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Les flics en délire, les escrocs en liberté et la presse en sursis

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 27 septembre 2017 à 17H15

Si les Mauriciens savaient que leur pays allait mal, ils ne se doutaient pas à quel point. Spectacle désolant offert par les politiques et les journalistes au peuple mauricien pour les 50 ans de l'indépendance. Tout comme une piètre idée de la démocratie lorsque des journalistes sont en "état d'arrestation" par des flics en délire tout en étant "libres".

 
La Mauricienne l'avait annoncé tel l'oracle que cette nouvelle série Netflix made in Mauritius dévoilée par la presse était la série à ne pas rater (lire "[les Zorro de la presse ont eu la peau de l'Attorney General]urlblank:http://www.zinfos974.com/lamauricienne/Les-Zorro-de-la-presse-ont-eu-la-peau-de-l-Attorney-General_a90.html " sur le [blog La Mauricienne zinfo974]urlblank:http://www.zinfos974.com/lamauricienne/ ). Une parodie d'enquête d'investigation montée en mayonnaise et un manque flagrant de déontologie et d'éthique. Un escroc transformé en héros et des journalistes qui sont devenus leur propre caricature. 

Rappel des faits.
Le journal de La Sentinelle titrait en Une, le 11 septembre dernier : "Blanchiment d’argent soupçonné : Les jeux sont-ils faits pour Ravi Yerrigadoo ?" avec en première page une lettre portant l’entête du Bureau de l’Attorney General et la signature du principal concerné. À en croire la publication, le scandale est sans précédent. Un certain Hussein Abdool Rahim accuse le ministre de la Justice de blanchiment d’argent à hauteur d"un million d'euro. Il implique également deux autres compères. La lettre fait comprendre que l’ancien Attorney General se porte garant pour le parieur auprès de Bet365 et qu’il n’y a aucune entrave légale à ce que Hussein Abdool Rahim décaisse ses gains de cette société de paris en ligne. Ces révélations ont mené à la démission de Ravi Yerrigadoo.

Depuis, l'affaire Bet365 a connu un revirement de taille après que Husein Abdool Rahim a changé sa version le 21 septembre sur le plateau de Radio Plus. Lui qui avait, au départ, accusé l’ex-Attorney General, Ravi Yerrigadoo, de tentative de blanchiment d’argent, accuse désormais Roshi Bhadain de complot avec la complicité des journalistes de la Sentinelle. 

Les journalistes qui ont contribué à rendre publique cette accusation sont désormais dans le collimateur des enquêteurs pour "complot" contre Ravi Yerrigadoo. Et notre ex Attorney General passé à la lessive, blanchi, plus propre que propre nous a offert un grand moment d'émotions en chouinant face au grand pardon de l'escroc repentit. 

L'escroc mythomane, qui est déjà impliqué dans une affaire d’escroquerie, accusé de sextorsion, d’extorsion de fonds, de coups et blessures sur une jeune femme. Lui qui fut érigé comme un héros par l'Express, on y apprend qu'au final, il a juré un faux affidavit. 

Cette enquête a explosé à la figure de tout un chacun. Les rebondissements dignes d'un mauvais film entre malaise et consternation. Les règlements de comptes des "confrères" de la presse ont donné l'impression d'être sur un champ de bataille. A croire qu'on s'était trompé d'ennemis.

S'il est vrai que l'arrogance détestable et les mises en scènes médiatiques des "vedettes" de l'info sont décriées, il n'empêche qu'au-delà de ces enfantillages qui agitent l'opinion, il faut revenir sur les faits qui ont forcé Ravi Yerrigadoo, Attorney General nommé, sans mandat électif, à la démission. 

Le ministre de la Justice a signé une lettre de caution en faveur d’un homme en attente de procès pour escroquerie, le déclare exonéré par la FIU, délègue un de ses petits nominés politiques, lui aussi du clan du bookmaker préféré du MSM, aux Casernes centrales, pour s’assurer que le protégé Hussein Abdool Rahim obtienne bien son passeport. Le ministre a contribué à contourner toutes les procédures pour faciliter le départ de quelqu’un qui était formellement accusé d’escroquerie. C'est tout simplement ce qu'a révélé L’Express, avant la rétractation, sur les ondes d'un groupe concurrent de l'escroc repentit. 

Depuis on a eu droit à du spectacle. La triple descente de police aux petites heures au domicile des journalistes de l’Express. Ces derniers dans le rôle de fugitifs en herbe se sont rendus au Casernes centrales, après un suspense et une mise en scène à faire pâlir les studios de Spielberg, accompagnés de leurs avocats. S'en est suivie une page sur Facebook, des t-shirts, un appel à la mobilisation, le hashtag qui s'impose dans le style de la résistance à la Che Guevara, des mots de soutien des quidams de service qui eux aussi profitent de leur minute de gloire avec des phrases dégoulinantes de solidarité, le bal des hypocrites qui ont craché et pilé sur leurs confrères la veille et qui pour quelques likes s'efforcent laborieusement de se mettre au-dessus de la mêlée avec des bons sentiments qui suintent faux. Les statuts Facebook de nos journalistes devenus martyrs et héros populaires qui se la jouent Mandela dans une feinte humilité. 

Loin de cette cacophonie aussi grotesque que ridicule, La Mauricienne s'est installée confortablement dans son sofa pour boire "ène ti thé bien chaud" en écoutant le petit Pravin de retour au pays de Donald et Mélania. Il y était pour une conférence à l'ONU. Rien de mieux qu'un fou rire en l'écoutant parler des droits de de l'Homme alors que nous sommes dans un Etat policier.

[Suivez le blog de La Mauricienne]urlblank:http://www.zinfos974.com/lamauricienne/

 

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