Régionales : Robert et Virapoullé avaient bien signé “un protocole d'accord”

“L'union de la droite a été un travail de longue haleine. Nous avons travaillé chacun de notre côté, nous avons établi un document de travail, l'union qui vient d'être scellée est d'une part une volonté commune, et la concrétisation de l'ambition de la droite pour La Réunion”.
C'est dans sa permanence parlementaire de la rue de la Victoire à Saint-Denis que le député René-Paul Victoire expliquait la réalisation de l'union entre Didier Robert et Jean-Paul Virapoullé. Le député-maire du Tampon avait alors mis en avant “sa capacité de rassemblement”, et le sénateur insistait sur “ce jeune porteur d'espoir pour La Réunion”, le même que JPV a traité de “dictateur” il y a deux jours.
“Le mariage de raison qui dure plus longtemps qu'un mariage de passion” que défendait Jean-Paul Virapoullé lors du Congrès de la Droite, le 13 décembre 2009, à Saint-Pierre, n'a donc pas résisté aux ordres inappropriés et aux manipulations maladroites (ou efficaces) de la direction nationale de l'UMP, qui a imposé cette union forcée.
Cette union a consigné dans un document intitulé : “Protocole d'union au service de la population au service de La Réunion” par Didier Robert et Jean-Paul Virapoullé, “en pleine concertation avec Michel Fontaine, président de l'UMP”.
“Cette démarche sera validée lors du Congrès de l'Union (c'était le 13 décembre 2009), réunissant l'UMP, Objectif Réunion, le Nouveau centre, la Relève, les divers droites, et tous mouvements qui s'associeront à ce processus d'union sur les bases suivantes :
- affirmation de l'Union de la droite ;
- Union de la droite portée par l'UMP, Objectif Réunion, La Relève, le Nouveau centre, et les mouvements associés ;
- présentation d'un projet commun au service de La Réunion ;
- désignation de Didier Robert comme tête de liste de l'Union de la droite aux élections régionales de mars 2010 ;
- désignation de Jean-Paul Virapoullé comme coordonnateur aux élections régionales de mars 2010.
Le document d'une page précise : “La liste d'union sera l'expression de la réalité des mouvements et partis politiques, ainsi que de la juste représentation de la société civile”.
Plus important ce “protocole d'accord” explicite les “critères” de la constitution de la liste : “Le candidat tête de liste et le coordonnateur portent ensemble la responsabilité égale de la constitution de la liste et de son équilibre en relation avec tous les autres partenaires”.
C'est cet article du “protocole d'accord” que le camp Virapoullé n'a cessé de revendiquer : “Nous demandons à Didier Robert de respecter ce qui est écrit”. “Il y a un moment il faut savoir sortir du protocole, pour avancer”, a répondu proche du camp Robert.
A la lecture du “protocole d'union au service de La Réunion”, c'est vrai, le camp Robert porte en grande partie la responsabilité de la rupture de l'union de la droite. C'est vrai aussi que le camp Virapoullé avait droit également à son quota de représentants. Et c'est vrai enfin, le député-maire du Tampon a peut-être manqué de subtilité, de tact et de stratégie pour atteindre son objectif : “c'est-à-dire aller au delà du protocole”.
Mais dans l'esprit et aux yeux d'un grand nombre de Réunionnais, Didier Robert n'a-t-il pas essayé de renouveler la classe politique, et d'évincer certains cumulards assoiffés de pouvoir, de cette fameuse liste d'union ?
Résultat : encore deux cocus, un divorce, deux listes “officielles” à droite, des milliers de militants en souffrance et le camp Vergès plié de rire...


