ARAST : Paul Vergès veut “le règlement de ce dossier avant la fin de la semaine”

“Le Conseil régional :
- demande au gouvernement de diligenter à La Réunion dans les meilleurs délais une mission de l'IGAS, afin de faire toute la lumière sur ce dossier ;
- demande à l'État de prendre les initiatives et les dispositions appropriées permettant l'intervention d'une solution ;
- souligne qu'il ne serait pas compris par l'opinion que le président de la République vienne à La Réunion, prôner le développement durable dans une telle situation et constate l'impuissance apparente de l'État à faire appliquer le droit”.
Cette conclusion de la motion a déclenché une réaction ferme de l'opposition régionale. Pour Roland Hoareau, la Région Réunion n'a pas à s'immiscer dans les prérogatives du Conseil général. Huguette Ramassamy et Dominique Fournel, également pour le groupe UMP et apparentés, ont dit “ne pas comprendre la mise en cause de l'État dans ce dossier”.
“Il ne s'agit pas de remettre en cause l'État”, a répondu Raymond Lauret pour la majorité régionale. “Il s'agit d'avoir une application de la loi et du droit. Il est important et urgent de mettre fin à ce drame humain et ce désordre qui font sourire certains”, a poursuivi Raymond Lauret.
La Région s'immisce dans les affaires du Département ?
C'est Roland Hoarau qui a alors lancé une passerelle entre la majorité et l'opposition. “Le troisième point de cette conclusion me gène”. Huguette Ramassamy a pointé elle, deux “considérants” de la motion. Michel Tamaya a indiqué à son tour que la Région Réunion “n'a pas à s'ingérer dans les affaires du Département”.
Puis, Michel Tamaya a proposé que la mission de l'IGAS, si mission il doit y avoir, nomme un médiateur. “Si nous intervenons dans ce problème, c'est parce qu'il y a une prise de conscience de la précarité. Et c'est à huit jours de l'arrivée du président de la République que l'on étale sur la place publique cette distorsion sociale”, a répondu Paul Vergès.
"Que l'IGAS vienne faire ici ce que les instances réunionnaises auraient dû faire”
Paul Vergès a donné sa vision sur l'ampleur de cette crise sociale. “C'est vrai que le président de la République n'est impliqué d'aucune façon dans cette crise sociale, mais il en sera le témoin. Si ce problème s'était posé à l'échelle nationale, c'est toute la France, c'est l'État dans son ensemble qui se serait mobilisé. Ici, on ne cesse de se déchirer. Alors que l'IGAS vienne faire ici ce que les instances réunionnaises auraient dû faire”.
Paul Vergès a dénoncé ensuite la gestion de l'ARAST. “Et quand je vois les salaires qui y sont pratiqués, ils se traduisent par des émoluments mensuels de 8.300 euros, quand je vois des rémunérations à 4, 5, 6 ou 7.000 euros, dans une association subventionnée par les fonds publics, dont la mission première et d'aider les plus démunis...”
“Est-ce qu'il faut laisser trainer ce scandale jusqu'à l'arrivée du président de la République. Quelle personnalité on veut remettre en cause ? Je vous laisse imaginer les intérêts des uns et des autres. Aussi, nous ferons tout pour que les véritables raisons de ce scandale soient mises au grand jour et ce dossier sera réglé avant de la fin de la semaine”.
Au final, un accord a été trouvé pour une modification de certains termes de la motion.
La motion modifiée a été voté à l'unanimité. Voici la nouvelle version :
Le Conseil régional, considérant les motions présentées par les différents groupes de l'assemblée sur la route du Littoral et le tram-train :
- réaffirme le caractère prioritaire du tram-train et de la nouvelle route du Littoral ;
- souligne qu'en application du protocole de Matignon, l'Etat et la Région doivent conjuguer leurs efforts pour faire avancer ces deux dossiers prioritaires dans les meilleures conditions et dans les meilleurs délais ;
- réaffirme la volonté unanime des conseillers régionaux de contribuer à l'avancement de ces deux dossiers ;
- dans cet esprit approuve la proposition du président de la Région d'inviter les représentants des groupes politiques, à participer aux travaux du comité de pilotage sur la route du Littoral.


