu à l’âme et la pédagogie chevillée au corps. Allez donc, de nos jours, imposer un stage aux enseignants pendant leurs vacances : les syndicats vous foutent le feu à la planète.

Programmes électoraux : un autre couac de la privatisation

Quelques milliers d’électeurs n’ont pas reçu les programmes des candidats. C’est la 1ère fois. Logique : cette distribution, apanage normal de la Poste française, a été dévolue à une société privée, ultra-libéralisme oblige. Paraît que la société détentrice du marché aurait eu les yeux plus gros que le ventre. Macro(n) et consorts, garants de la mondialisation des profits à défaut du bien-être des Français, n’ont de cesse de mettre à bas les incontestables bienfaits de l’étatisation (contrôlée, ça va de soi !) au profit de copains-coquins cajolés par les banques et sucés par les actionnaires. C’est comme les autoroutes pourtant bénéficiaires vendues à des sociétés privées, nos aéroports vendus à des sociétés étrangères, nos grands hôtels et équipes sportives aussi, comme nos prestigieux vignobles, j’en passe et des plus purulentes, qui étaient pourtant tout bénéfice pour l’État. Résultat, l’État s’appauvrit, veut baisser les retraites et l’assurance chômage, n’a plus les moyens d’assurer un minimum de sécurité, diminue les indispensables fonctionnaires de police et de justice, songe à recruter des contractuels ou des CDD en enseignement, etc. Pendant ce temps, ils n’ont pas assez de larmes de crocodiles pour déplorer l’avance du Front (pardon, du Rassemblement) national. Ne cherchez pas l’erreur : elle est sous nos yeux.

Débaptiser le musée de Villèle ?

Je suis contre. Comme je suis contre le déboulonnage des statues. Sinon, on se retrouve sous le pire soviétisme stalinien quand, du jour au lendemain, un ex-héros-des-lendemains-qui-chantent se retrouvait « effacé » des photos officielles. Et généralement « effacé » pour de vrai. Il est vrai que ce musée de Saint-Gilles-les-Hauts témoigne d’une part honteuse de notre histoire bourbonnaise. Mais cet esclavage, que nous fustigeons tous, n’est pas de la faute du bâtiment, qui n’en fut qu’un témoin. Pas le coupable. Les statues, images, tableaux, récits de notre Histoire, sont les témoins de cette histoire. On doit plutôt les remercier d’être assez solides pour en témoigner. Penser et dire le contraire revient à infantiliser l’Histoire.

Les (savants) marabouts ne savent pas lire ?

J’ai beau avoir une affichette « pas de prospectus ni de publicité, svp » sur ma boîte aux lettres, j’y découvre régulièrement des billets vantant les immenses pouvoirs de Missié Ouaouaouamine, invariable « détenteur des secrets de la grande forêt d’Afrique » plus les numéros gagnants du Loto et le retour de la femme aimée qui vous a quitté parce que vous la battiez comme rougail tamarin vert dan’ calou-pilon. D’abord, et d’une, s’ils ont les numéros du Loto, pourquoi ne les jouent-ils pas eux-mêmes ? Ça leur éviterait de nous faire chier. Ensuite… ils ne savent pas lire malgré leur science incommensurable ? Dernier avertissement : je vais porter plainte s’ils persistent dans leur manie d’emmerder le monde. Peuvent bien me jeter un sort si ça leur chante : je m’en tamponne le coquillart avec une patte d’alligator femelle.

 

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