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Semaine bleue : Tous ces vieux qu'on dit aimer et honorer…

Ecrit par zinfos974 – le lundi 19 octobre 2020 à 20H34

Certains se demandent à quoi peuvent encore être utiles les seniors qui pullulent dès la retraite sur la planète ? Rassurons-les. Pas d'inquiétude sur ce point ! D'abord, les vieux servent à créer des emplois : Toutes les professions du médicosocial, auxiliaires de vie, service à la personne, accompagnateurs de personnes âgées, aides à domicile...

Ils permettent ensuite une intensification réjouissante des essais cliniques et de la recherche biomédicale en général. Et on ne parle pas uniquement des personnes en état de dépendance. Enfin leur multiplication est devenue une aubaine de 130 milliards d'euros en France, dans le vaste marché de la silver économie dont ils sont les destinataires : Produits et services, habitat, domotique, loisirs et voyages, communications et croisières, assurances… ça marche ! Bon… Pourquoi pas ? Mais pour se référer à cette semaine bleue, en modeste complément à la déclaration universelle des droits de l'Homme, il ne serait pas inutile de s'intéresser à la déclaration personnelle des besoins des vieux…

On pourrait ainsi penser à proclamer les quatre piliers d'un vieillissement heureux !

1 • L'impact de son environnement - "Des patates et des hommes"
Pour prospérer, un végétal a besoin de terre, d'eau, de soleil et de vent ! Et l'être humain vieillissant ? De quelles situations obtient-il son bien-être existentiel ? D'abord de son environnement de vie immédiat ! La satisfaction de ses besoins fondamentaux devrait combiner :
• L'aménagement d'un espace d'habitation peuplé de ses repères familiers, de ses habitudes, ou alors de ses choix personnels pour les modifier, offrant un bien-être matériel, avec un confort dépourvu de stress "négatif", mais pas de stimuli ! • Une tranquillité affective fondée sur des liens avec les siens, liens intimes réguliers, aimants et toniques, éloignant la solitude avec son cortège de doutes et de désespoir. • Des conditions économiques assurant sécurité et sérénité. • Un environnement social stimulant et valorisant, avec des échanges vivifiants, où il est et se sent utile, où il obtient la considération dont il a besoin. • Un entourage qui sollicite et dope ses activités : physiques, intellectuelles, relationnelles. Et le tout dans la régularité de son existence quotidienne. 

2 • Demeurer actif – "Si c'est toi qui fais à ma place, tu me tues"
Secondement, il importe que le senior demeure actif, dans la tranquillité, selon ses possibilités : pouvoir d'agir sur son cadre de vie, physique, intellectuel, relationnel, mental… C'est l'action qui concrétise, mesure et vérifie notre relation au monde. C'est elle qui fait de nous "un acteur" et plus encore, le cas échéant, un "auteur" de notre vie. Le pire c'est d'entendre : "Ne bougez pas, je m'occupe de tout !". L'inactivité, conjuguée à la dépendance à l'égard des autres, conduit le gramoun au délabrement certain : "Si tu fais à ma place, tu me tues !"

3 • Maintenir ou reconquérir un statut social reconnu – "Je refuse de n'être plus rien"
Ensuite comme à tout âge, la personne retraitée et vieillissante doit se (re)trouver une place dans la société, un rôle, un statut social qui lui accorde reconnaissance et considération. La fin du travail équivaut d'habitude à la perte du statut et des représentations qui lui étaient attachées. Il faut inventer un mode de relation à la société, dont la personne a toujours besoin pour conférer un sens à son existence terrestre. Le statut social établit le lien reconnu que l'individu entretient avec les structures de la vie collective. 

4 • L'utilité sociale - "Qui veut encore de moi ?"
Il est important que sa capacité d'agir et sa place dans la société permettent au senior de se sentir socialement utile, même si l'espace de cette utilité se réduit à la sphère familiale. Au travers de ses structures d'autorité et de décisions, le système a tendance à alimenter une altération croissante du pouvoir social des individus et des groupes sociaux démunis, dont la catégorie des seniors est une parfaite illustration. Il est certain que chez les seniors, ne plus trouver de rôle utile -même modeste- conduit à une dégradation sournoise de la confiance et de l'estime pour soi. Et de l'intérêt à la vie collective : " On ne fonde pas de la citoyenneté sur de l'inutilité sociale".

 

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