Coronavirus : L’incertitude grandit à La Réunion chez les esthéticiennes

"Nous ne savons pas si les gens oseront venir et si nous serons suivis par le gouvernement", s’inquiète Corine Bédier. Comme de nombreuses esthéticiennes, la présidente de la Confédération nationale artisanale des instituts de beauté (CNAIB) 974 a dû baisser rideau à l’annonce du confinement. Si la date de réouverture se rapproche, les questions demeurent.
Loin de se laisser abattre, la CNAIB nationale a pris les devants en établissant un protocole de sécurité et des fiches sanitaires pour ses ressortissants. Problème, le ministère de la Santé n’a toujours pas donné de réponse sur la validité ou non de ces démarches. Néanmoins, la CNAIB va mettre en ligne des stages sur l’hygiène et la sécurité pour tous les professionnels du secteur.
Mais au-delà de ce protocole, c’est surtout les moyens de reprise qui inquiètent les professionnels de la beauté et du bien-être. Étant donné que le métier nécessite une proximité avec les clients, les esthéticiennes devront se munir d’un équipement digne de professionnels de la santé (masques, gants, surchaussures, blouses, charlottes, draps jetables, gels hydroalcooliques). Un coût supplémentaire qui va peser lourd après 2 mois d’inactivité.
"Il va y avoir des dommages collatéraux"
Surtout que comme l’ensemble des entreprises, les salons de beauté, spa et ongleries sont en attente d’éclaircissements au niveau des assurances, des aides pour les loyers et des annulations de charges sociales. Comme 75% des entreprises du secteur n’ont pas de salariés, elles sont de facto éliminées de certaines aides. Seule une aide de l’État leur est parvenue à l’heure actuelle.
"Comme le dit le président de la Chambre des Métiers et d’Artisanat, il va y avoir des dommages collatéraux", regrette Corine Bédier. Et pour cause, sur environ 700 entreprises que compte le secteur dans l’île, toutes ne devraient pas réussir à survivre si rien de concret ne leur est proposé.
Une inquiétude particulièrement vraie pour ceux et celles qui ont ouvert récemment, affirme la présidente de la CNAIB à La Réunion. Mais malgré toutes ces craintes, Corine Bédier l’assure : "nous sommes totalement solidaires et restons au fait des décisions gouvernementales".


