"Pas de vague", un phénomène qui ne devrait pas concerner que les enseignants

Il y a eu "Balance ton porc", il y a maintenant "Pas de vague". Ce nouveau hashtag est né ces derniers jours sur Twitter suite à l'affaire de la professeure braquée en plein cours.
L’occasion pour des milliers d’enseignants de témoigner de l'indifférence de leur hiérarchie. Ils se sentent isolés, sans soutien, condamnés à ne pas faire de vagues.
Quelques exemples : Une professeure se fait agresser au cutter par un élève. Il est juste renvoyé quelques jours. Des lycéens s'exhibent devant leur professeure pendant les cours. Réponse de sa direction ? On lui demande de "mieux gérer sa classe".
Une autre se fait traiter de "suceuse" par un élève. Sanction ? Une demi-journée d’exclusion… Et je ne vous parle pas des étranglements ou des menaces de mort, de la part d’élèves mais aussi de parents...
Pour le moment, ce hashtag est réservé aux enseignants. Mais il est tellement symptomatique de la façon de gouverner de nos hommes politiques que je propose qu’on l’étende à bien d’autres secteurs.
Prenons l’exemple de nos aliments. Tout le monde sait aujourd’hui que les conserves sont bourrées d’additifs dont certains sont cancérigènes. Sans parler du sel et du sucre en quantités excessives, qui provoquent du cholestérol et du diabète. Tout le monde le sait, sauf le gouvernement. Il ne faut surtout pas faire de vagues, surtout ne pas braquer les industriels qui financent leurs campagnes électorales.
Autre exemple : Tout le monde sait que nos aliments sont bourrés de pesticides. Il faudrait les diminuer, voire les interdire tout en privilégiant le bio. Oui, mais vous comprenez, ça risquerait de fâcher les agriculteurs qui pourraient voter contre nous. Et tant pis si nous continuons à nous empoisonner à petit feu.
Quand ça pètera, les ministres actuels ne seront plus au gouvernement. Et de toutes façons, comptons sur leurs successeurs pour les blanchir, à l’image d’un Laurent Fabius dans l’affaire du sang contaminé…
Dernier exemple : le plastique. Ca fait des années et des années que l’on sait qu’il est dangereux. Le phénomène de ces véritables continents de plastique flottant au milieu des océans est connu de tous. Sans parler des microparticules de plastique, les plus dangereuses car invisibles, que l’on retrouve partout, y compris dans nos aliments, issus de la détérioration et de la fragmentation du plastique. Les solutions existent. Heureusement l’homme est inventif. Qu’attend-on pour remplacer le plastique par des récipients biodégradables ?
Et je ne vous parle pas de la nécessité de développer le photovoltaïque, les éoliennes, l’énergie des mers, etc…
Non, on préfère y aller à petites touches… Toujours cette phobie du "ne pas faire de vagues"…
On commence à prendre conscience des conséquences de cette politique catastrophique. J’ai peur que, quand on se décidera enfin à réagir, qu’il ne soit trop tard…


