Michel Vergoz : "Martine Aubry viendra à la Réunion mi-février"

Michel Vergoz, vous êtes tête de liste socialiste dans la course à la Région. Vous avez présenté les axes forts de votre campagne politique pour les deux prochains mois. Pourquoi l'avoir fait au Tampon ?
"Il fallait bien commencer quelque part. Pourquoi pas le Tampon ? D'autant que, disons le net, nous souhaitions dire à Didier Robert, 'l'UMP nous voilà'. Quelle meilleure façon de le faire au Tampon ? La deuxième chose c'est que du Tampon, on atterrit plus facilement à Saint-Pierre. Et comme nous serons la semaine prochaine à Saint-Pierre dans le cadre de la deuxième rencontre avec la population. Tous les liens étaient faits..."
Le Parti socialiste va organiser des débats publics avec la population réunionnaise à travers cinq grandes thématiques de votre programme sous le signe de la "Réunion des défis". Qu'en est-il précisément ?
"C'est une démarche novatrice. C'est la première fois qu'une formation politique, et en tous cas le Parti socialiste, met au débat public son projet, son programme pour des élections, en l'occurrence pour ces élections régionales. Nous avons fini la première partie de notre campagne qui s'adressait principalement et uniquement aux militants (...). Il s'agissait de la première phase.
Il nous fallait entamer avant la troisième la deuxième phase que nous appelons la phase de 'Rencontres participactives'. Il s'agit précisément dans un esprit réel d'ouverture de passer à une phase d'écoute active et de soumettre notre programme au débat public avec des acteurs, des personnes ressources, des citoyens qui se sentent concernés par tel ou tel sujet, ce qui mènera à la critique et à l'enrichissement participatif de notre projet. (...).
En tous cas, ces cinq 'rencontres participactives' qui auront lieu sur les prochaines semaines seront placées sous le signe de cinq thèmes qui constitueront autant de défis que la Réunion a à relever. Celles-ci se feront tous les vendredi. Nous commençons par le Tampon demain, nous serons à Saint-Pierre la semaine prochaine, à Saint-Denis dans deux semaines puis à Saint-Paul dans trois semaines et à Saint-Benoit, avant que nous nous retrouvions le 20 février pour une grande réunion de restitution de ce qu'il en sera advenu de nos positions et orientations après ces rencontres.
C'est donc un Parti socialiste qui se veut ouvert aux discussions, aux confrontations d'idées et aux amendements. Ces rencontres, pour être encore plus proches du terrain, seront précédées par une visite de terrain deux jours avant. Ainsi hier, nous étions au Tampon à la rencontre de cinq chefs d'entreprises et acteurs économiques, dans le cadre de la thématique sur le développement économique durable."
"L'occasion fait le larron"
Une réunion de restitution de ces débats interviendra en février prochain. Quelle utilisation ferez-vous de ces résultats ?
"C'est important. Le résultat sera celui d'un enrichissement participatif du terrain avec des démarches et amendements en provenance du terrain, des acteurs, des citoyens que l'on entend pas suffisamment. C'est très précieux. Et c'est à partir de ce moment là que notre projet socialiste qui a été voté le 5 décembre 2009 en Convention fédérale à Saint-Denis, trouvera sa pleine force avec ces enrichissements qui seront intégrés dans le corps de notre projet. Dès lors qu'ils ne viendront pas en opposition formelle avec les grandes orientations des actions que nous avons arrêtées."
Il a été également question de la venue de la première secrétaire du PS, Martine Aubry, dans le département. Confirmez-vous ?
"Je vous confirme la venue de Martine Aubry, première secrétaire nationale du Parti socialiste. Cette visite aura lieu à la mi-février et s'intègrera dans la campagne de la liste d'Union des socialistes et je peux même vous préciser avec assurance que son avion atterrira à l'aéroport de Gillot à Saint-Denis, dans le chef-lieu."
Le président de la République Nicolas Sarkozy sera présent dans le département les 18 et 19 janvier prochains. Quelle est votre position sur cette venue qui s'inscrit directement dans le cadre de la campagne de l'Union de droite pour les Régionales ?
"L'occasion fait le larron. Le président de la République française et on sait combien d'ardeur il met à sa tâche militante au niveau de son parti l'UMP, vient effectivement dans le cadre des élections régionales, cela est clair et net. Je vous le rappelle, au mois de novembre il participait avec l'ensemble des têtes de liste à un meeting arrêtant les têtes de liste aux Régionales pour l'UMP.
Je vous rappelle également qu'en décembre, il invitait à l'Elysée l'ensemble de ces mêmes têtes de liste UMP aux Régionales. C'est vous dire qu'il ne met pas son drapeau dans la poche et lorsqu'il prétend parler au nom de tous les Français, nous sommes nombreux aujourd'hui à être sûrs que c'est principalement de sa famille politique dont il parle.
Il utilise bien évidemment les moyens que lui confère sa stature pour mener campagne. S'il y a bien une chose sur laquelle nous ne serons pas sur le même niveau, c'est au niveau de nos budgets de campagne respectifs. L'UMP lâche d'ores-et-déjà tout le monde sur ce point mais le budget élyséen, hélas, n'y sera pas intégré. Mais compte tenu que monsieur le président de la République, par ailleurs ministre du verbe et de la parole, a un grand déficit en crédibilité. Nous emprunterons cette voie pour dire combien il est venu ici développer le verbe et la parole."


