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Réunion/Maurice : Quelles visions stratégiques ?

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 29 septembre 2017 à 11H07

Le projet de campus d’excellence à Maurice reflète la stratégie offensive de développement de notre voisin, qui polarise la région du sud-ouest de l’océan Indien à son profit, alors que La Réunion s’enlise dans un développement marginal et périphérique. 

Avec le concours d’instituts et de grandes écoles français et internationaux, Maurice veut organiser des formations de haut niveau à destination de ses ressortissants mais aussi des étudiants étrangers, notamment ceux issus de notre zone géographique. Ce seront des formations payantes, effectuées en anglais qui draineront les élites futures des pays concernés. Outre que cela se traduira par une intensification de l’anglais dans cette partie du monde au détriment du français, il en résultera une accentuation de la marginalisation de La Réunion au sein de son environnement géographique. 

Méthodiquement, Maurice s’est organisée pour devenir  le hub, le pôle de l’océan Indien dans tous les domaines : aéroportuaire, maritime (port franc), numérique (centres d’appels), touristique, commercial (duty free island), halieutique (sea food hub), sanitaire (tourisme médical), diplomatique (sièges de la COI et de l’IOR). Elle s’érige maintenant en pôle d’excellence de formations supérieures dans cette région du monde. De telles initiatives forcent l’admiration.

Cela s’inscrit dans une stratégie de développement qui tient compte des relations entre les territoires, fondées sur la dialectique des « centres » et des « périphéries ». Les centres sont des lieux dynamiques, où convergent les flux d’hommes, de capitaux, de produits, d’informations tandis que les périphéries, calques en négatif de ces centres, restent mal développées et dominées. Maurice s’organise pour devenir avec succès un « centre » dans cette région du monde. 

Cela se fait grâce au génie mauricien, à l’aide internationale, notamment française et européenne et au concours de sociétés franco-réunionnaises pour lesquelles le patriotisme économique (ou encore l’ancrage territorial) ne pèse rien face au sacro-saint profit. Pourquoi cette contradiction entre les politiques intérieures de la France et de l’Europe censées développer La Réunion, d’une part et leurs politiques commerciales et d’aide au développement, d’autre part, qui sacrifient nos intérêts ? Tout simplement parce que ceux-ci pèsent peu face à la stratégie diplomatique et économique de la France et de l’Europe.

La Réunion, déjà région ultrapériphérique de la France métropolitaine, « n’imprime » pas dans son environnement géographique. Dans tous les domaines listés ci-dessus, qui peut dire que nous soyons un « hub » ? A défaut de devenir un « centre » comme Maurice, La Réunion peut devenir une « périphérie qui compte davantage sur ses propres forces » et adopter une stratégie qui lui soit propre. Cela vaut pour le développement local. Cela vaut aussi pour son ouverture au monde : coordonner son développement avec celui de Mayotte et des TAAF ; coopérer étroitement avec Madagascar avec laquelle nous sommes si complémentaires ; servir d’interface entre le sud-ouest de l’océan Indien et l’Europe… Je ne suis pas sûr que ces priorités soient celles des institutions qui semblent privilégier un clinquant saupoudrage dans le domaine de la coopération régionale.

 

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