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2004 - 2010 : L'impact de la “municipalisation” des Régionales, n'est pas le même

Lors des Régionales de 2004, la droite unie avait 19 communes dont Saint-André, Saint-Benoît, Saint-Paul, Saint-Pierre, Saint-Denis et Tampon. La liste “l'Union fait La Réunion”, conduite par Alain Bénard, avait alors fait 32,82 % contre 44,85 % à l'Alliance de Paul Vergès, et 22,33 % pour le PS de Michel Vergoz.
Ecrit par zinfos974 – le vendredi 19 mars 2010 à 16H01

La droite a toujours été victime du paradoxe des Régionales. En 2004, la droite était à la direction de 19 communes sur 24 dont les principales villes de l'île : Tampon, Saint-Pierre, Saint-Paul, Saint-Denis, Saint-André et Saint-Benoît. C'est malgré tout avec la plus grande difficulté que la liste “l'Union fait La Réunion” a atteint les 32 % de suffrages exprimés au second tour.

A l'époque et lors de la campagne électorale, Paul Vergès n'a cessé de dénoncer la politique “de casse sociale” de Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre du président de la République, Jacques Chirac. 44,85 % (135.706 électeurs) des 314.641 votants l'avaient suivi. Six ans plus tard, la tête de liste de l'Alliance, de par ses relations privilégiées avec Matignon et Nicolas Sarkozy, a évité de reprendre cet axe de campagne, du moins jusqu'au soir du premier tour.

Le chef de l'Alliance a en effet radicalisé sa position au soir du premier tour. Depuis, Paul Vergès ne cesse de s'en prendre à la politique “de casse sociale du gouvernement UMP”. Mais cette fois-ci, son discours ne semble plus trouver écho auprès des Réunionnais, y compris auprès de ses militants les plus fidèles, alors que le PCR possède deux fois plus de communes (six) depuis 2008, dont Saint-Paul et Saint-André.

Erreur de communication de Paul Vergès ?

C'est au contraire la droite, avec à sa tête Didier Robert, arrivé à la direction de la mairie du Tampon il y a quatre ans, qui semble focaliser une dynamique autour de son nom et de sa liste. Le paradoxe, c'est qu'entre 2004 et 2010, la droite a perdu 11 mairies. Mais ce fait, est-il vraiment un paradoxe où découle-t-il tout simplement, d'une part de l'usure du pouvoir des communistes et d'une volonté de changement et, d'autre part, d'une grande attente de la population la plus modeste et la plus précaire ?

Paul Vergès a-t-il commis une erreur de stratégie de communication en rejetant toute la responsabilité de la difficile situation sociale à La Réunion sur le gouvernement, alors que son camp politique dirige seul la Région Réunion, six communes, et de manière collégiale, le Département ? Sans aucun doute.

Les 52 % de la population réunionnaise vivant sous le seuil de la pauvreté que Paul Vergès brandit à chaque intervention médiatique n'ont-ils pas marre de servir d'alibi à l'Alliance, alors qu'en même temps, la Région Réunion que Paul Vergès dirige depuis 12 ans, donne l'impression de ne faire que dans le gigantisme (route des Tamarins, tram-train, MCUR) et uniquement pour les proches et nantis du PCR et de ses alliés ? C'est du moins le ressenti d'une partie de ceux qui ont toujours cru en Paul Vergès.

“Il ne faut pas municipaliser une élection régionale”

Pour ne pas avoir vu naître en son “peuple”, ses militants et ses partisans, un sentiment d'abandon, Paul Vergès a préparé le terrain pour la droite, pourtant dépouillée de 11 communes depuis 2008, mais qui pourrait gagner par défaut cette élection régionale. La droite n'a eu qu'à attendre que la majorité régionale déclenche le processus.

S'il arrive à terme dimanche, il aura duré 12 ans. “Il ne faut pas municipaliser une élection régionale”. Si en 2004, Paul Vergès n'avait pas le moyen de le faire, cette fois-ci, il aurait dû composer avec Eric Fruteau, maire de Saint-André, Huguette Bello, maire de Saint-Paul, et Claude Hoarau, maire de Saint-Louis, ainsi qu'avec Roland Robert, maire de La Possession, et Jean-Yves Langenier, maire du Port.

Le pouvoir implique souvent la prétention, l'arrogance et le mépris. Toutefois, les sentiments qui font le plus mal, c'est l'oubli et l'abandon. Paul Vergès répète souvent : “Pour savoir où tu es et où tu vas, regarde d'où tu viens”. Paul Vergès a-t-il oublié d'appliquer à lui-même son adage ?

Si la droite, a “municipalisé”  avec excès les Régionales en 2004, et un peu en 2010, Paul Vergès a lui toujours dit, “une élection régionale, ce n'est pas 24 élections municipales”. Cette fois-ci, cela pourrait bien être le cas. Et même si ce sera par défaut...

La cartographie politique des communes avant le second tour des Régionales 2010

PCR : Le Port, La Possession, Saint-Paul, Saint-Louis, Sainte-Suzanne, Saint-André : (6)

PS : La Plaine des Palmistes, Saint-Benoît, Saint-Denis, Saint-Joseph, Petite-Ile : (5)

Divers gauche : Trois-Bassins (1)

Divers droite ou centriste : Entre-Deux, Avirons, Sainte-Rose, Saint-Leu : (4)

Droite (UMP et Objectif Réunion) : Cilaos, Saint-Pierre, Tampon, Saint-Philippe, Bras-Panon, Salazie, Sainte-Marie, Etang-Salé : (8)

La cartographie politique des communes lors des Régionales de 2004

PCR : Le Port, La Possession, Sainte-Suzanne : (3)

PS : Saint-Joseph, Petite-Ile : (2)

Droite (UMP et divers droite) : Cilaos, Saint-Pierre, Tampon, Saint-Philippe, Bras-Panon, Salazie, Sainte-Marie, Etang-Salé, Saint-Paul, Saint-Louis, Saint-André, Entre-Deux, Les Avirons, Sainte-Rose, Saint-Leu, Trois-Bassins, La Plaine des Palmistes, Saint-Benoît, Saint-Denis : (19)

 

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