Élevage traditionnel au volcan: Le "dernier des Mohicans" perd face au Parc national

Gérard Bègue est le dernier éleveur traditionnel de bovins de l’île. Il exploite irrégulièrement le fond de la Rivière de l’Est qui se situe dans le Parc national et fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Pour remonter la rivière, ses bovins utilisent une piste de 1400 mètres. C’est cette dernière qui pose problème puisqu’en 2018 elle avait été dégradée par de fortes pluies. Les bovins ne pouvaient alors plus remonter jusqu’à elle pour l’emprunter.
Une menace pour l’écosystème
Après avoir fait des demandes infructueuses auprès de l’ONF, Gérard Bègue aurait, selon ses dires, obtenu une autorisation verbale en juillet 2018 pour faire des travaux d’élargissement.
Aidé de son père et avec un tracteur, il avait pris l’initiative de remanier la piste.
Ceci lui avait valu en septembre de la même année un rappel à la loi et une amende de 4250 euros correspondant à une remise en état.
Travaux incompatibles avec la charte du Parc
Mais dans l’impossibilité de payer, le quadragénaire est désormais appelé à s’expliquer devant le tribunal correctionnel.
Ce mardi 1er juin 2021, l’élargissement de ladite piste et l’arrachage et la coupe d’espèces protégées (le Tamarin des hauts, les fleurs jaunes et du bois de rempart notamment) en 2018 et en 2019 lui sont reprochés. Des centaines d’arbres, environ 300, auraient été élagués ou mutilés pour laisser passer les bovins.
En réparation, le Parc national demandait une remise en état et 10.000 euros d’indemnisation. "Il y a incompatibilité entre les travaux effectués et la charte du Parc", a plaidé l’avocate de la partie civile.
"Le dernier des Mohicans"
La représentante de la société a proposé au tribunal de prononcer une sanction de 5000 euros, dont 2000 euros avec sursis.
"Cet homme est le dernier des Mohicans. Son élevage a été transmis depuis un siècle de père en fils, rappelle Me Michaël Nativel, détaillant les conditions de travail difficiles de son client. Son exploitation a une antériorité avec la création du Parc. Elle possède une autorisation de pâturage qui date de 1955", ajoute la robe noire pour convaincre les magistrats de prononcer une relaxe.
Néanmoins, son client a été déclaré coupable et condamné à 200 euros d'amende avec sursis plus 1 euro symbolique à verser au Parc national. Le tribunal a tenu compte de la situation administrative du prévenu.


