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Handicap : Les "trucs bêtes" qui rendent la vie encore plus difficile pour certains

Alertés par un internaute, nous avons ouvert les yeux et remarqué les nombreux manquements dans l'accès à la voie publique pour les personnes porteuses de handicap.
Ecrit par zinfos974 – le lundi 7 juin 2021 à 08H57

Ce sont des choses que l’on ne remarque pas lorsque l’on possède des jambes pour marcher, des yeux pour voir et des oreilles pour entendre. Mais pour les personnes porteuses de handicap, le quotidien n’est pas évident. Et il n’est malheureusement pas facilité sur la voie publique lorsque des obstacles rendent leur but parfois inatteignable.
 
Des chaussées trop étroites, des poteaux plantés en plein milieu du trottoir, l’absence de rampe ou d’ascenseur… Nombreuses sont les erreurs commises qui forcent les personnes en chaise roulante, par exemple, à trouver un autre chemin souvent bien plus long ou dangereux. Parfois même, il est question d'abandonner.
 
À La Réunion, ces erreurs se trouveraient en nombre dans toutes les communes de l’île. À titre d’exemple, des photos ont été prises à Saint-Denis, pour la plupart en centre-ville, afin de montrer en quoi les voies sont inadaptées aux personnes porteuses de handicap et l’accès parfois impossible, notamment en chaise roulante.
 
Le plus flagrant reste les trottoirs déjà très étroits de la ville, trop souvent rétrécis par des poteaux, poubelles ou encore bouches d’incendie. La loi prévoit pourtant que la largeur minimale d’un trottoir doit être de 1,20 mètre libre de tout obstacle. Un "rétrécissement ponctuel", comme un poteau électrique par exemple, est permis, mais la largeur minimale doit être, à cet endroit-là, de 90 cm.

Un trottoir neuf doit quant à lui mesurer 1,40 mètre de large minimum avec un rétrécissement ponctuel de 1,20 mètre maximum. Sans quoi, il est nécessaire de traverser si possible ou rebrousser chemin, parfois en marche arrière si le trottoir ne permet pas de faire demi-tour. 
 

 

Les manquements sont aussi nombreux concernant l’accès à la voie publique pour les personnes non-voyantes et malvoyantes. Jean-Philippe, non-voyant et ayant vécu à Saint-Denis pendant 24 ans avant de déménager à la Rivière Saint-Louis il y a plus d’un an, dénonce notamment le peu de feux tricolores sonores (une télécommande fournie par la mairie indique le nom de la rue et si le feu est rouge ou vert), pourtant obligatoires. Les rues principales du carré d’or en seraient équipées mais pas les autres quartiers de la commune.  
 
Les gestes citoyens ont aussi leur importance
 
Jean-Philippe mentionne aussi d’autres "trucs bêtes", comme les boitiers électriques en bas des murs contre lesquels ils se cogne, ou les trous dans les grillages d’égout "dans lesquels se coince la canne", par exemple. "On y pense pas mais les poubelles, les voitures mal stationnées, les camions de livraison… Ça m’a valu plus d’une paire de lunettes solaires cassées", raconte-t-il.

 

Ce sont d’ailleurs des citoyens comme Jean-Philippe qui se réunissent le 26 juin prochain avec les instructeurs en locomotion du SAMSAHDV (Service d'Accompagnement Médico-Social pour Adultes Handicapés Déficients Visuels) pour tenter d’interpeller "une fois de plus" les élus de Saint-Louis.

Un des points qu’il souhaite aborder : la gare routière refaite à neuf sans que le trait au sol ne soit lisible avec la canne ou que les bus qui arrivent soient annoncés. "Heureusement qu’il y a le SAMSAH qui nous apprend à nous déplacer, reconnaître notre trajet et tout ce dont on a besoin au quotidien, explique-t-il. Certains y sont en formation pendant plusieurs années avant de pouvoir être autonomes. On va essayer de trouver des solutions concernant les trottoirs, bus, magasins et envoyer des courriers ou pétitions. Parce que même quand on arrive à entrer dans une commission communale d’accessibilité, on ne tient pas compte de notre avis".

Car malheureusement, "le seul moment où des gens, qui me voyaient pourtant tous les jours dans les rues de Saint-Denis, ont proposé de m’accompagner jusqu’à chez moi, c’était des candidats juste avant les élections". "Pour arriver ensuite à des bureaux non accessibles et aucun bulletin de vote en braille", ajoute-t-il. Jean-Philippe ne devrait donc pas avoir de mal à trouver d'aide pour traverser la rue, en cette période électorale. 

 

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