Hommage aux Gonis
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En dirait na d’moune y appelle déhors… Ah ! té ou alors. Rente à ou mounoir ! Tension l’coco , la porte lé in peu bas.
Agarde pas l’désorde dans mon cuisine. Na in peu la fumée, Moin té pou allume de feu pou coule café. oua boire in peu ensemb moin talèr.
Assise à ou là même su demi balle maïs . Mi sorte graine ça pou mon ban’n volailles. Pas besoin la peur, goni lé vieux mais lé pas sale. Li lé com’m in pouf même. Coméla lé en tissus, lé plus joli mais lé pareil...
Ou lé encore jeune, ou la p’tète pas connu goni ou ! A nous band ti malhereux, qui soit dans lé hauts ou dans les bas, nous la grandi ek ça même. Gonis la suive à nous partout... Té y ren’n bien service.
Longtemps toute zafère té arrive ladan. Qui soit de riz, pois d’ cap, zaricot, tourteau pou zanimaux, toute. De suc aussi quand té sorte l’usine té emballé ladan. Fallait voir band dockèr porte tout ça su la tête quand bateau té rente au port !
Quand z’ouvriers su camion té décharge ça pou commerçants, des fois té porte deux d’in coup jusqu’à la boutique. Les boug l’avaient courage dans c’temps là. Pas com’m coméla.
Ben quand ou té achète de riz , le grain ou bien de suc, commerçant té donne à ou le goni avec, si té pas loin vide. Mais si ou l’avait moyen achète deux-trois marchandises par balle té meilleur encore. Après ça ou l’avait in in bon peu gonis. Mais li pouvait ven’n à ou aussi pou in cinq francs ou in dix francs. Y dépend comment l’était. . Mais mi parle à ou, dans c’temps là té encore l’argent CFA !
De moune y utilise pu parce coméla na sacs plastique, mais moins mi profère mon goni parce li lé plus pratique.
Moin na encore deux- trois. Mi utilise à li fur à mesure, jusqu’à tant la fini usé. Mais même ça, quand li lé pu bon, mi mète à li devant la porte pou essuie le pied d’ssus.
Avant ça, ban’n planteurs quand l’avaient point souliers, té amarre in boute sus l’pieds pou protège in peu fourmis. Bonne tantines aussi té fait savates ensemb pou marche dans la case.
Zot Té découpe la semelle dans in zanponne palmiss ou bien coco, té entoure ek in morceau goni après té recouve ek tissus. Si té gain’n pas trop d’leau, y pouvait dure in peu d’temps.
Mais coméla gonis y doit pu trouver parce moins la entendu dire qu’ ban’na y veut mète ça dans in musée. Y prétend y sera in maison civilisation.
Ben si zot y fait vraiment, y faudra prévoir in grand panneau, parce gonis na zafères pou raconter, mi peux assure à ou !
Dans noute temps quand ti cochons té fini sevrés, té mète deux ou trois dans in goni, et pu té porte ça su su zépaule pou essaye ven’n case en case. Des fois demoune té y achète mais des fois nous té ramène toute aussi.
Gonis la serve in bon peu dans la case. Quand té pou fait la cuisine, si marmaille té encore p’tit, té mète à li assise dessus, coté ou. Comme ça l’avait in zieux d’ssus. Sat té in peu plus grand aussi té assise dessus pou manger. Le reste et pu gramoune té assise sus l’banc avec le plat sus l’ genoux ou bien dans la main.
Des fois gramounes aussi té mange su gonis, mais solement quand té arrive jour d’lan. Ou bien quand té sa en party. Si l’temps té bon, té rouve deux-trois sous pied’bois, té mèt le vanne ek feuilles figue au milieu et pi toute l’moune té assise autour. Té l’occasion pou mange in morceau volaille. Parce dans c’temps là, té y voit pas la viande tous les jours !
Mais plus souvent té pou travail que gonis la bien ren’n à nous service. Quand té dan’n bitation, qui soit pou charroye manioc, patates, zépis maïs, ou bien pou ramasse zaricots, nous té emballe tout ça ladan après té porte su la tête.
Si l’avait in paquet d’bois ou bien in grand morceau in peu lourd pou porter, té plie le goni en quatre et pu té mète dessous, comme ça té fait pas mal le coco ou bien le zépaule.
Plupart d’temps quand té monte là haut Domaine pou fait bardeaux ou, si l’avait gain’n deux–trois journées travail avec z’eaux et forêts, nous té resse sur place dan’n camp.
Pou dormir té pas compliqué. Té enterre quatre fourches de bois en carré, té enfile trois gonis su deux gaulettes, après té pose ça d’essus. Si té bien amarré y bougeait pas. Nous té dort la d’ssus et té couve à nous ek gonis même.
Et pu, ou connaît, l’avait point plus meilleur pou empare la plu ! Si té tombe pas trop fort, nous té mète in goni sus l’dos, té attache à li autour l’cou ek in cheville de bois ou bien in grand coulou. Avec ça ou té pas maillé. Ou té gain’n travaille plus facilement.
Band marmaille aussi té empare ek ça même. Solement au lieu mète à plate su l’dos, té enfonce in coté le goni en’dans, et pu té fait in capuchon pou mète su la tête. Té y protège bien aussi.
Mais à bien dire à ou, marmaille té pensent plutôt jouer avec gonis. Zot té y aime assise dessus et pu traine ça dan’n zerbes chaqu’in’n le tour. Ou bien té rente dedans pou fait la course. Souvent quand l’avait la fête ban’na té organise compétitions pou zot. Té y fait bien rire ! Après ça le premier té gain’n un tablette chocolat ou bien in sachet pastilles.
Coça la pas fait avec gonis ! sat la pas connu y peut pas maginer ! Mi crois qu’ li la serve pou toute zafères. En fin d’conte li l’était polyvalent… Com’m ça même y dit, non ?
Mais bien sûr, comélà lé moderne, lé pu question enserve ça dans in villa ou bien dans in l’immeuble. Mais figure à ou mi connais in boug la voyage in peu, la dit à moins li la vu là bas Canada in boutique pou touristes. En’dans té décoré ensemb planches et vieux caisses en bois
et toutes friandises té présentées dan’n gonis ou bien dan’n grands bocals en verre comme longtemps. P’tète in jour va trouve in créole pou fait pareil la Réunion.
Bon !… on dirait la grègue lé plein….Atten’n mi trappe deux tasses … café lé pas trop fort ?... Ben à nous mounoir.


